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Operation Flashpoint - Dragon Rising - Test

Codemasters prend la relève de Bohemia Interactive, sept ans après Operation Flashpoint, avec un défi de taille : adapter le FPS tactique PC et en faire un FPS tactique multi plates-formes. Pas si simple.

Comme tout bon FPS lambda qui se respecte, Dragon Rising prend place en plein milieu d'une guerre, qui pour une fois ne sera ni seconde ni mondiale. L'idée de la série Operation Flashpoint est de plonger le joueur dans un conflit plus ou moins actuel, à mi-chemin entre réalité et fiction. Ainsi, si le premier opus opposait vos bons vieux marines à l'ex-URSS, nous nous retrouvons aujourd'hui face à des chinois séparatistes particulièrement belliqueux, sur une île au centre de toutes les convoitises - fictives aussi, mais qui pourrait tout à fait trouver quelques similitudes avec quelques pays bien réels.
Je vous ai dégrossi le contexte, mais il faut savoir qu'il ne sera pas particulièrement plus développé que ça. Une vidéo d'intro vous le présente avec une chronologie précise, puis le reste vous sera dispensé entre deux missions par des écrans de texte particulièrement rébarbatif. Bref, le scénario n'est pas ce qui va nous scotcher, pas plus que le nombre de missions qui se limitent à onze sorties sur terrain (reconnaissance, soutien, explosion d'objectifs, etc.). Mais y a-t-il quelque chose qui puisse vraiment nous scotcher ?


Peut-être le souci de réalisme développé par les concepteurs. Nous ne sommes pas aux manette d'une machine de guerre mais d'un troufion de base, avec tout ce que cela implique. Dans Dragon Rising, vous ne battez pas la campagne en sautant partout et en allumant la moindre petite vache remuante de votre gatling surchauffante, non. Il faudra la jouer plus précis, plus stratégique, plus pervers. Les affrontements se développent souvent à plus de cent mètres de distance, quand il y a véritablement affrontement. Parfois, une balle venue de nulle part viendra vous trouer la peau sans crier gare, mettant fin à une grande partie de cache-cache dans les fourrés. Quand on s'aperçoit que le personnage est fragile, au point de ne pas résister à deux ou trois bastos, on flippe. C'est le but. Et du coup, le jeu en devient un peu plus intense, un peu plus prenant, un peu plus tactique. C'est également le but, et ce qui donne envie de jouer à Operation Flashpoint. Il faut certes aimer la marche à pied, mais l'approche est un peu plus consistante que dans un FPA classique.


Le jeu n'est donc pas à la portée de n'importe qui, surtout si vous voulez pousser le réalisme à fond. Le mode « normal » sera pas mal dirigiste, avec des checkpoints, des sauvegardes automatiques, etc. Le mode au-dessus sera nettement plus hardcore et donc exigeant, une aubaine pour ceux qui veulent vraiment jouer à la guerre. On ne peut pas non plus parler de réalisme exacerbé, quand on observe le comportement de l'adversaire, mais on s'en approche. A ceci près que l'on vous a flanqué quelques paires de bras cassés dans votre équipe qui affichent cumulés un quotient intellectuel inférieur à celui d'un poulpe. Je suis méchant avec ces tas de polygones, mais il faut le voir pour le croire. Ils ne comprennent rien, ne se planquent pas, et meurent pour un oui ou pour un non. Frustrant. Mieux vaut la jouer solo, parfois, surtout que l'adversaire n'est pas particulièrement plus intelligent, mais compense par son nombre. Ou alors, trouver des potes sur internet pour faire du multi, ce qui sera nettement plus gratifiant.


Ce qu'il faut savoir, c'est que le jeu sort également sur consoles NextGen, ce qui explique une interface hybride tendant davantage vers la console que vers le PC. Ainsi, les menus ont été pensés pour une utilisation à la manette qui se révèlera lourde et énervante sur PC, tout comme l'affectation des touches qui ne semblent pas bien optimisée. Un tour par les options permettra de changer tout ça.
L'autre point technique à considérer est que le jeu à beau être très récent, il n'est pourtant pas de première fraîcheur graphique. Globalement, c'est assez moche, avec une profondeur de champ assez restreinte et un aspect verdâtre / maronnâtre des plus repoussants. J'exagère dans mes termes, mais il est vrai que cette espèce de teinte censée renforcer le côté dramatique de la guerre (un peu comme les images pourries que l'on peut voir parfois à la télévision) n'est pas particulièrement des plus agréables à l'œil. Enfin, bon, si c'était que ça... Mais non. Les textures ne sont pas non des plus réussis, et gâchent un peu une modélisation très honorable.
Côté sonore, hé bien hormis les bruitages vous n'aurez pas grand chose d'autre pendant les missions. Le menu d'intro vous régale néanmoins d'une mélodie bien patriotique comme il faut, agréable quand on aime bien ... les mélodies patriotiques.

Codemasters fournit un FPS tactique honorable, mais qui aurait pu être davantage avec un peu plus de considération. Comme par exemple, donner un peu plus d'épaisseur à l'histoire, ou s'attarder davantage sur l'intelligence artificielle au ras des pâquerettes. Mais sinon, pour peu d'apprécier la stratégie et l'approche intelligente, Dragon Rising devrait permettre de passer une dizaine d'heures tout à fait sympathique.

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