8/10

Outrun 2 - Test

Il fait beau aujourd'hui. De toute façon, le Soleil domine toujours sur Palm Beach. Clarissa me fait un sourire alors qu'un reflet fait éclater la blondeur de ses cheveux. Je lui répond par un regard et lui fait mine d'accrocher sa ceinture. Une musique jazzy sort de l'autoradio alors que j'écrase la pédale d'accélérateur de la Dino GTS. Ma rutilante Ferrari prend rapidement de la vitesse laissant derrière moi un monde étouffant. Je slalome entre les voitures et dérape comme un fou pour impressionner ma passagère qui a l'air de bien s'amuser. La suite des évènements promet d'être sympathique...

C'est à peu près l'ambiance Outrun, telle qu'elle a été conçue il y a 18 ans. L'Am2 l'a reprise à merveille pour cette version 2004 (adaptée sur Xbox par Sumo Digital) qui est bien plus qu'une simple suite. Autant le dire d'avance : je n'avais pas pris un tel pied sur un jeu de caisse arcade depuis Burnout 2. Les américains diraient « instant classic », je parlerai plutôt de « instant fun ». Dès les premiers tours de roue, la maniabilité 100% arcade du titre se fait sentir aussi bien que sa facilité d'accès : on dérape très facilement, les touchettes ou les gros chocs ne signifient pas le game over et toutes les voitures se conduisent avec une aisance sans nom. Passé cette impression, on se rend vite compte que le jeu est beaucoup plus subtil et encore plus jouissif. En dosant efficacement le freinage et l'accélérateur, on arrive à ne perdre presque aucune vitesse dans les virages et à doubler les voitures en plein dérapage, on choisit une voiture plutôt qu'une autre selon si l'on veut privilégier la vitesse sur l'adhérence... Sega ayant acquis la licence Ferrari, vous allez pouvoir piloter 12 bolides de la marque italienne : Testarossa, Enzo Ferrari, F50, 360 Spider, GTO... Ces créatures de rêve sont magnifiquement modélisées jusqu'au plus petit détail et c'est un vrai plaisir d'évoluer avec, surtout dans ces décors. L'impression de vitesse est vraiment bien rendue surtout en vue capot quand le compteur frôle les 300 !

Dans Outrun 2, on ne roule pas sur un circuit mais sur une route ouverte avec la circulation. Dans le mode arcade, le but est d'aller le plus loin possible, c'est-à-dire au bout de la course en un temps limite en démarrant toujours à Palm Beach. A chaque checkpoint, vous gagnez du temps et avez la possibilité de choisir d'aller à droite ou à gauche. Comme il y a 4 checkpoint, le peu propose donc 15 portions de course différentes pour 5 d'arrivée. Vous allez voir du pays avec des forêts, des zones industrielles, des ponts suspendus, des tunnels, des montagnes... Les décors sont vraiment de toute beauté et surtout la distance de vue est vraiment hallucinante. On peut juste regretter qu'un peu d'aliasing vienne gâcher la fête. Outre le mode Outrun, vous avez le mode Heart Attack qui reprend le même principe sauf qu'il faut faire le maximum de folies pour plaire à la passagère et gagner plein de coeurs. Les vieux solitaires se rabattront sur le mode Time Attack qui permet de faire péter son propre chrono.

Si cela ne vous suffit pas, Sega a prévu un mode Challenge dans lequel il faut réussir 101 missions afin de débloquer plein de trucs : des circuit inédits, des nouvelles musiques, des images, des voitures, des goodies Ferrari... On murmure même qu'on peut débloquer le premier Outrun en version originale. Bref, il y en a pour de très longues heures en perspective d'autant plus que les missions sont assez coriaces. Si les objectifs sont assez classiques (arriver premier, renverser des cônes, rouler sur une seule partie de la route...), ils deviennent rapidement de plus en plus dur et seuls les pilotes chevronnés en viendront à bout ! En tout cas, cela constitue un excellent entraînement pour le mode Outrun qui reste la base du jeu. Il y aussi un mode Live auquel je n'ai pas touché et qui permet de s'affronter jusqu'à 8 sans trop de lag, me dit-on dans l'oreillette et de mettre ses meilleurs scores dans un classement mondial.

Je ne vois rien de bien important à dire niveau sonore sinon que les bruits de moteur sont excellents mais que la fille qui parle dans les menus est très énervante avec son accent anglais pourri. Les musiques n'ont pas vraiment changé. En plus des trois musiques du premier Outrun et de leur remix, on trouve quelques nouvelles musiques qui restent dans le style mais qui ne cassent pas des briques. C'est dommage et on aurait aimé avoir la possibilité de mettre ses propres musiques vu qu'on est sur Xbox. Sega a préféré conserver la touche années 80 jusqu'au bout des s... des polygones et ce n'est pas plus mal. Le jeu conserve ainsi une ambiance unique, assez kitsh, particulièrement macho, stéréotypée à mort mais sacrément classe. Souvent, quand on adhère à cette ambiance, on adhère aussi au gameplay et à l'impression bizarre de jouer à un jeu tout cool alors qu'en fait on fonce comme un taré pour ne pas se faire avoir par le chrono. Je vais terminer cette critique par parler des deux défauts majeurs : le prix et le multi. Je me demande par quel mystère un jeu vendu 30 dollars aux USA arrive à 60 euros chez nous... Quand au multiplayer, en plus du Live on peut jouer à 8 en LAN (avec 8 Xbox et 8 télés) mais il n'y a aucun mode split screen pour jouer à 4 sur une seule télé comme l'annonce la jaquette... Allez pour cette fois on passe l'éponge tellement le reste est bon. Je vous laisse, Clarissa m'attend dans le jaccuzi.

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