9/10

Phoenix Wright Ace Attorney : Justice For All - Test

Plus qu'une suite, plus qu'un jeu, et toujours plus de suspense, d'humour et d'énigmes. Presque parfait !

Justice for All, voilà un titre dont on ne comprend toute la mesure qu'après avoir terminé l'intégralité des 4 procès qui nous sont proposés dans ce 2ème volet des aventures de Phœnix Wright.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Phoenix Wright, dans la lignée des jeux les plus originaux jamais édités sur DS, propose d'incarner un avocat qui, sur fond de parodie de procédure accusatoire très anglo-saxonne, alterne enquête sur les lieux du crime et contre-interrogatoire en audience publique.

Le moins que l'on puisse dire est que ce 2ème volet nous comble autant si ce n'est plus que son prédécesseur.

Le retour de vieilles chouettes
Le retour de vieilles chouettes
Justice for All s'avère dans un premier temps convaincant par sa petite nouveauté, les fameux verrous-psyché. Ces verrouillages de la pensée de certains témoins ne se produisent qu'au cours des phases d'enquête (et non de procès) et, pour les déverrouiller, il faut, comme en phase de procès, présenter des preuves au témoin pour le forcer à « cracher le morceau ». Les phases d'enquête en deviennent alors bien plus intéressantes et leur caractère fastidieux, qui constituait la talon d'Achille du 1er opus, disparaît complètement. De plus, afin d'agrémenter un peu plus le jeu, les profils peuvent dorénavant aussi être présentés. A la bonne heure. Les bons ingrédients n'ont en outre pas pour autant disparus : excellent dosage de la difficulté qui obligera les moins patients à consulter les solutions, humour farfelu et loufoquerie côtoyant de bien près tragédie et obscurité de l'âme humaine, avec en prime, le retour décapant de quelques vieilles connaissances. On louera sur ce point l'effort de traduction qui a été fourni afin, non seulement de traduire, mais aussi d'adapter les nombreux jeux de mots et blagues intraduisibles qui parsèment le jeu du début jusqu‘à la fin.

Quant à notre nouvel ennemi, j'ai nommé Franziska von Karma, fille du vilain Manfred, son maniement très susceptible du fouet et son humeur exécrable feront rire ou lasseront, selon le goût de chacun, mais le fait est que l'évolution de son personnage recèlera quelques surprises bien déroutantes.

Il ne manque rien dans ce 2ème opus, à part peut-être un 5ème procès, et il n'y a rien de trop, sauf peut-être la barre de vie, relativement sans intérêt compte-tenu de la possibilité de sauvegarder à tout moment. Une barre de vie n'a de plus pas vraiment sa place dans un jeu d'enquête, mais cela reste un détail.

Un fouet trop suscpetible ?
Un fouet trop susceptible ?
Dans un second temps, Justice for All nous convainc définitivement par l'immense qualité de son intrigue. Commençant de façon classique avec un épisode un peu tutorial relativement court, il progresse lentement mais sûrement en intensité pour arriver à une magistrale finale de suspense dans la dernière affaire. Dans ce dernier épisode, tous les sentiers battus de Phœnix Wright volent en éclat et le joueur s'en trouve bien dérouté. Avec un changement de Procureur au cours d'un même procès, ce qui ne s'était pas encore vu, la tentative d'assassinat de celui-ci, l'intervention d'un tueur en série, un enlèvement, et le doute sur l'innocence du client, oui, tous les schémas des précédents procès disparaissent pour un 4ème procès fulgurant. Littéralement captivé par l'intrigue et le déroulement des évènements, le joueur en oublie presque de sauvegarder et s'exclame de surprise ou de désespoir en quasi-permanence. Justice for All se paye même le luxe, alors qu'il n'est à la base qu'une parodie sur les procès, de proposer une légère réflexion sur le sens du métier d'avocat, sans toutefois donner de réponse, laissant sagement au joueur le soin de donner la sienne. Mais pas d'inquiétude, quelle que soit la réponse, il n'y a pas de fin alternative : tous les chemins mènent à Rome.

Quant aux graphismes, ils restent bien-sûr un peu statiques et n'arrivent pas à la cheville d'un jeu comme Hotel Dusk, mais il ne faut pas oublier que l'on a affaire à une transposition d'un jeu GBA sur DS. Le relative simplicité et leur fixité n'enlèvent absolument rien à l'intensité, d'autant que quelques nouvelles expressions de visage ont été ajoutées aux personnages et que le tout est assez bien rehaussé par les musiques d'accompagnement, pour certaines nouvelles.

Les puristes toussoteront aux erreurs d'orthographe parfois très grossières soudainement apparues dans ce 2ème volet. C'est un peu surprenant venant d'un jeu Capcom. Mais comment taper sur les doigts de Phoenix alors qu'il nous a fait tant vibrer ?

Finalement, une seule inquiétude trouble l'esprit : comment Trials and Tribulations pourra-t-il faire mieux sans tomber dans la piège d'être une simple suite ?

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