8.5/10

Obscuritas - Test PC

Obscuritas a été présenté ainsi à la presse : "Le système unique de reconnaissance de peur surveille en permanence les réactions du joueur dans différentes situations, afin de créer son profil de terreur personnalisé." Il y avait de quoi nous allécher alors c'est gaiement que je me suis lancée dans cette aventure...

Au départ, je me suis crue revenir une vingtaine d'années en arrière dans nos bons vieux point'n click que la quasi-totalité des éditeurs produisait, y compris Activision. Si si, je vous jure, ils ont édité l'excellente série des Zork dans les années 90. Bien sûr, les graphismes correspondaient à peu près à notre époque, mais pour le reste c'était du grand classique : vue à la première personne, dialogues quasi-inexistants, solitude, décors assez fixes, prise en main au poil par sa simplicité. Dès les premiers niveaux, j'ai largement savouré la qualité des énigmes et leur difficulté assez retorse. Leur variété était aussi des plus agréablement surprenante (énigmes de symboles, réfraction de lumière, mécanismes de dalles, codes, dessins à décrypter et j'en passe). Ah, vraiment, il faisait bon de retrouver un jeu aussi bien conçu, plutôt difficile mais pas infaisable quand même. Merci à ce sympathique studio allemand, VIS Games. Les moins aguerris n'ont pas pour autant été oubliés, car trois niveaux de difficultés, modulables à tout moment, ont été prévus. Les modes facile et normal semblent fonctionner par indice, mais ayant choisi le mode difficile pour  le chapitre 1, je ne saurais trop vous dire. 


Tout commence avec un gigantesque manoir dont on a hérité .

En fine observatrice, je me suis quand même aperçue très rapidement qu'il y avait des petits détails qui n'étaient pas comme d'habitude. Déjà, bizarrement, on a tout le temps avec soi une lampe, des piles et des allumettes pour allumer des bougies, quand il y en a. Régulièrement, on doit ainsi éclairer les pièces où l'on est. J'ai vite saisi qu'il fallait faire attention à ses réserves, car piles et allumettes sont en nombre limité. Cette dimension est tout à fait nouvelle dans un jeu de ce type. J'ai aussi compris que si on jouait dans une pièce sombre chez nous, on y voyait beaucoup mieux (et aussi en réglant la luminosité au maximum à la fois dans les options de jeu et sur l'écran lui-même). VIS Games aurait-il voulu ainsi nous obliger à jouer dans une pièce sombre afin d'augmenter l'oppression ? La suite nous le confirme. Obscuritas porte véritablement bien son nom, il joue sans cesse sur l'obscurité et nombreux sont les joueurs-euses qui, dans leurs vidéos et sur forums, conspuent de s'être retrouvé en rade de lumière. Cela explique d'ailleurs très probablement pourquoi les graphismes n'ont rien d'exceptionnel. Ils ont un côté un peu vieillots et défraîchis, mais à quoi bon nous en mettre plein la vue quand, justement, il s'agit de nous empêcher plus ou moins de voir ? Néanmoins, VIS Games n'a pas lésiné sur le moteur graphique. Il n'y a jamais rien à dire sur les quelques séquences animées qui sont très fluides (déclenchement de des pièges, orages, mouvements d'animaux, déplacement du personnage, irruption de spectres etc...). Les sons suivent tout autant la route, l'univers sonore est même prédominant vu qu'on n'y voit pas trop et il sert largement à compenser, en particulier dans le niveau "asile psychiatrique" (cf plus bas un commentaire spécifique pour ce niveau qui est le seul raté du jeu).


Au départ, un classique point'n click, enfin presque.

Second point assez déroutant, qui confirme la volonté d'accentuer par tous moyens l'oppression, dans un niveau (29 au total répartis sur trois chapitres), on ne peut pas sauvegarder ! C'est du jamais vu sur un jeu point'n click ou d'énigmes. Si ce n'est pas très gênant au départ, d'autant que les niveaux ne sont pas trop vastes, cela change carrément la donne par la suite. Car, plus tard, les zones sont bien plus grandes, il commence à y avoir des pièges, un vilain chien enragé, des armes mortelles mouvantes, bref toutes sortes d'éléments assez anxiogènes que l'on préférerait franchir au fur et à mesure et pas d'un seul bloc. Là, j'ai définitivement compris qu'Obscuritas poussait l'oppression au maximum, y compris dans les mécaniques de jeu, que cela nous plaise ou non. Ainsi, quand on se paie un interminable labyrinthe en plein air, une vilaine forêt toute sombre hantée par un chien enragé ou un dédale souterrain envahi par l'eau, on doit le finir et le vivre de bout en bout, avec tout le stress qui va avec, surtout le stress de mourir et de devoir tout recommencer...

Côté scénario, disons que c'est surtout le sens du mystère qui est mis en avant plus qu'une véritable histoire. Notre personnage, la jeune Sarah, hérite d'un manoir de son vieil oncle Arthur et va de découverte macabre en découverte toujours plus macabre. La progressivité des révélations est minutieusement menée. Les dévoilements se font lentement, très lentement, par petites touches, d'autant qu'on passe pas mal de temps sur chaque niveau. Et évidemment, l'aspect macabre prend progressivement toujours plus de place. Si dans les 7 premiers niveaux du chapitre 1, on ne meurt jamais, cela finit par arriver vers la fin, à partir du niveau "Crypte". On doit bien avouer être supris-e la première fois puis on finit par accepter le fait que ce soit coutumier de mourir, au point d'être sur ses gardes en permanence. Muter ainsi d'un monde point'n click à un univers exploration-survival est une expérience déroutante mais des plus plaisantes. En tout cas, il y a assez de suspense pour nous donner envie de découvrir les secrets du fameux oncle Arthur et aller au  bout du jeu, en dehors même du plaisir que l'on a à découvrir chaque nouveau niveau.


De superbes énigmes, variées et bien pensées.

Enfin, en ce qui concerne le système promis de reconnaissance de peur, il est difficile de se prononcer. Comment les développeurs ont-ils mis ça en place ? Quelles variantes d'un-e joueur-euse à l'autre peut-on constater ? Je ne peux le dire n'ayant pas pu comparer mon cas à celui des autres. Je peux simplement supposer que le jeu vérifie peut-être dans la première partie de l'aventure quand on allume les interrupteurs dans les pièces du manoir, si on s'arrête d'avancer quand un spectre surgit (sous-entendu on a sursauté), quand un ballon sanglant explose, un groupe de rat détale etc... Et il y a probablement des variantes par la suite sur ce type d'éléments. Arrivée au chapitre 3, je continuais toujours à sursauter comme une bouffonne pour des bricoles. Donc, on peut dire que le système fonctionne probablement, étant précisé que l'on n'est pas exactement dans un jeu de flippe ultime genre Silent Hill, même si certains mécanismes psychologiques, sonores et graphiques sont similaires (écoute des bruits, lampe de poche, distorsions visuelles, parcourir une longue forêt en temps réel par exemple). Au final, je trouve cet aspect "reconnaissance de peur" plutôt anecdotique et ce n'est pas du tout la partie extraordinaire du jeu, sauf à considérer que c'est par elle qu'on a abouti à ce mélange improbable mais si savoureux de genres.


Lentement mais sûrement le glauque, l'inquiétude et la mort prennent place.

Conclusion

Car la force d'Obscuritas, c'est de nous avoir offert une expérience vidéo-ludique partant du poin't click et d'énigmes d'excellente qualité, pour muter progressivement et avec grand art vers de l'exploration-horreur-survival, doté de niveaux toujours renouvelés et originaux et une bonne dose de mystère. Le jeu subtil et permanent sur l'obscurité et la course aux sources de lumière est en outre particulièrement soigné. La modulation du niveau de difficulté possible à tout moment, la possibilité de revenir en arrière, l'absence de sauvegardes au cours d'un niveau sont également des aspects techniques bien pensés. Obscuritas offre en prime une durée de vie très respectable avec ses 29 séquences, évoluant au total autour de 15H (voire 20H en prenant son temps), ce qui est des plus louables en ces temps étranges où on voit parfois des jeux à la durée de vie d'à peine 5H ! Pour un prix aussi modique, 20 €, Obscuritas s'avère incontournable. Ce jeu est tout simplement sensationnel !

Seul regret : le level de merde "asile psychiatrique" pour reprendre les mots de certains forums, d'où la solution détaillée ci-dessous.  

La solution du niveau "Asile Psychiatrique" d'Obscuritas

Même les plus doués peuvent se planter parfois. Et c'est complètement le cas avec ce niveau pourri du chapitre 2 qui a bien failli me faire abandonner le jeu, ce qui ne m'arrive pourtant presque jamais. Mais qu'est-ce qui leur est passé par la tête chez VIS Games ? Je ne comprends pas que ce foutu chien qu'on s'était payé déjà pendant deux niveaux se retrouve dans un 3ème. J'ai dû recommencer environ 10 fois avant d'y arriver et y ai passé plus d'une heure. Afin de vous éviter de peiner de la sorte comme un rat mort, voici comment s'y prendre.

Avant tout, mettez en mode facile. Je ne sais pas trop si ça aide, mais on va supposer que oui, je ne suis pas allée jusqu'à chronométrer les passages du chien en normal ou difficile. Mettez un casque, montez le volume et écoutez bien.

Au 1er étage (après avoir monté le 2ème escalier), le chien se balade dans les couloirs. Il fait toujours le même trajet. On peut savoir s'il est près de nous en écoutant son halètement. Par là où on arrive, le fond du couloir n'est pas loin, donc il faut attendre le 2ème halètement 10 secondes plus tard environ pour sortir sans danger et aller doucement vers la gauche. Je dis doucement car il faut éviter de dégommer les canettes par terre. Ne visitez pas toutes les pièces. Allez jusqu'à un ascenseur en faisant une halte par une des pièces avant, au cas où le chien serait déjà de retour. Appuyez sur le bouton de l'ascenseur, le jeu vous dit qu'il ne marche pas. Ouvrez l'armoire blanche à droite sur le mur, le jeu vous dit qu'il faut des fusibles. Rentrez dans la pièce la plus proche car le chien va bientôt revenir (d'une vous l'avez suivi, de deux, même sans le suivre, il revient environ une minute plus tard ; gardez un chronomètre près de vous pour ne pas vous faire avoir par le temps).

Le premier fusible est sur le banc en face de l'ascenseur ou à côté, bref pas loin. Mettez tout de suite le fusible dans l'armoire électrique, car on ne peut transporter qu'un fusible à la fois, ce qui accentue encore plus le côté très chiant de ce niveau. Il va falloir faire deux allers-retours à cause de ça. Allez vous réfugier dans une pièce le temps que le chien repasse. Ne revenez pas vers l'entrée. Continuez à suivre le couloir et arrivez jusqu'à une espèce de carré. Notez que comme vous vous êtes éloigné du fond du couloir près de l'entrée, les passages du chien ne sont plus à fréquence 10 secondes/une minute, mais plutôt 30 sec/30 sec environ. Avant de sortir, pensez toujours à attendre au moins 10 secondes après la fin du halètement.

Le chien fait son tour en passant par la gauche du carré. Deux couloirs "sortent" de ce carré, mais ne sont pas très profonds. Le chien emprûnte un de ces couloirs jusqu'au bout avant de revenir. Il n'emprûnte jamais l'autre, celui le plus à gauche. Commencez par aller dans celui-là, le fusible est dans la dernière pièce au fond. Cette partie est la plus dangereuse car on n'entend plus le chien vu qu'il n'emprunte pas ce couloir. Quand vous ressortez après avoir pris le fusible, il faut donc immédiatement aller dans la pièce adjacente, de laquelle on entendra le chien. Faites votre premier aller-retour à l'ascenseur en faisant suffisamment de haltes afin de ne pas vous faire choper par le chien. Aller ensuite à l'autre couloir (celui plus à droite quand on arrive du couloir de l'ascenseur). Le fusible est dans la 2ème ou 3ème pièce à droite. Le chien fait son demi-tour dans ce couloir donc il est plus facile de le repérer et vu qu'après, il va complètement de l'autre côté, ça laisse environ une minute de tranquillité. Retournez à l'ascenseur toujours en faisant des haltes.

L'ascenseur étant plus près de la porte par où on est entré, j'ai fait le choix de mettre le dernier fusible après que le chien retournait vers le carré. Attention, quand on appuie sur le bouton, dernier piège, l'ascenseur n'arrive pas tout de suite. Par sécurité, je suis allée me réfugier une dernière fois dans une pièce et ai attendu que le chien retourne au carré. L'ascenseur ne repart pas, donc soyez tranquilles. Prenez enfin ce foutu ascenseur et n'oubliez pas d'appuyer sur le bouton à l'intérieur pour qu'il parte enfin de cet enfer !

L'attente est extrêmement longue dans chaque pièce, soyez patients, toute imprudence causera votre mort et vous obligera à TOUT recommencer. Mettez en pause si ça vous soûle, en étant à l'abri dans une pièce bien sûr.

J'invite solennellement les développeurs à revoir ce niveau par une mise à jour. A mes yeux, et ceux de beaucoup d'autres, il est totalement raté. 


Le niveau raté, asile psychiatrique (pour info, l'entrée se situe dans une trappe au sol à l'arrière).

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • Anonyme

    02/05/2016 à 17h52

    Répondre

    Bonjour, pour le niveau asile psychiatrique, on voit aussi la forme du chien passer à travers les fenêtres des portes.

  • Islara

    11/05/2016 à 10h05

    Répondre

    Exact. Mais on ne voit pas toujours cette ombre. Donc prudence quand même. ^^'

  • Islara

    11/05/2016 à 14h51

    Répondre

    Information importante : une mise à jour a eu lieu le 26 avril. Entre autres, elle met désormais des chechpoints dans les niveaux. Le jeu recharge ainsi automatiquement au dernier checkpoint si on meurt. Cela ne fonctionne pas bien sûr, si on quitte le jeu et qu'on revient au menu.
    Bravo ! Cela aidera nettement pour le niveau asile psychiatrique... ^^

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein jeux vidéo c'est des tests de jeux vidéo et de l'actualité. Le dernier Mario sur Nintendo 3DS, le dernier Zelda sur Wii U, le dernier Assassin's Creed sur Xbox One, le dernier Infamous sur PS4, vous attirent ? Lisez ce qu'on en pense !

Rubriques