Un oeil sur Yesterday (Pendulo)

Après trois épisodes Runaway en dents de scie (A Road Adventure, The Dream of the Turtle et The Twist of Fate), et seulement un an après la distribution de The Next BIG Thing (2011), le studio de développement espagnol Pendulo s'apprête à présenter courant mars son prochain point'n click, pour l'instant one-shot intitulé Yesterday. Délaissant la comédie burlesque au profit du thriller, cette aventure assure de nous embarquer dans une enquête fantastico-horrifique à travers laquelle trois personnages aux personnalités distinctes seront tour à tour jouables. A l'occasion d'une preview communiquée par l'éditeur Focus, nous avons pu jeter un œil sur la première heure de ce soft en préparation. Commentons !

The End is Near, Have a Good Day !

De visu, la patte graphique made in Pendulo reste toujours autant identifiable : décors 2D peints à la main, détails nombreux et (auto)référentiels, jeux de lumière, cadrages et palettes de couleur intéressants, modèles 3D en cel-shading et character design sous le signe de la caricature. L'ensemble est joli, cohérent. Bon point une fois encore pour les environnements, plus graphiques que jamais, avec ses lignes claires et son style illustrator. Niveau toile de fond scénaristique, Yesterday opère réellement une changement de cap certain vis-à-vis de ces précédentes productions. Prolongeant de manière brute l'allure de « film noir » amorcée dans Twist of Fate, le titre s'entoure d'une aura glauque et ne lésine pas sur la violence et quelques gouttes de sang pour définir les contours de sa carapace. Il faut reconnaître que le cadre de notre preview prenait place dans un métro sombre et désaffecté. Quoi de mieux pour communiquer un sentiment oppressant ? Une galerie de personnages louches et désaxés, peut-être ? Ici présente, elle est bien fournie, soyez-en certain ! Une BO envoûtante de la partie, également ? Cela tombe à point nommé puisque Yesterday se dote d'une musique d'accompagnement assez excellente – à défaut d'avoir dû tester une version non encore vocalisée. Nous n'en dirons pas autant des cut-scene façon cases de BD animées qui font sourciller, même si dynamiques. Dans ce sens, les dialogues entre protagonistes se font également via des vignettes, et pas sous le meilleur angle (côte à côte, de face à face, avec un léger effet fisheye des plus gênants). C'est kitch, pour ne pas dire dérangeant. On aurait préféré une mise en scène plus moderne et agréable à zyeuter...


Concernant le plaisir de jeu, rien à redire. Le gameplay de Yesterday est d'une fluidité exemplaire. Il n'embraye vers aucune innovation tarabiscotée et va jusqu'à simplifier au maximum les actions à entreprendre pour progresser. Outre les options d'aide devenues aujourd'hui communes (afficher les pixels magiques ; indiquer la prochaine démarche à suivre), la combinaison de plusieurs objets est automatique dès que vous avez tous les items dans votre inventaire et que vous n'en associez que deux. Droit au but. En passant, les collectionneurs d'artefacts seront aux anges : des babioles à la pelle vous attendent dans chaque tableau visité. Heureusement, l'utilisation des objets est logique, parfois drôle. Les zones interactives, une fois découvertes et cliquées, se dévoilent sous forme de pop-up zoomant sur les détails, avec diverses boutons d'action (regarder ; actionner...). Difficile de faire plus clair et simple. En plus, le procédé reste dans une logique artistique - celle de la BD animée. Les dialogues, quant à eux, sont à choix multiples. Ils auraient pu laisser imaginer de possibles embranchements. En fait, ils ne sont que des voies menant à Rome. Autrement dit, vous aurez droit à toutes les erreurs jusqu'à ce que vous tombiez sur la bonne réplique. La seule énigme proposée – une partie rapide d'échec – devient ainsi un véritable jeu d'enfant pour qui n'a jamais compris les règles. Niveau immersion, on a déjà vu mieux. Le fait est d'ailleurs étonnant. Yesterday semble avoir le potentiel d'offrir de l'alternative à ses joueurs. A la manière d'un Day of The Tentacle, trois personnages (Henry, Cooper et John) seront jouables chapitre après chapitre, avec en fin de parcours, la possibilité de choisir l'un des trois The End disponibles. Pour cette preview, nous avons constaté que les deux héros jouables étaient profilés de différentes façons : Henry le gringalet mais doté d'un QI d'envergure ; Cooper le mastodonte fracassé du ciboulot mais à la force tranquille. Ces particularités étaient prises en compte par le jeu. Les tableaux sont construits de sorte à ce que chacun d'eux puisse les traverser à sa manière. Le recyclage d'objets à usage multiples semble donc être l'un des points intéressants de Yesterday.

Une heure d'aperçu, c'est peu pour tirer une conclusion et voir au-delà de son nez (aussi long soit-il). Restons donc sur notre petite réserve ! Globalement, Yesterday va sans doute ravir les joueurs qui aiment se laisser porter et se refusent aux plaisir du remue-méninge. L'ambiance plus glauque que d'ordinaire jouera sans doute un rôle dans le succès de ce nouveau titre. Quant aux promesses... Patience est de mise. The Next BIG Thing avait nécessité deux ans de développement et ne délivrait au final qu'une espérance de vie faiblarde - trop courte pour contenter les habitués du genre. Yesterday, produit encore plus vite par Pendulo, en aura-t-il suffisamment sous le capot pour nous tenir en haleine plus de 5 ou 6 malheureuses heures de jeu ? Dans quelques semaines, nous serons fixés...

 

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