6/10

Parrain 2 (Le) - Test

Un produit graphiquement défectueux pour une histoire bien prenante et une guerre des gangs essoufflante d'efficacité. Un titre qui s'en sort du  coup moyennement bien mais qui vous gardera éveillé de longues heures.

S'il y a une saga cinématographique dont l'adaptation videoludique est sous-exploitée c'est bien celle du Parrain. Et pourtant tous les éléments s'y entremêlent, à commencer par la violence et le code d'honneur mais aussi la prise de pouvoir et les intrigues politiques, qui correspondent à merveille au monde de la petite lucarne télévisuelle. Or donc, si le succès retentissant de la trilogie de Francis Ford Coppola fait partie des moments les plus respectés et adulés du cinéma, nous n'avions eu chez nous autres joueurs que de pâles copies de cet univers noir et profond dans lequel évolua la famille Corleone au cours de sa longue histoire sanguinaire. Malheureusement, le premier opus de la série n'était pas à la hauteur de nos attentes alors qu'un Mafia nous prenait déjà plus par les sentiments chez un studio concurrent. Qu'en est-il de ce deuxième épisode ?

Dominique (vous, et customisable qui plus est) prend en charge l'ancien domaine des Corleone à New York alors que Cuba vient de tomber sous
 les mains des rebelles de Fidel Castro mettant ainsi fin au rêve de Hyman Roth d'y réunir tous les mafieux du continent américain pour échapper aux autorités de leur gouvernement. Vous êtes donc au début du deuxième film alors que les intrigues politiques remplacent la guerre des gangs. Toutefois vous n'êtes pas au Lac Taho mais dans la belle New York où tout s'échauffe assez rapidement. 

La première chose frappante lorsque l'on commence à jouer au Parrain 2 est la pauvreté graphique. En effet, outre le fait que les personnages semblent tout droit sortis des Sims 2 (à peine exagéré) autant dans leur façon de se déplacer que dans leur modélisation, les environnements ne sont pas formidables non plus et laissent plus une impression de
remplissage de textures à la palette graphique qu'un bon souvenir. Rappelons-nous quand même que des jeux à univers ouvert sur next gen existent déjà et que certains sont plutôt très bien réalisés dans ce genre. Pour ne citer que l'exemple de GTA IV, ici c'est tout le contraire. Les rues sont des morceaux morts de béton et de briques parsemées de quelques échafaudages et poubelles sans la moindre goutte artistique. Certes le ton rétro y est, mais l'ensemble n'est tout simplement pas à la hauteur de la date de sortie du soft. On se retrouve 3 ans en arrière à peu de choses près. Malheureusement 3 ans plus tôt correspond à la sortie du Parrain ce qui n'est pas forcement un bon comparatif à prendre en compte. Pire encore, l'animation est raide comme un bâton en granite. Les textures de l'arrière-plan n'apparaissent que dans un léger flou peu artistique qui cache très mal le bâclage du soft. Vous découvrirez  aussi avec bonheur les poubelles renversées qui disparaissent dès qu'elles touchent le sol, les ralentissements et surtout le clipping lorsque vous faites la moindre pointe de vitesse à 60 km/h. Vous en viendrez même à laisser tomber la voiture histoire de moins pleurer des yeux.

Malgré ce constat visuel fort dérangeant, le reste du titre tient particulièrement bien la route à l'opposé de la simulation de conduite minable qu'il propose en guise de bonus infâme. Le gameplay d'extorsion et les différents rackets sont particulièrement jouissifs, les opérations à couvert avec le fil à trancher le beurre
sont très sympa à mener, les assassinats au fusil à lunette sont tout simplement admirablement faits pour jouer avec ses victimes même si le personnage en joue est un Sims qui se déplace de manière pénible sous la mitraille. L'histoire est plutôt bien menée et comporte tous les éléments du film réarrangés de manière à inclure votre personnage principal. Bien sûr tous les flashbacks ne concernent pas cet univers semi-parallèle donc ne vous attendez pas à voir débarquer De Niro. Mais l'intrigue entre les Pantagellis, Roth et les autres familles (Mangano, Rosato...) est bien au centre des préoccupations territoriales qui vous animent pendant que la liberté de Mickael est dangereusement compromise par sa parution devant la commission du sénateur Guerry. C'est donc une belle guerre que vous pratiquez entre les trois territoires qui se débloquent au fur et à mesure de l'aventure : New York, Miami et Cuba.

Et cette guerre des gangs est aussi une guerre d'influence. En plus du contrôle des territoires, il vous faudra vous faire des amis un peu partout, dans les commissariats et les cercles politiques. Certaines intrigues se développent ainsi
avec une certaine liberté qu'on trouve alors très agréable. Le tout se gère avec "l'œil du don", l'outil principal de toutes vos actions. Ce dernier vous dira quand vous êtes attaqués, comment vous pouvez vous défendre, et la force en présence. Il intègre aussi les arbres des familles en présence et les contrats qui pèsent sur les têtes de vos concitoyens. Et surtout il vous permet de naviguer entre les trois territoires ce qui évite de faire des allers retours en avion pour tout surveiller. Ainsi vous dispatchez vos hommes en fonction des besoins et laissez votre Consigliere Tom Hagen (Don de New York dans le film) vous donner ses pronostics sur vos chances de réussite. Cette partie-là est assez addictive. On s'y plait bien car la navigation est claire et les options multiples donnent du champ à une histoire qui serait fort réduite si elle ne comprenait que le monde du dehors et ses faiblesses. Au bout du compte vous finirez par passer beaucoup plus de temps à regarder qu'à agir. Il reste relativement jouissif d'aller exécuter les capos des autres familles et de récupérer les indices parmi la population sur la façon de leur faire mordre la poussière pour que l'assassinat reste dans les mémoires (seule manière de s'en débarrasser définitivement). Une fois les arbres ratiboisés, vous pourrez aller mettre la baraque du don à feu et à sang sans oublier de voler les coffres qui s'y trouvent pour ne pas repartir uniquement avec le gout du sang en bouche. Le multijoueur quant à lui est gentillet mais ne semble pas amener grand chose à l'aventure. 

 

Pour résumer, On est très déçus du Parrain 2 pour ses multiples fautes de goût. Cela commence par une modélisation du personnage assez inintéressante qui nous met les pieds dans un monde peu aguichant visuellement. Le gameplay n'est
réussi qu'à moitié rendant l'utilisation des voitures improbable (gênant pour éviter les fusillades et courses poursuites). La partie gestion du jeu nous plonge quand à elle dans un univers très prenant qui contrebalance les choses citées précédemment. Malheureusement quand on voit les images de Mafia 2 sortir du carton de 2K on salive beaucoup plus et on se demande si il ne faudrait pas patienter un peu pour se la jouer gangster. Sans l'apparence et la classe on a pas trop l'impression de poser en tant que Don et on est très loin d'égaler les prestations d'Al Pacino ou Marlon Brando.C'est dommage !

Il y a des limites au rétro. Ces limites sont celles du bon sens. Il est dommage qu'on nous livre un produit d'une telle imperfection graphique surtout quand on connait les capacités d'EA dans le domaine. Pour la partie course et environnement on aurait préféré voir du Burnout Paradise par exemple.

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