7.5/10

Okami Den - Test

Okami se fend d'une jolie suite destinée exclusivement à la portable de Nintendo. Les ambitions sont moindres, mais la qualité est toujours présente.


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Il existe des jeux considérés d'exception qui se font discrets, oui oui, ça existe. Okami fait partie de ceux là, il se manifeste en 2006 sur Playstation 2 et en 2008 sur Wii, ravit la presse et séduit les joueurs, mais ne parvient pas pour autant à obtenir une notoriété comparable à des titres comme Call of Duty ou Pokémon. Pour comparer, un Okami version Wii s'écoule à 410.000 exemplaires, alors que le moins vendu des Zelda totalise presque deux millions. La confrontation s'avère pertinente puisque le jeu, en dehors d'un parti pris graphique assez original, utilise grosso modo les mêmes codes qu'une aventure classique de Link.
Est-ce pour cette raison que Capcom ne mise pas sur Okami Den ? Par souci d'économie et de temps, la firme ne traduira pas le jeu mais le sortira tout de même en Europe. L'intégralité des textes sera donc énoncée dans la langue de Shakespeare, ce qui impose d'avoir un niveau d'anglais solide pour profiter du scénario et des nombreuses traces d'humour présentes dans les dialogues. Il y a fort à parier qu'il y aura un impact sur les ventes (il totalise à ce jour presque 200.000 ventes dans le monde, ce qui est déjà plus élevé que la version PS2).


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Okami Den
, comme son aîné, c'est avant tout un univers graphique parfaitement identifiable. Le jeu utilise le procédé de Cel Shading dans le but de reproduire les spécificités visuelles d'une gravure japonaise. L'ensemble des personnages et des monstres rencontrés sont donc détaillés de traits droits, parfois très épais, de manière à conférer une véritable identité au monde d'Okami Den. Il faut être honnête, le premier contact peut être rebutant, on se demande un peu si Capcom n'a pas bâclé tout le travail graphique dans un pseudo souci de démarcation. Mais avec le temps, on apprend à apprécier cet univers, à le comprendre, et l'on s'émerveille vite des nombreuses ambitions visuelles du jeu. Il ne s'agit pas seulement d'une charte graphique, le rendu fait partie d'un tout qui donne à Okami Den un petit quelque chose de poétique, comme si l'on admirait une série de gravures japonaises qui nous racontaient une histoire.

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Transposition sur DS oblige (non ?), Okami se prend un méchant coup kawaii dans la tronche. Il ne sera plus question ici de la grande déesse louve Amaterasu mais de son rejeton Chibiterasu (forcément). Comme tout animal réduit à la taille enfant, le personnage a un petit côté mignon plutôt craquant qui sera régulièrement mis en valeur au gré des rencontres. Il est d'ailleurs amusant de constater que certains protagonistes n'hésitent pas à lui donner de petits surnoms parfaitement invivables pour favoriser leurs relations. On évolue donc dans un environnement plutôt léger, un peu enfantin sans être puéril, avec beaucoup de petites mimiques mangas destinées à mettre en valeur les réactions des personnages. Chibiterasu croisera également la route des rejetons des autres dieux du précédent volet, qui lui refileront les pouvoirs de la grande déesse du soleil. On perd dans tout ça le côté mature de la première aventure, au profit d'une quête plus axée grand public.
La musique va dans le même sens, et se révèle être d'une qualité très similaire à celle d'Okami. Ce sont évidemment des sonorités très asiatiques, assez zen par moment, mais elles habitent le jeu d'une manière très convenable. Tous les personnages vont, de leur côté, s'exprimer dans un yaourt très proche de celui des pilotes de la série Starfox, un peu comme si vous lisiez cette critique en ne prononçant que les voyelles et avec la bouche pleine de fromage blanc. Cela contribue, au choix, à donner plus de charme à l'univers sonore ou au contraire à indisposer les joueurs qui aiment bien les belles voix digitalisées.


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Okami Den
tient donc de Zelda, d'une certaine manière. Il faudra parcourir le monde en remplissant certaines quêtes amenées selon une trame assez dirigiste, se taper des donjons, récupérer des pouvoirs spéciaux et augmenter au fil du temps sa jauge de vie et de magie. Je parle de « magie », mais le concept amené par la série Okami est pourtant très différent de ce que l'on a l'habitude de voir, et se révèle parfaitement adapté à la prise main de la DS. D'une pression sur un bouton latéral, on fige le jeu et l'on acquiert la possibilité de dessiner sur l'écran principal ; et à travers des formes particulières, il sera possible d'utiliser les pouvoirs magiques de son personnage : trancher des rochers avec un trait, fleurir un arbre avec un tronc, dessiner un soleil dans les cieux, … On restera cohérent avec l'idée de peinture évoquée au début de la critique puisque l'on parlera ici de pinceau magique et d'encre. Vu que le procédé est très largement utilisé, il faudra garder le stylet à portée de main, ce qui ne sera pas facile (dans la bouche ? dans la main ?) surtout pour les utilisateurs de DS tank et 3DS (stylet à l'arrière). Ceux qui n'ont pas peur de salir l'écran tactile pourront y tracer de leurs gros doigts.
La plupart du temps Chibiterasu ne sera pas seul, il sera accompagné d'un enfant monté sur son dos qui l'aidera pendant les combats et l'exploration des donjons. Le premier, Kuni, possède une grande force et une grande épée de bois qui pourra couper en deux certains rochers, avec l'aide du louveteau. Mais surtout, grâce au pinceau, Kuni pourra évoluer à pied et passer dans des endroits que Chibiterasu ne peut franchir, afin de l'aider à progresser.
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Selon le « cavalier », les possibilités seront différentes : traverser des cours d'eau, des gouffres, etc. Cette dynamique se révèle assez agréable à utiliser et promet quelques petits casse-têtes loin d'être insurmontables.
Si les boss réclameront un peu de tactique, il est difficile de trouver un intérêt aux combats « classiques ». Je ne parle pas des petits machins agressifs rencontrés pendant l'exploration, mais des combats en arènes fermées qui se déclenchent au contact du « mal ». Mitrailler le bouton d'attaque suffira la plupart du temps à se défaire des groupes d'ennemis rencontrés, on pourra éventuellement utiliser la peinture pour donner un peu plus d'efficacité aux assauts.
L'aventure se révèle assez longue et parfaitement dans les standards des RPG de la Nintendo DS, c'est à dire une quinzaine d'heures sans rechercher tous les petits secrets. C'est très largement inférieur à Okami, mais les restrictions techniques de la DS imposent un monde plus restreint et plus fermé, donc beaucoup moins fourni en contenu.

En tant qu' Action RPG, Okami Den se défend très honorablement : charte graphique peu commune, bonne durée de vie, univers très mignon, et de l'humour à revendre. Le rejeton souffre un peu de la comparaison avec son parent, beaucoup plus ouvert et plus mature, mais demeure une bonne expérience de jeu malgré un système de combat un peu décevant.

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