7.5/10

Monobot - Test PC

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Un titre simple, un concept simple, un robot simple, mais au final un sacré bon petit jeu de réflexion/plates-formes qui prend à 100 %.

Sélectionné au Tokyo Game Show dans la catégorie "indépendant", Monobot démontre une fois de plus la grande qualité de ces productions dites indépendantes. Doit-on regretter que les petits bijoux de réflexion du monde vidéoludique soient la plupart du temps relégués à cette catégorie ? Par certains aspects, oui, par d'autres non, notamment parce que ces jeux jouissent du grand privilège des indépendants : la liberté dans la création, meilleur atout pour offrir une véritable oeuvre d'art.

Et on peut le dire, Monobot touche de près à l'art. Le petit robot que nous incarnons en pure 2D et qui échoue dans nos mains évolue ainsi dans un univers particulièrement expressif et immersif, celui d'un monde mécanique, industriel, post-apocalyptique, où pas une fois nous ne croiserons un humain. La désolation engendre chez nous une certaine mélancolie, bien accentuée par les sons et thèmes musicaux tout en grave et dominés par des percussions assez lugubres.


Un bras magnétique et un autre quantique.

Le concept colle à cet univers. Le petit robot doit échapper à sa destruction programmée par d'autres machines plus ou moins gigantesques. Nous le guidons ainsi à travers des salles, tunnels, tuyaux, trappes, montes-charges et autres débris de zones industrielles à l'abandon. C'est là que plate-forme et réflexion se mêlent adroitement - ces deux genres fonctionnent toujours bien ensemble d'ailleurs - mais une dose d'infiltration et d'action s'ajoute pour donner cette touche d'adrénaline toujours bienvenue. Si dans les mécanismes, il y des éléments classiques, Monobot a quand même sa petite originalité : deux bras aux pouvoirs des plus intéressants, l'un magnétique pour s'accrocher à des zones spécifiques, l'autre quantique qui permet un peu plus tard de se téléporter vers des objets spécifiques aussi. Les potentialités de ces deux outils ont été bien exploitées par les développeurs et mettent habilement à l'épreuve nos neurones de manière renouvelée. Si quelques passages sont un peu ardus et trop millimétrés en termes de combinaisons et de saut, la difficulté reste globalement très équilibrée et présente l'incontournable et nécessaire progressivité qui révèle les jeux bien construits.


Trouverez-vous tous les lieux cachés ?

Essayant de toucher un peu à tout, le studio a aussi eu la bonne idée de parsemer Monobot de 5-6 énigmes pures, bien relevées, pour notre plus grand plaisir. On a aussi droit sur tout un chapitre à piloter un camion tout terrain qui au-delà du simple palsir de la conduite révèlera de nouveaux aspect dans les mécaniques. L'action monte également d'un cran dans le dernier chapitre, pour apporter l'indispensable paroxysme au final de tout bon jeu. Le scénario n'est pas pour autant laissé de côté. Bien plus subtil et complexe qu'il n'y paraît au premier abord, il interpelle. La façon très originale dont il est mené, par le déclenchement aussi fugace qu'impromptue de quelques planches un peu mangas (où là seulement nous verrons des humains d'ailleurs) a de quoi suprendre. En revanche, les trop nombreux textes à lire dans un jeu qui ne s'y prête pas dans son concept - et pourtant il y a des tas de jeux où ça ne me dérange pas de lire - casse un peu l'atmosphère et lasse très vite. La trame fait certes un peu repompe d'un classique bien connu du cinéma de science-fiction, mais on apprécie largement quand même.


Quelques planches mangas mystérieuses.

Dernier attrait de Monobot, il recèle des zones cachées et il faudra prêter la plus grande attention pour les trouver car cela permet de déclencher un élément secret à la fin. Heureusement, les développeurs ont prévu un chapitrage. Je recommande néanmoins de faire le jeu en entier une seconde fois, car certains coins sont assez difficiles à trouver. Jamais je n'ai eu aussi peu de succès à la fin d'un jeu sur steam.

Cette rejouabilité donne un second souffle à Monobot mais ne compense pas sa faible durée de vie qui ne dépasse pas les 6-7H. Certains l'ont bouclé en 3H d'après les rares vidéos qui traînent sur internet, mais c'est sans compter le temps de réflexion et de recherche.

En bref, Monobot est une très belle création qui nous absorbe immédiatement et vers laquelle l'envie de continuer à jouer est constante et intense, du fait de son niveau de difficulté équilibré, son univers graphique et sonore immersif et ses mécaniques bien fouillées. Incontournable pour les amateurs de réflexion, il est cependant un peu cher au regard de sa durée de vie un peu courte. Tôt ou tard, faites-en cependant l'acquisition.


Quelques énigmes pures (attention, ce schéma n'est pas la solution, bien au contraire ;o).

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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