7.5/10

Mirror's Edge - Test

DICE marque le coup et nous propose un mélange réussi entre FPS et plate-forme, le tout dans un carcan graphique des plus crédibles. Y jouer, c'est ton destin !

Mirror's Edge fait partie de ces jeux qui font du bruit plusieurs mois avant leur sortie. Déjà, parce qu'on nous fait des promesses que l'on a envie de croire sans pour autant oublier qu'elles ne seront pas tenues, mais aussi parce que les développeurs n'en finissent pas de nous bombarder de screenshots magnifiques tout en négligeant l'aspect matériel. La configuration demandée est donc plutôt gourmande, mais le résultat est là : l'univers, pourtant un brin austère, est magnifique, tant dans sa modélisation que dans ses choix artistiques (il n'y a même pas d'interface). L'esthétique est une des pièces maîtresses du jeu, gavé à ras bord de flou artistique et d'effets lumières renversants, une œuvre d'art en marge de ce qui se fait actuellement. Il faut dire que le concept même du jeu est une bouffée d'air frais dans le jeu vidéo PC. Un mix entre FPS et jeu de plate-forme ? Grosso modo, on tient la définition, mais le panorama que nous offre le jeu nous invite à penser que nous nous trouvons devant une nouvelle génération, peut-être encore un peu balbutiante, mais qui augure de très belles choses. Peut-on se dire autre chose en contemplant la vue du haut d'un gratte-ciel, juste avant de sauter plus ou moins dans le vide ?


Car dans Mirror's Edge, vous être un messager. Je vous passe les détails sur le scénario et le contexte, assez négligeable, pour en venir à l'essentiel : un messager est une sorte de Yamakazi des temps modernes, physiquement au top, étranger au vertige, et d'une précision diabolique. La plupart du temps, il vous faudra vous rendre d'un point à un autre en essayant de semer vos poursuivants, quelques flics mal embouchés. La prise en main est délicate, mais pas insurmontable, et il vous faudra jongler avec les possibilités de votre avatar (Faith) pour atteindre votre but. Courir sur les toits, marcher sur les murs, sauter de sommet en sommet, enfoncer des portes et des agents de la loi, tel sera votre quotidien, palpitant et exigeant. Le moindre faux pas, et ce sera la chute. Mirror's Edge ne pardonne guère les erreurs, et l'issue d'un saut se déterminera parfois sur quelques centimètres. Cela vous rappelle quelque chose ? Prince of Persia n'est effectivement pas loin, à ceci près que le jeu présent nous offre une première personne bien troussée.
Et le genre s'y prête merveilleusement bien, malgré quelques petites surprises assez déroutantes (la façon dont la caméra gère la roulade avant est réaliste mais difficile à appréhender les premières fois). Mirror's Edge n'en oublie pas moins d'être un FPS, en proposant de se battre contre vos adversaires, à mains nues ou avec des armes. Le combat au corps au corps n'est pas trop mal géré, bien que le désarmement soit d'une difficulté parfois assez rebutante. Vous emparer d'une arme sur un champ de bataille vous sortira souvent des embrouilles, mais ne s'insère pas réellement dans la logique de jeu. Car une fois l'arme entre vos mains, Faith n'est plus vraiment un messager, et ne pourra plus faire grand-chose d'autre qu'utiliser son arme. Dommage, surtout lorsque l'on se rappelle des quelques bases posées dans le temps par Oni.
Pour faciliter les choses, Faith pourra utiliser un ralenti, sympathique pour décompresser un peu entre quelques passages menés à cent à l'heure.


Mirror's Edge
est court, et on le comprend. Faire du nouveau tout en proposant une durée de vie convenable fait partie des missions impossibles du jeu vidéo. Surtout, le jeu vous indique quasiment à chaque instant la marche à suivre, via des repères visuels de couleur rouge. Ce chemin critique est une bénédiction lors des passages un peu chauds, mais s'avère extrêmement contraignant. La liberté promise ne sera pas encore pour aujourd'hui, il n'y a généralement qu'une façon de faire pour chaque obstacle, qu'un seul chemin pour arriver à bon port. Pire, dans les endroits confinés, il arrive même parfois qu'on ne sache plus quoi faire, qu'on ne sache pas où aller, la faute à une petite plate-forme que l'on n'avait pas repéré jusque là, ou qui apparaissait inatteignable même avec un appui sur le mur d'en face. Telle une Lara Croft, on essaye un peu tout, du coup, et l'on meurt bêtement. Le jeu propose heureusement des checkpoints assez fréquents, qui vous permettent de reprendre le jeu peu avant votre mort, celle-ci étant assez fréquente. L'échec pour apprendre ? Le concept pourra rebuter, mais l'expérience est suffisamment bien foutue pour avoir envie de surmonter cette difficulté.

Un coup réussi pour le studio DICE, qui nous propose un jeu d'une esthétique admirable et d'un concept saisissant, doublé d'un gameplay assez intuitif bien qu'  assez ardu. Les quelques heures qu'il vous faudra pour finir le jeu seront la source d'un plaisir assez intense, bien que les décors et challenges s'avèrent assez répétitifs et désamorcent un peu la réussite de Mirror's Edge. Quoiqu'il en soit, c'est avec ce genre de jeu que le monde du jeu vidéo évolue, et il serait dommage de passer à côté. 

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    24/02/2009 à 21h31

    Répondre

    Il y a une touche qui permet, lorsqu'on se sent perdu, d'indiquer la route (Faith se tourne du côté où aller), bien pratique pour éviter de recommencer la même zone à l'infini.


    De plus, les indices en rouges ne se colorent que lorsqu'on les approchent, pour certains. Il y a donc parfois plusieurs possibilités de passer un niveau, mais elles ne se colorent que lorsqu'on s'en approche.


    Enfin, le "sens urbain" peut être désactivé, il me semble.


    Mis à part ça, c'est réellement un jeu nouveau. Et on a de la peine à se remettre à un autre FPS après avoir tâté des possibilités de mouvement de Faith. J'espère que le moteur resservira.

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