6/10

Ninja Blade - Test

FromSoftware propose un mélange entre Ninja Gaiden et Devil May Cry. Le ninja sait se battre même si on connaît plus sexy.

Le ninja nouvelle génération ne fait pas toujours dans le cuir intégral, façon Ninja Gaiden 2, mais il a tout de même bien du mal à rester discret, et s'éloigne peu à peu de la voie du ninja pour finir par devenir un berserk agile et réfléchi (Est-ce que je tape avec mon épée lourde, mon katana, mes doubles lames ou mes ninjustu ?!).
L'action l'éclate tellement qu'il n'y a plus que ça, les énigmes se limitant à découvrir comment venir à bout des différents boss rencontrés tout au long des neuf missions du jeu.

Côté background, on nous rejoue le coup des petis vers qui veulent conquérir le monde en s'emparant des corps humains, qu'ils rendent, au passage, bien plus coriaces, voire même dotés de pouvoirs supplémentaires. Enfin, quand vous lisez humains, c'est pour essayer de vous faire oublier qu'ils infiltrent aussi d'autres espèces, commes les araignées et les crabes. Si seulement la chair n'était par corrompue, on aurait de quoi se rassasier. Un gros escargot mutant cuit, ça vous tente ?

On commence à penser que tout n'est peut-être pas si agréable. En effet, Ninja Blade, c'est un peu crade, voire même beaucoup. Du zombie mutant à la pelle, du sang un peu partout, un graphisme assez dark, bien que bâclé.
On sent le côté desespoir de l'humanité (que l'on ne croisera à peu près jamais) et l'haleine fétide des mutants qui rôdent. Pensez à éloigner le petit dernier de l'écran, ce n'est pas très clean.

Si maintenant vous pensez que vous croiserez des milliers d'ennemis, détrompez-vous. On va massacrer et dépecer souvent, mais on va avant tout affronter de grosses bestioles. Les ennemis n'arrivent jamais par paquets de cinquante, on doit toujours donner plus d'un coup de lames pour se débarasser de chacun. En cela, on trouve une modération assez étonnante pour un tel type de jeu. Mieux vaut quelques gros ennemis bien résistants plutôt que des milliards de mouches à écraser. C'est assez bien pensé puisque le gameplay repose en grande partie sur des cinématique où le quick time event est roi. Un bouton Y s'affiche à l'écran, on presse Y rapidement, et notre vie est sauve ! La plupart du temps, le QTE sert de fatalité permettant de mettre un terme définitif à la vie d'une pauvre bestiole qui n'a rien demandée (les vers prennent possessions des corps, mais les personnalités des personnes hantées demeurent, blotties dans un coin. Le ninja ne connaît heureusement pas la pitié !). Gauche, droite, X, X, Y. Todome ! Le mutant meurt, on se réjouit.



L'opposition est farouche. Pendant les premières missions, où l'on apprivoise le jeu, on aura même tendance à trouver que la difficulté est notable. Il faut dire qu'il n'est pas facile de jongler entre les quatres types d'armes disponibles, d'autant plus que les ninjustu sont de plusieurs types : vent, feu, électricité (auxquels s'ajoutent un type secret, à débloquer) et qu'il faut aussi manier le grappin. Quand on meurt (et cela arrivera fatalement), on peut reprendre sa route au dernier point de sauvegarde, et quand on rate un QTE important, on peut généralement le réenchainer directement. Sauf dans certaines situations où en cas d'échec l'ennemi reprend des forces et il faut à nouveau l'affronter, jusqu'à réussir la combinaison consacrée. Les QTE bien placés tout au long des cinématiques permettent de vraiment donner de l'impulsion et d'éviter les temps morts, mais on regrettere que le système soit vraiment binaire. Soit c'est bon, soit c'est mauvais. Soit on tombe, soit on réussit. Quand on sait que les boutons X et Y servent tous deux à frapper au cours du jeu, on aurait aimé, par exemple, que l'appui de l'un pour l'autre permette de tout de même poursuivre la séquence. Cela aurait permis de rendre l'enchaînement des séquences moins artificiel, mais sans doute trop facile.


Le test a commencé par une alusion à Ninja Gaiden, et se poursuit donc maintenant par une comparaison avec Devil May Cry 4. Le gameplay est bien plus lourd dans ce beat them all à la sauce Ninja, mais l'esprit est un peu le même. Les gros monstres qu'on ne pourra vaincre qu'en comprenant leurs faiblesses, la moisson de points permettant d'améliorer ses armes, le scénario bateau au twist convenu qui permet de grands moments de bravoures, le même combat contre un géant monumental, etc. Seul l'humour manque cruellement à Ninja Blade. Bien qu'on puisse changer le costume de son ninja, et l'affubler d'habits ridicules aux couleurs criardes (spiderman like, par exemple), il ne fait pas bon rire dans ce monde de corruption.

L'action, il n'y a que ça de vrai dans ce jeu puisque tout le reste est de la repompe à droite et à gauche. L'action, encore, est au centre de toute la motivation du joueur. Affronter des ennemis plus gros, plus forts, voir des cinématiques plus impressionnantes, c'est bien ce qui nous meut. Et il faut avouer que de ce point de vue là, c'est une réussite totale. Pas de temps morts, pas de moments trop prises de tête cassant le rythme, pas le temps de souffler...


Si pendant les premières heures de jeu on se demande un peu où l'on est tombé tant les défauts sautent aux yeux ; par la suite on prend de plus en plus de plaisir à progresser et on oublie le reste. Dommage : après avoir vu toute une galerie de monstres différents, on a le droit à la mission replay qui laisser penser qu'on se moque un peu de nous, et la difficulté semble décroitre progressivement (excepté le fameux combat contre le titan) après la première moitié du jeu. A moins qu'on ne soit complètement rôdé au maniement du jeu ? 

Ninja Blade, pâle ersatz de Ninja Gaiden 2 et Devil May Cry, tire son épingle du jeu grâce à son action ininterrompue, mais ne propose ni graphisme attachant, ni personne empathique. Si vous avez sept heures à combler et un désir de violence affiché, vous avez trouvé votre exutoire. Sinon...

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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