7/10

Metro : Last Light sur Xbox 360

Faisant suite à Metro 2033 - adaptation vidéo-ludique du roman post-apocalysptique de Dmitri Gloukhovski -, le nouveau 4A Games remet en lumière son héros, Artyum, dans une aventure originale supervisée toutefois par l'auteur de la franchise. Ne prenant pas en compte la fin alternative du précédent opus, Last Light choisit le contexte de la solution nucléaire pour continuer le périple d'Artyum, plus proche que jamais des Sombres...

S'il fallait résumer en un mot Last Light, ça serait « ambiance ». Au même titre que Metro 2033, les développeurs ont misé à fond sur les environnements, les effets de lumière, le semblant de vie d'une population obligée d'exister sous-terre. Dans les moments paisibles au sein des repaires, la plupart des habitants ont une activité, interagissent entre eux, interpellent le héros. De nombreuses conversations environnementales animent chaque recoin de ces espaces tranquilles, de tailles modestes, mais légèrement ouverts à l'exploration. D'ailleurs, si votre Artyum prend le temps d'écouter tous les dialogues, le jeu enregistre en coulisse cette attention en vue de déboucher sur une fin spéciale. Autrement dit, et comme le faisait déjà Metro 2033, Last Light met en place un système de réputation invisible à l'œil nu et jouant un rôle important dans le dénouement de l'intrigue (autant que les quelques choix alternatifs proposés par le jeu : action non létale, par exemple). A bon entendeur, donc.


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Pour l'immersion, dommage qu'une fois encore les dialogues en version russe ne soient pas sous-titrés en français. On y perd en compréhension. D'autant que le travail sonore est riche en scripts. Tellement, qu'il n'est pas rare qu'un joueur se retrouve coincé entre deux sources de conversations, rendant l'écoute pénible (cacophonie). Au niveau de la variété des environnements, Last Light repousse un peu plus loin les opportunités. En sous-sol, pas un seul décor ne se ressemble. Chaque couloir, chaque section, chaque « ville » a sa particularité et son ambiance propre. Les excursions en extérieur ont également été revues à la hausse. L'ensemble est beau à regarder, même sur X360. C'est principalement au niveau des jeux de lumière que Last Light s'en sort le mieux et offre de jolis effets, même si des soucis de textures bas niveau persistent.

En terme de gameplay, les habitués de Metro 2033 ne seront pas paumés. Les joueurs qui aiment faire du rentre-dedans seront ravis. Les armes gagnent en feeling, avec de bonnes sensations de tir et des illustrations sonores impeccables suivant l'environnement. L'équipement se récupère dans le décor, sur des cadavres ou à l'achat dans les boutiques (monnaie sous forme de balles uniques, également utilisables en tant que munitions surpuissantes). La gestion de son matériel devrait être un élément impératif pour survivre dans ce monde post-apocalyptique (munitions et recharge de masque à gaz). Les développeurs n'ont pas été avares sur ce point. Les caches sont nombreuses. Tomber en rade de matériel est rare. Du coup, le côté survival perd de son importance. Fini le temps où un joueur en manque de munitions devait se résoudre à terminer l'aventure au couteau suisse... Couteau qui n'est à ce propos plus disponible en tant qu'arme blanche, mais seulement en tant que feature pour assommer / tuer en mode furtif.


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Last Light offre d'ailleurs une avenue à ceux qui choisiraient de la jouer en douce. La furtivité dans Last Light est plutôt complète. Le jeu intègre la gestion des ombres et des lumières. Les ampoules de dévissent. Les bougies se font souffler. Les néons peuvent être détruits par une balle de silencieux. Une loupiote à la montre d'Artyum lui permet se savoir s'il est visible ou pas de ses adversaires. Le transport de corps n'étant pas possible dans le jeu, il faut bien choisir l'endroit où la victime sera neutralisée. Le level design est bien pensé, avec pas mal de passages discrets (en hauteur, derrière des rangés de caisses, dans des conduits d'aération ou d'eaux usées), et des rondes de garde un peu systématiques. Cela dit, l'intelligence artificielle est tellement naze, qu'il n'est pas rare qu'un ennemi ne vous repère à 2 mètres. C'est probablement le plus gros point faible du jeu, en l'occurrence. Heureusement, le périple devient plus intense face aux créatures. Avec de belles poussées d'adrénaline en perspective, et une foule de course-poursuite (parfois barbante).

Au chapitre des nouveautés qu'on aurait préféré de pas voir dans cet opus : les développeurs ont malheureusement écouté le chant de vilaines sirènes. Astuce scénaristique oblige, le jeu ne résiste pas à nous imposer du wallhack (à la mode de n'importe quel jeu, tout style confondu) via un pouvoir permettant de voir les ennemis à travers les murs – en plus de les rendre sur-brillant. Dans un tout autre registre, bien plus honteux cette fois, l'éditeur a eu l'idée de proposer le mode de difficulté ultime (mode Ranger : jouer sans HUB, avec dégâts plus coriaces) en contenu additionnel pour la somme honteuse de 5€ à tous ceux qui n'auraient pas pré-commander Last Light. Une pratique commerciale à condamner, et dont nous ne pouvons faire l'impasse via notre appréciation.


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Au final, Metro : Last Light se présente comme un excellent jeu à ambiances. Les émotions se percutent sans relâche : peur, accalmie, fureur, stress, émerveillement, surprise... Cet épisode est sans doute plus marquant que le précédent opus. La linéarité du soft, à grands coups de scripts qui s'enchaînent, épouse parfaitement cette volonté des développeurs de nous raconter une histoire forte. Les nombreux rebondissements de la trame sont épaulés par une mise en scène parfois éblouissantes. Notamment lorsqu'il s'agit de faire resurgir les souvenirs du héros. Le jeu n'a bien entendu pas un potentiel de rejouabilité exemplaire (quoi qu'avec son système de réputation et ses deux fins possibles...). Sachant qu'un seul run peut accrocher sans soucis la dizaine d'heures, Metro : Last Light s'en sort largement avec les honneurs sur ce point.

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