8.5/10

Metal Gear Solid 4 : Guns of the patriots - Test

Excellent ultime volet dans la belle lignée d'une série adulée. Pas grand chose à redire si ce n'est : Attention ! Dédié aux fans. Merci pour eux. Les autres comprendront, mais pas tout.

Tout commence dans une guerre qui n'est pas la vôtre, une guerre tactique pleine de chair à canon à laquelle il faut bien vous mêler pour commencer votre mission. Précédé d'un nuage poussiéreux et ambiant, Old Snake apparaît courbé, déguisé en assassin templier. Les quelques premiers pas permettent de familiariser avec le gameplay quand on ne le connait guère ou bien de s'y remettre quand on a tout Vieux serpent !
Vieux serpent !
abandonné depuis le dernier opus. Quoi qu'il en soit, la manette n'ayant que très peu changée depuis la PS2, l'ergonomie globale permet un retour aux sources quasi instantané lors de ce mini didacticiel. Snake se reconnait aisément au stoïcisme de sa mâchoire et à la cigarette qui émane de sa robe de bure le protégeant du soleil. De plus, ses jambes laissent paraitre comme un extraordinaire costume à moins que ce ne soit des bottes en caoutchouc. Un détail toutefois nous taraude, pourquoi sa moustache est-elle grise ? C'est donc l'occasion des toutes premières cinématiques. Préparez-vous à une bonne demi-heure avant la première sauvegarde ce qui signifie qu'une ou deux bobines de film vont vous passer devant les yeux dans l'immédiat et que si vous aviez malheureusement un rendez-vous, vous êtes d'ores et déjà en retard. Si c'est un rendez-vous pénible, au moins vous pourrez considérer que c'est une bonne excuse. C'est sûr que c'est pas tous les jours qu'on donne à manger à sa console un nouveau Metal Gear solid, peut-être même le dernier de la saga.

On ne vous en dira pas trop sur l'histoire parce que ce serait probablement dommage. Vous n'êtes pas sans savoir que de nombreuses questions vous restent en tête des précédents volets. Certaines réponses seront distillées au goutte-à-goutte dans cette nouvelle traque de Liquid à travers le vaste monde. Celui-ci se déplace de microconflit en microconflit et vous force à chaque fois à vous infiltrer de plus en plus loin en territoire ennemi. Il y a du soleil mais ça ne ressemble pas du tout à des vacances en quelque sorte. Sur le chemin il faudra faire copain-copain avec un marchand d'armes qui vous traite de « col kaki » et qui se trimballe avec un singe qui boit du coca, vous familiariser avec les nouveaux gadgets d'Otacon, affronter des Gekkos et d'autres ennemis surprises qui sont les bienvenus et dont il serait dommage de vous gâcher la découverte : un certain nombre de rencontres et d'aventures en perspectives. Rien de décevant à ce Backstab
Backstab
niveau. L'ensemble de l'univers est bien retranscrit, étoffé à souhait et immersif comme on l'aime.

En plus d'être prenant, on ne peut que se délecter de la composante majeure des raisons de cette prise par les sentiments : l'élégance. Le design de l'univers, qui est soit dit en passant fidèle à lui-même, a subi le lifting nécessaire à cette reprise sur plateforme HD. Sur un bel écran HD ready ou Full HD il est très beau (sans pour autant être suffocant). Le réalisme omniprésent dans chaque mouvement de Snake ou dans l'environnement surdétaillé qui l'entoure empêche toutefois la partie visuelle d'avoir une dimension un trop lyrique. Cela se rapproche d'une réalisation similaire à Lost Odyssey sans le flou ambiant. Tout est net sauf le ciel qui subit le crépuscule intermittent des explosions et l'aube naissante des feux de fusées. Sur un écran cathodique -bien que ce soit un sacrilège cela passe très bien aussi, ne vous inquiétez pas. La sobriété qui habille le jeu est d'une efficacité assez poussée ; mis à part une perte d'affichage, vous ne perdrez pas de détails. On ne note pas de problème de scintillements ou autres reproches qu'on a pu faire à la PS3 sur ses autres titres. Ici, la console est maîtrisée ce qui ravira les fans de Sony dont c'est ici une des plus grosses exclusivités. La modélisation humaine n'est pas exceptionnelle, mais la gestion des impacts et des effets est sans défaut. On ira même jusqu'à regretter le manque de flou artistique bien qu'il soit compensé par la multitude de gadgets et éléments créatifs d'un univers bien complet. De toute façon on n'en a pas besoin : c'est le monde, le vrai, avec de vraies guerres, du sang et de la sueur.

Pour la partie Gameplay, pas de révolution ni d'évolution. C'est très bien mais peu innovant. Vous pouvez maintenant acheter des munitions en plein conflit par l'intermédiaire de coursiers ce qui n'est pas dénué d'incohérence mais pas plus que Irak, ira pas ?
Irak, ira pas ?
les moments « codecs » qui ont pu nous déconcentrer quelques années plus tôt en pleine fusillade. Les routes des ennemis et l'IA sont assez approximatives et possèdent une logique assez facile à comprendre. La plupart du temps, ils se déplacent en salves et en cordées ce qui les rend faciles à embusquer. Parfois, ils apparaissent plus ou moins de nulle part, mais comme le but est d'être bien caché ce ne devrait pas être un problème. Bien évidemment, il faut éviter la pose statique quitte à marcher très doucement à part si vous êtes en position de mort feintée. Attention toutefois, car celle-ci rend les déplacements bien plus difficiles à effectuer et chaque mission deviendra bien longue et pénible. Vous pourrez même essayer de foncer dans le tas et établir des percées avec des risques moindres et calculés qui rivalisent avec l'esprit d'infiltration et le bon sens. Choisissez votre mort ou votre façon de vivre.

Le point fort au-delà d'une belle prouesse technique est une fois de plus la présence des vidéos dont certains ne supportent pas trop les longueurs. Et ici, bien évidemment, il ne s'agit plus de cinématiques, mais presque de films entiers. Le jeu se targue même d'être le premier de la PS3 à utiliser une bonne partie des capacités du Blu-ray avec un remplissage à près de cinquante gigas soit la quasi-totalité du disque. Et des minutes de cinématiques il y en a effectivement beaucoup. Ceci étant, ces dernières ne sont pas là pour saupoudrer le gâteau de maigrichons zestes de noix de coco. Elles sont rarement inutiles à l'histoire et permettent de profiter encore plus du jeu, lui donnant un rythme plus soutenu par l'intrigue que l'action bien que celle-ci reprenne le relai instantanément. Vous participez aux cinématiques avec de petites actions qui peuvent développer des miniflashs ou de petites interactions. Il y a toujours quelque chose au bout de l'objectif et c'est souvent une bonne surprise pour les fans du genre.
C'est à toi de débarasser la table
Certes, il faut aimer contempler mais on s'y attendait. Il y a également des coupures pub plutôt savoureuses mais déconcertantes.

Rajoutez à cela un excellent décalage humoristique dans la progéria Foxdie avancée de Snake et de belles idées enrobées dans un jeu fluide et agréable et vous obtenez cet excellent vestige d'une série sur sa fin et pour laquelle les joueurs s'accordent majoritairement à dire qu'il en sont très heureux. Une belle fin pour une série adorée encore que... Le multijoueur ajoute les quelques gouttes finales a la potion presque parfaite qu'est le Metal Gear Solid édition 4. Presque pas inquiété par la concurrence, mais du coup un peu prétentieux, puisque destiné à une poignée d'élus, bien que la main qui les englobe soit bien grande.

Une réalisation bien maitrisée, mais décidément, à tous points de vue, ça sent le sapin quand ce n'est pas l'odeur de la rosée et de tout ce napalm qui s'y déverse.

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