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Test de la Terre du Milieu : L'Ombre du Mordor

Le Seigneur des anneaux est toujours à la mode. Preuve en est la sortie de la Terre du Milieu : l'Ombre du Mordor, une déclinaison de l'univers de J.R.R. Tolkien en Assassin's Creed like. Oui, vous avez bien lu.

L'Ombre du Mordor, testé sur Playstation 4, nous place aux commandes de Talion, un rôdeur du Rohan désireux de venger le massacre de sa famille par une bande d'orques peu agréables. C'est dire comme l'homme porte bien son nom.

Petit détail original : lui même est un mort-vivant, ou plutôt un esprit tangible, une ombre physique, qui ne peut jamais réellement mourir, et cherche à s'échapper de sa condition en punissant ses bourreaux. Aidé d'un elfe spectral, il parcourt les terres du Mordor pour semer la peur et la destruction... en effectuant des missions, en lootant des items et en gagnant de l'XP, bien sûr !

Le jeu fonctionne en monde ouvert, avec une maniabilité comparable à Assassin's Creed et des combats assez proche de ce que l'on peut voir chez Batman. On y fait ce que l'on souhaite, ce qui se résume généralement à combattre frontalement des hordes d'orques, plus ou moins forts, ou à s'infiltrer dans les lignes orques pour... les éliminer, discrètement.

Mais on peut aussi suivre les missions principales, pour progresser dans le jeu, ou bien les missions secondaires, pour progresser en XP et devenir plus puissant. Les missions sont assez peu variées et consistent généralement à remplir de petits défis (tuer x ennemis sans se faire repérer, tuer x ennemis avec un arc, etc.), à récupérer des items (souvent inutiles mais modélisés et accompagnés de petites histoires), ou bien à combattre plus farouchement les rangs de Sauron.

C'est tout l'enjeu et l'originalité de l'Ombre du Mordor : les orques, générés de façon aléatoire le plus souvent, ont des grades différents dans leur armée. Talion, le rôdeur, commencera par tuer du menu fretin pour se rendre compte ensuite qu'il doit viser plus haut, les capitaines. Selon les réussites ou les échecs des affrontements de Talion contre les orques, les grades des belligérants évoluent. Faites-vous tuer plusieurs fois par le même orque lors d'un escarmouche et la prochaine fois il sera encore plus fort. Au contraire, si vous l'éliminez, il sera certainement remplacé par un autre servant du mal.


Dague vs orques. Bear Grylls n'a qu'à bien se tenir.

Sur le papier l'idée est très séduisante. On peut réfléchir pour savoir quelle sera la meilleure cible. On peut planifier des assassinats ciblés. Dans les faits, on se heurtera souvent à un problème de taille : la difficulté varie largement et soudainement. Parfois on tuera de l'orque au kilomètre sans une égratignure. Mais parfois il n'y aura rien à faire, on commencera à tabasser un chef orque, ses lieutenants s'amèneront, puis les orques passant dans le coin,... puis ceux étant manifestement bien trop loin pour décider d'intervenir... le feront quand même. Un deuxième capitaine fera son entrée, voire un troisième. Pour peu que la proportion d'orques équipés d'arbalètes soit un peu haute et qu'on soit complètement encerclé par des dizaines de combattants... le respaw est assuré.

C'est donc très frustrant de jouer à l'ombre du Mordor. On ne sait jamais trop sur quel pied danser, s'il faudra refaire quinze fois les mêmes combats. Et même s'il s'agit de combats différents, en réalité il s'agira des mêmes : les ennemis sont globalement tous très similaires, même graphiquement parlant. Très vite, on se surprend à penser que c'est une idée étrange que d'avoir imaginer qu'usine, travail à la chaîne et Seigneur des anneaux sont des concepts compatibles. On le sait, le jeu vidéo est répétitif, et dans une certaine mesure c'est bien pour progresser, s'améliorer et finalement bien jouer, mais là, c'est trop. Bien trop.


La répétition de la violence : banalisation du meurtre.

L'ombre du Mordor est graphiquement agréable, techniquement abouti, ne souffre pas de bugs majeurs. MAIS. Mais on le range rapidement, après avoir passé quelques heures à se demander si le gameplay va évoluer légèrement. Si on va faire autre chose que de revivre sans cesse le même combat.

Si la condition de spectre immortel de Talion fait de lui le candidat idéal à un mythe de Sisyphe guerrier, une guerre éternelle, peu sauront (ahaha) apprécier la répétition à laquelle il s'expose. Les persévérant, ceux qui sont heureux de refaire sans cesse, sans s'ennuyer, en souriant, peuvent y aller les yeux fermés. Les autres... passeront leur tour, malgré les indéniables qualités du jeu et le soin apporté par ses développeurs. C'est ce qu'on appelle exploser en plein vol.


Des effets spéciaux surprenants. Le trampoline a été effacé numériquement.

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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