Notorious Big Presents Poisonville

C'est lors d'une de ces conférences parisiennes dont les éditeurs ont le secret que nous avons eu l'occasion de rencontrer une partie de l'équipe de Bigpoint. Et c'est ainsi que nous nous sommes rendus compte d'une sacré lacune dans nos pages. En effet il faut bien l'avouer nous n'avons que très rarement tendance à aller dans les domaines inexplorés du Free to Play. Et ce n'est pas sans raisons puisqu'il y a encore peu de temps ces jeux ne correspondaient pas à grand chose de plus que des petits programmes en flash certes amusants mais pas nécessairement primordiaux dans la vie d'une rubrique JV. Ces petits instants sympathiques se sont toutefois bien développés au cours des dernières années et proposent de plus en plus un contenu scénarisé, des graphismes travaillés ou encore et surtout de longues heures de  fun. Et si on y réfléchit bien l'évolution entre le début de cette période miracle et ce jour d'épiphanie  n'est pas forcement très éloignée de ce laps de temps qui sépara Pong des premiers « vrais » jeux vidéo quelques années plus tard... en exagérant bien sûr volontairement le trait d'union qui peut séparer ces deux représentants d'un même univers parallèle. C'est pourquoi nous avons décidé de nous y intéresser même si ici la révolution n'est pas encore flagrante et même si elle n'est pas encore de celles que l'on reconnaît aux couleurs d'une cocarde ou d'un drapeau rouge sang. Mais peut être s'agira-t-il d'un domaine dans lequel Bigpoint fera date puisque ces derniers nous annoncent pour cet été la sortie d'un certain Poisonville, à priori le développement le plus cher à ce jour concernant un jeu sur browser.

Comment expliquera-t-on cette dernière lubie de la firme allemande responsable à ce jour de titres tels que Seaflight ou War of Titans avant de vous en dire un peu plus sur le jeu qui possède lui aussi son lot de bonnes et de mauvaises surprises? Peut être en jetant un œil du côté du modèle économique de cette entreprise aux multiples facettes. Tout d'abord, c'est une compagnie assez jeune puisqu'elle ne fut fondée qu'en 2002. Et malgré cela elle se positionne aujourd'hui comme le troisième portail mondial sur le marché avec cent millions d'utilisateurs enregistrés dans leur base de données clients. Et quand on se penche un peu plus près sur la question on nous confirme qu'au milieu de cet énorme chiffre existent un million de français qui représentent le deuxième plus gros marché de Bigpoint. Mais surtout on ressent une certaine expertise de ce même marché, une sorte de confiance de l'équilibre qui positionne leur concept sur une ambiance quasi zen. C'est alors d'autant plus intéressant de savoir que sur cet énorme chiffre d'utilisateurs recensés seulement cinq pourcents se laissent aller à des transactions bancaires. Et c'est donc au milieu de ces chiffres qu'on découvre les différents points d'entrée de l'éditeur et de ses développeurs associés. Bien sur il reste toujours une part de marketing judicieux dans la présentation de ces chiffres par les principaux intéressés, mais on ne peut s'empêcher de penser que quelque part dans le centre nerveux du cerveau de cette entreprise, emmêlé de publicités gratuites que les développeurs font fièrement apparaitre sur les maillots de joueurs de foot ou encore sur les murs de leurs villes virtuelles, il existe un profond respect du player et un désir concret de laisser passer les besoins de ce dernier avant ceux d'un univers qui ne le comprend plus. Et ainsi l'équilibre se crée par lui même en laissant aux riches tout le loisir de s'acheter les upgrades nécessaires au fonctionnement social du jeu tout en continuant à proposer l'ensemble du jeu gratuitement à un large public et à cette population qui ne peut plus continuer à mettre 70 euros dans un jeu partiellement finalisé, auquel il faudra probablement rajouter quelques euros en DLC et autres joyeusetés. C'est à se demander si avec des développements plus poussés on ne pourrait pas en arriver à renverser l'imposante machinerie des consoles de salon (un vieux rêve de grand fou). Une fois de plus on comprend enfin que c'est une question de choix et de désir tout comme les éléments de la vie sont une suite de goûts et de couleurs divers. Et c'est pourquoi  ce business model nous semble important dans les temps à venir, puisqu'au final le joueur doit être choyé comme il le mérite et non pris au dépourvu par les choix effectués pour lui par défaut et qui correspondent au nombre croissant de beaucoup de sorties bâclées par l'industrie. Et à chaque sortie d'un nouveau titre des compagnies comme Bigpoint se retrouvent face à ce challenge constant de devoir faire leurs preuves envers leur client final, le joueur ! Et ce en tout en ayant à faire face à des conséquences probablement plus drastiques en cas d'échec.

Et c'est au final ce que nous démontrent nos interlocuteurs avec le lancement de  Poisonville: ou le désir de faire plaisir, d'aller plus loin et d'innover sur un terrain glissant après une période d'adaptation longuement réfléchie. Car Poisonville peut être vu à travers deux aspects, le jeu ou le concept. En temps que jeu il propose plus ou moins les techniqualités potentielles d'un GTA. Même si on ne peut pas dire que la version bêta du jeu ne nous ait fortement impressionnés, on reconnaît un certain travail sur l'environnement qui dédie clairement ses influences au genre dont il s'inspire. Encore  un jeu d'aventure à la troisième personne ou le but est de faire parti d'un gang et de gravir les échelons à travers de nombreuses missions au milieu d'un monde ouvert. Les développeurs proposent même d'en faire une alternative au mode mutijoueur de GTA IV qui n'avait pas réussi à convaincre le public. Et pour ce faire nos amis allemands nous proposent d'intégrer toutes les fonctionnalités possibles dans un jeu de shoot, dans un jeu d'aventure, dans un jeu de caisse mais aussi certains éléments de RPG lights, et une hiérarchisation propre à ce que l'on connait des MMO, à savoir des niveaux et des actions propres aux différents rangs disponibles. Ce système intégrerait également une idée de communauté assez forte
et bien sûr un large éventail de possibilités de choix pour ses équipes de gangsters. Certains modes de jeux sont déjà prévus comme la protection de QG type capture the flag  dans des usines désaffectées et sur plusieurs étages. D'autres petites douceurs s'annoncent également et risquent de faire saliver ceux qui ne seraient pas encore convaincus comme l'intégration d'un module pilotage d'hélicoptère et j'en passe. Le tout porte les coûts de développement à un somme particulièrement élevée puisque la facture serait initialement comprise entre 1 et  1,7  millions d'euros au moment du lancement. Cela n'inclut donc pas les coûts de développements fidèles au déroulement du type de jeu online, puisque par la suite tout un tas de modules vont se retrouver injectés au fur et à mesure de la vie de la communauté virtuelle. Et on doit bien avouer que sur le papier cela semble particulièrement alléchant et complet. Reste a voir si la première bêta officielle répondra à nos critères esthétiques aujourd'hui particulièrement évolués et en espérant que le design ne sera pas laissé au hasard des multiples bugs que pourraient proposer un titre sans chargement qui à déjà l'air assez lourd tel quel.

A priori Bigpoint nous communique sur ce point sa forte capacité technique dans le domaine et proposera peut être même un pack assez léger à télécharger pour une courte installation qui rendrait l'expérience immersive plus agréable pour le joueur. Cette config serait principalement dédiée aux configurations limitées. Bien sur cette possibilité reste optionnelle pour ne pas pourrir volontairement le concept initial de jeu par navigateur.

Mais la sortie de Poisonville est aussi une façon de se positionner sur la plus grosse niche possible d'un marché qui évolue à vitesse grand V en proposant potentiellement la première version d'un outil social massivement gratuit pour les gamers et au milieu duquel les quelques millions de no life habitués à l'addiction vidéoludique sur browser risquent de laisser beaucoup de leur temps. Les créateurs ont ainsi pensé à tout jusqu'à se faire de la pub en connectant son propre personnage à sa page facebook, comme pour la fameuse application Guerre des Gangs entre autre. On pourrait ainsi accéder à ses infos via son propre PDA et, inversement, utiliser un organisateur virtuel dans le jeu rendant ainsi l'immersion quasi totale. On recevrait ainsi dans la vraie vie des messages via tête de livre nous proposant des quêtes ainsi que des invitations d'amis dans divers défis et missions. Il y aurait également un système de mentor en relation avec le syndicat du crime local qui se développerait en filigrane derrière toutes ces interactions. De même le monde ouvert de cette ville empoisonnée serait un lieu de rencontres sociales amicales autant qu'il serait capable de se transformer en univers de violence censée ... ou pas.

Quoi qu'il en soit la communication de Bigpoint est particulièrement enthousiaste et enthousiasmante et nous avons décidés d'y croire en attendant de pouvoir mettre nos mains sur une version plus avancée. En quoi se démarquent ils de la concurence? Peut être tout bêtement parce qu'ils ont l'air de prendre des risques ou probablement parce qu'ils communiquent dessus. Peu importe au final car l'histoire répondra bien à cette question en temps et en heure. Au delà de ce projet dont l'avenir reste incertain, faute d'en avoir vu la couleur et la forme, notre impression est renforcée sur le fait que les architectes de Bigpoint possèdent une belle vision de la Big Picture, qu'ils semblent y  naviguer très aisément et que leurs idées sont particulièrement développées et intéressantes. Ce qui est certain c'est que nos nouveaux partenaires dans le vaste univers virtuel des jeux vidéo nous donnent une impression très claire de ce moment ou le rêve devient réalité. Que donneront leurs actions dans nos petites lucarnes éclairées ...

A suivre.

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