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Nioh 2 - Critique PS4

Trois ans après un premier épisode réussi, la Team Ninja nous propose de retourner au Japon de l'ère Sengoku (XVè-XVIème siècle) pour affronter des créatures de la mythologie japonaise avec un petit twist qui fait toute la différence.

Sorti en 2017, Nioh avait su nous séduire avec son cadre du Japon à l'ère Sengoku encore trop peu présent dans les jeux vidéos et avec un gameplay technique et exigeant, nécessitant un investissement temporaire non négligeable pour enfin réussir à s'en sortir. Fort de ce succès critique et commercial, la Team Ninja nous offre donc logiquement sa suite trois ans plus tard.

 
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Le cadre reste inchangé par rapport au précédent épisode : vous revisiterez une période importante pour le Japon à travers un personnage totalement personnalisable, à la différence du premier épisode où l'on incarnait Samuel Addams, le premier samouraï blanc de l'histoire de ce pays. Votre périple vous fera croiser la route de figures historiques tel que le légendaire Nobunaga ou encore Hideyoshi mais nous n'en dirons pas plus, au risque de divulgâcher le scénario du jeu. Aux côtés de ces personnages, vous parcourrez des niveaux tortueux et peuplés d'ennemis humains mais aussi et surtout de yokaï : ces « monstres » du folklore traditionnel japonais. À la différence du premier, vous incarnerez un hybride mi-humain, mi-yokaï, ce qui représente la grosse nouveauté du jeu : une fois la jauge adéquate remplie, vous pourrez vous transformer en yokaï pour un court laps de temps et ainsi asséner des dégâts dévastateurs à vos adversaires. Une autre nouveauté du jeu réside dans l'esprit protecteur qui vous accompagne : après avoir vaincus certains ennemis, ils pourront lâcher un noyau d'âme qui, une fois équipé, vous permettra d'utiliser une capacité de cet ennemi vaincu. Vous avez vaincu un gros serpent et récupéré son noyau d'âme ? Vous pourrez alors l'invoquer pour qu'il se rue sur vos ennemis, vous permettant de respirer un court instant. Car oui, Nioh 2 est aussi dur et technique que l'était son prédécesseur !

 
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Nous sommes face à un die and retry, formule bien connue des amateurs des jeux à la Dark Souls ou Bloodborne : une grosse difficulté, des adversaires variés et parfois nombreux, le tout saupoudré d'un gameplay technique. Outre une dizaine de types d'armes différents (katana, double katana, kusarigama, lance, tonfas, …), le personnage dispose d'une jauge de Ki (énergie mystique équivalente à l'endurance) qui se consomme à chaque action et peut adopter trois postures différentes : la posture basse va consommer peu de Ki mais ne fera pas très mal, à la différence de la posture haute qui sera gourmande mais fera plus de dégâts, la posture moyenne portant bien son nom avec une consommation de ki et des dégâts … moyens. Une fois un coup ou enchaînement de coups portés, il vous faudra appuyer sur R1 pour effectuer une impulsion de Ki avec le bon timing : cela vous permettra de regagner du Ki plus rapidement et sera vite incontournable lors des combats de boss pour pouvoir continuer à frapper votre adversaire sans s'essouffler trop rapidement, ce qui peut rapidement s'avérer fatal. La mort n'est pas grave en soi mais tous vos points d'expérience, matérialisés par l'Amrita (ou pierre d'esprit), devront être récupérés sur votre cadavre mais attention à ne pas mourir avant ou ils seront perdus à tout jamais (et ça fait mal au cœur !). Vous pourrez gagner des points d'expérience pour les armes en les utilisant : plus vous utilisez les double katana, par exemple, plus vous aurez d'XP à dépenser pour débloquer des talents actifs ou passifs dans l'arbre de compétence dédié.

 
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Le jeu vous fera visiter des environnements variés allant du petit village modeste aux châteaux plus imposants en passant par des caves ou encore des forêts, chaque environnement proposant des adversaires spécifiques. En explorant bien les niveaux, vous pourrez débloquer des raccourcis vous évitant de vous retaper l'intégralité du niveau une fois mort (coucou Dark Souls). Les ennemis sont eux aussi très variés allant des humains (archers, soldats et parfois généraux) aux yokaïs plus ou moins connus tel que Gaki, Enki, Ippon-Dattara et j'en passe. Mais tous les yokaïs ne seront pas là pour vous pourrir la vie car vous pourrez trouver des chats qui, une fois caressés, vous suivront pour un temps et occuperont vos adversaires, vous laissant le temps de leur faire leur fête. Vous pourrez aussi utiliser des offrandes pour invoquer des visiteurs : soit des profils de joueurs contrôlés par l'IA via des tombes, soit un joueur humain qui viendra vous prêter main forte lorsque vous serez, à tout hasard, bloqués contre un boss particulièrement retors.

 
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Nioh 2 est donc un jeu vaste, complexe, avec une durée de vie pouvant s'avérer très longue si vous optez de faire toutes les quêtes secondaires ou même de recommencer une quête particulière pour débloquer des équipements particuliers. Mais tout n'est pas rose non plus dans le monde de Nioh 2, à commencer par les graphismes qui, sans être horribles, ne sont pas non plus de la dernière génération. Comme on le disait, le jeu est extrêmement technique et impose un « coût d'entrée » assez élevé pour en maîtriser toutes les subtilités entre les postures, le Ki, les patterns des ennemis, il ne sera pas rare de mourir bêtement face à un yokaï qu'on a déjà éclaté 20 fois si on part trop confiant. Côté scénario, il semble qu'il en existe un mais il n'est pas clairement présenté au joueur : des courtes cinématiques ouvrent et clôturent les missions en introduisant certains personnages mais sans réellement expliquer les évènements ou même les relations entre ces personnages. Si vous souhaitez connaître et surtout comprendre l'histoire, il faudra lire toutes les descriptions des personnages, des quêtes, etc …


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Il existe deux types de missions : les principales faisant avancer « l'histoire » mais nécessitant parfois un niveau élevé qui vous forcera à parcourir les missions secondaires pour progresser. Malheureusement, là où les quêtes principales introduisent de nouveaux environnements, les missions secondaires réutilisent ces mêmes niveaux en y mettant parfois des monstres dans les arbres (impossible à anticiper) ou une succession d'une dizaine de yokaïs qu'il faudra affronter à la suite avec un challenge plutôt corsé. Si on s'accroche, on s'en sort généralement avec de quoi passer quelques niveaux mais ça peut parfois s'avérer décourageant ou même franchement injuste quand on passe sous un arbre et qu'on se fait dévorer la tête par un yokaï invisible.

 
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Pour une suite, Nioh 2 introduit suffisamment de nouvelles mécaniques pour justifier son existence et donner envie de se replonger dans cet univers riche et complexe. On dénombre de très bonnes idées mais certaines autres sentent un peu plus la feignantise et frisent l'injustice. Il faudra donc avoir des nerfs d'acier, du temps à revendre et beaucoup de technique pour en venir à bout mais ce parcours du combattant sera très satisfaisant une fois que l'on aura bien maîtrisé toutes les technicités du titre.

 

 

A propos de l'auteur

Métalleux confirmé // PlayStation lover // Bouffeur de manga // Cinéphile mais pas zoophile // Codeur professionnel // Lecteur électronique et câlineur de chatons since 1987.

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