7/10

Phantasy Star 0 - Test

Un RPG coopératif pas trop mal fichu, souffrant de quelques défauts de gameplay plutôt gênants, mais nous gagnant à sa cause par la richesse de son contenu et des idées somme toute bien trouvées.

On a beau l'oublier parfois, Phantasy Star est un des pionniers du jeu vidéo, au même titre qu'un Final Fantasy ou un Dragon Quest. La franchise, débutée en 1987 sur Master System, compte maintenant un peu moins d'une trentaine de jeux installés sur quasiment tous les supports du marché actuel - une démocratisation des plates-formes ayant évidemment commencé après que Sega décide d'abandonner le hardware au profit du software. La série se paye même le luxe de proposer trois « sous-séries », selon que le gameplay soit RPG (Phantasy Star), MMORPG (Phantasy Star Online), ou les deux (Phantasy Star Universe).
Et pour compliquer un peu plus le contexte, Sega développe parfois des hors-séries, jusqu'à maintenant destinés aux consoles portables. Phantasy Star 0 est de ceux-là.


Première étape à aborder : le module de création de personnage. Celui-ci vous offre la possibilité de choisir entre trois races (Humains, Casts, ou Numans), puis parmi un éventail de classes définissant votre apparence générale et certaines de vos caractéristiques. Un petit menu vous offre alors de personnaliser votre avatar, en changeant la coupe et la couleur de ses cheveux, les vêtements, le visage, la voix, etc. Tout cela dans des proportions très limitées, puisqu'à chaque attribut seules quatre ou cinq options maximum seront proposées, limitation de la DS oblige (probablement). Un petit patronyme, et vous êtes prêts à entrer dans le monde Phantasy Star 0 !
Je ne vais pas m'étaler sur le scénario, à découvrir en même temps que l'univers futuriste de la saga, mais il est facile de le résumer sobrement : vous êtes un Hunter, et votre boulot consiste à castagner du vilain monstre. Le nombre de dialogues et la qualité de l'histoire n'invitent pas vraiment à en savoir plus, mais l'essentiel est là. Vous débarquez donc tranquillement dans la ville de Dairon, votre « Quartier général » en somme, et utiliserez le téléporteur local pour vous rendre là où ça fritte. L'anglais imposé par le titre ne vous facilitera certainement pas la tâche, mais il est important de comprendre ce que la ville offre (un coup d'œil au manuel sera éventuellement le bienvenu), car les premières missions n'auront rien d'une promenade de santé. Bref, discuter un peu dans les rues sera de rigueur, ce qui vous permettra de remarquer un fait pas très anodin : le jeu vous offre souvent la possibilité de « réagir » à ce que l'on vous dit, en d'autres termes, adopter une réaction qui modifiera sensiblement la tournure de la conversation. Pas très utile, mais sympathique dans l'idée.
Le jeu adopte une vue à la troisième personne type Zelda et compagnie, à ceci près que l'on vous flanque d'une caméra parmi les plus débiles qui soient : celle-ci ne suit pas l'arrière de votre tête, elle conserve son angle de vue malgré vos déplacements. Ce qui fait que vous serez obligés de la replacer tout le temps, tout le temps, tout le temps. En ville, on s'en cogne un peu, mais sur le champ de bataille, c'est parfois très énervant, surtout lorsque l'on perd de vue l'ennemi. Il arrive parfois de taper ou tirer à l'aveuglette, pris dans le feu de l'action, sans avoir la moindre idée de ce qu'il se passe hors champ. Un peu frustrant.


Bref, téléportation, vous voilà sur le champ de bataille. Celui-ci se compose de tableaux, qu'il vous faudra la plupart du temps nettoyer de toute présence hostile. Une petite carte vous indique la topographie du tableau et ses occupants, mais pas de la zone dans sa globalité. Même si les chemins déjà empruntés sont repérés par des flèches de couleur, il est donc fréquent de se perdre et d'avancer un peu au hasard en se disant que si l'on rencontre des monstres, c'est qu'il s'agit d'un tableau non visité.
Combattre est enfantin : un bouton pour l'attaque faible, un bouton pour l'attaque forte (forcément plus longue à sortir), et un bouton pour la roulade d'esquive. Ceci est valable à condition de conserver la configuration d'origine, Phantasy Star 0 vous autorisant à attribuer les actions de votre choix aux boutons, dans une limite de six emplacements (Y, B, A, et les mêmes couplés avec R). Un choix plutôt décisif pour les personnages utilisant les « techniques » (= magies), tandis que les autres pourront tout à fait choisir une combinaison bâtarde des plus classiques, genre taper / soins.
Les boss portent bien leurs noms. Rien que le premier pourra vous décourager, si vous avez  l'habitude du « rentre dedans sans préparation ». Il vous faudra de la rigueur, de l'analyse, et une bonne dose de patience - et pourquoi pas être bon perdant, même si le jeu ne vous inflige pas de Game Over (juste un retour à la ville avec le minimum de points de vie). Les séances d'entraînement de personnage seront de rigueur.


L'argument de vente ultime du jeu : son mode en ligne coopératif. Que ce soit en réseau local ou en WiFi, vous pourrez arpenter les vertes contrées de Phantasy Star 0 avec des potes, en dégommant joyeusement du vilain. Ce mode, pas trop mal géré, souffre néanmoins d'un défaut qui va se répercuter, au moins pour l'un d'eux, sur le solo : les menus et la communication en ligne. En effet, ces deux fonctionnalités du jeu ne mettent absolument pas le jeu en pause, ce qui les rendent très délicats à utiliser en combat. Il est néanmoins possible d'enregistrer certains messages pour les rebalancer plus rapidement. A noter, cette remarque est valable pour le jeu en coopératif avec des connaissances munies de codes ami, le jeu avec équipe aléatoire étant plus restreint en termes de communication. En tout cas, belle exploitation de la console. Phantasy Star 0 fait dans la 3D de bonne facture pour une portable mésestimée pour ses performances techniques, et ne semble pas trop souffrir de la prolifération de polygones lors des gros affrontements. Les échanges de dialogues se font via des portraits inanimés, type manga, et l'action est assez souvent émaillée de petits dessins animés tout à fait regardables. Le jeu affiche du contenu, il suffit de voir combien d'armes seront mises à votre disposition pour s'en convaincre. On parle en centaines, réparties en seize catégories différentes. Le nombre de missions est également assez important, la plupart n'ayant pas de lien avec la trame principale, mais celles-ci se révèleront plutôt répétitives et parfois très longues, surtout en multi.

Malgré pas mal de petites erreurs de gameplay et un scénario un peu fade, Phantasy Star 0 parvient tout de même à se doter d'un capital sympathie tout à fait respectable, principalement grâce à sa réalisation sérieuse, et son agréable mode multijoueur. Le jeu est néanmoins destiné aux initiés de ce genre de RPG, où le leveling et la customisation sont indispensables pour avancer.

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