7.5/10

Pix the Cat - Test PC

Il y a quelques semaines, nous découvrions le portage sur PC de Pix the Cat. Le jeu est-il à la hauteur de son édition sur PS4 et Vita ?

Vous savez déjà qu'il y a quatre modes, des plus variés, y compris réflexion pure, ce qui est assez étonnant pour un jeu d'arcade et donc une belle surprise. Néanmoins, ne vous leurrez pas, quand on commence, on passe d'abord par la case arcade et on doit en bouffer un bon moment avant d'avoir accès aux autres modes. Dans ce premier mode nerveux, stressant, nécessitant des réflexes de pongiste ou de jedi, il y a quatre niveaux. Le premier est l'entrée, le deuxième plat principal, le troisième dessert, comme à table, le dernier c'est secret. Amusant clin d'oeil même si le jeu n'a strictement rien à voir avec l'art culinaire. On démarre forcément par l'entrée qui est plutôt facile. Enfin, vous verrez que rien n'est facile dans Pix the Cat. Il est facile par rapport au reste, moins truffé de pièges et de contours compliqués, mais quand on n'a jamais joué, il faut bien s'accrocher dès le départ. Je vous rappelle que le principe du jeu consiste à ramasser des œufs dans des couloirs, ceux-ci se transforment en canard et nous suivent, puis il faut les déposer dans des nids. Il est indispensable de ramasser tous les œufs avant de les déposer dans le nid sous peine de perdre des points et de la vitesse. Une fois tous les œufs récoltés et déposés, un sorte de tourbillon donne accès au tableau suivant, sachant qu'on peut revenir à tout moment dans le précédent (c'est d'ailleurs parfois indispensable et très bien conçu de ce point de vue). Un chronomètre met fin à la partie.


D'autant plus dure à manier en arcade que certaines zones sont petites.

Le mode Arcade n'est que l'amuse-gueule...

Ce que l'on regrette tout de suite, c'est que le jeu est hyper sensible sur le timing des directions. Tournez un chouilla trop tôt ou trop tard, et vous manquerez votre virage ce qui s'avère désastreux pour réussir le jeu. De ce fait, vu la taille d'un écran d'ordinateur (en général moins grand que celui d'une télévision, sauf pour ceux qui ont du matériel cher, très cher, donc pas la majorité), le jeu est assez injouable à la manette, tant certains virages sont tout petits. Je me demande d'ailleurs comment le jeu pouvait être jouable sur Vita. Pour cette version PC ou Mac, je recommande donc vivement l'utilisation du clavier dont les touches sont bien plus réactives qu'un pad circulaire ou une croix. Et puis on a forcément plus de réflexes et on enchaîne plus vite les mouvements avec plusieurs doigts qu'avec un seul sur un stick. Mais du coup, l'utilisation du clavier demande lui aussi un temps d'adaptation.

Bref, on a un vrai regret sur ce mode arcade dans la gestion des commandes. C'était tellement plus maniable avec le joystick de la borne arcade... Alors certes, vous pouvez éventuellement brancher un joystick sur le PC, mais il ne sera pas forcément reconnu par le jeu. C'est qu'aujourd'hui on ne vend plus de joysticks que pour les jeux de simulation aérienne, il fut en temps où c'était le mode de contrôle le plus répandu.

Autre point un peu étonnant, alors qu'on s'attendait à plusieurs tableaux dans un même niveau (schéma classique en la matière), on réalise qu'on refait toujours exactement le même. Certes, il y a un enchaînement de sous-niveaux mais quand le chronomètre se termine et la partie avec, on doit tout recommencer à zéro. Les plus attentifs s'apercevront que les niveaux varient quand même un peu d'une partie à l'autre (œufs et nids pas tout à fait au même endroit), mais la structure et les couloirs et l'ordre des sous-niveaux sont totalement identiques. S'en suit un sentiment assez rapide de lassitude.

Autant vous dire que pour débloquer les autres modes, c'est un peu la galère (700 000 points et 1 million au plat principal pour accéder à Laboratoire et Nostalgie), sauf si on est un maître du clavier ou de l'arcade (et il y en a, le/la premier-ère mondial est à 2 109 000 au plat principal, 1 093 850 à l'entrée).


Convivialité assurée dans le multi Arena.

...des autres modes, vraies richesses du jeu

Par contre, une fois ceux-ci débloqués, le plaisir n'en est que décuplé. C'est probablement là tout le génie et la force de Pix the Cat : avoir su si bien naviguer sur un même thème. Dans ces deux modes, bien moins nerveux (même pas du tout dans Laboratoire vu que c'est de la pure réflexion), les commandes ne posent plus problème.

Évoquons d'abord le Laboratoire, car même s'il est le troisième dans la liste, on le débloque en premier puisqu'il ne faut que 700 000 points. Doté de 100 tableaux, il est absolument gigantesque et vous tiendra en haleine pendant des heures. Divisé en 10 parties, il ajoute à chaque partie un mécanisme différent, comme dans tout bon jeu de réflexion qui se respecte. Le principe reste le même : récolter des œufs, puis les mettre dans les nids en ayant pris soin de tout ramasser d'abord, sinon, là, la mission échoue. Rappelons que le serpent (ou le chat, c'est un peu entre les deux dans ce mode) avance comme en Arcade jusqu'à ce qu'un mur le bloque. C'est sur ce point que Laboratoire va développer tout son potentiel : il faut trouver le bon chemin pour aller jusqu'à l'oeuf puis le nid. On a déjà vu ce type d'énigmes dans Pr Layton d'ailleurs. Et puisqu'on est là pour faire fumer les neurones, le jeu propose de trouver le chemin avec le moins de déplacement possible, bonus à la clé. La progressivité est de mise, les défis pas trop durs au départ, puis les mécanismes s'accumulant, de plus en plus difficiles. Les ajouts de ces fameux mécanismes, tous les dix niveaux, apportent un renouveau bienvenue et une légère dose de facilité passagère qui permet de souffler un peu. Parmi eux, on trouve des ennemis mobiles, des murs arrondis qui permettent de très longs déplacements, des chats multiples - jusqu'à quatre en même temps - qui se déplacent de manière concomitante, soit dans un lieu séparé, soit dans le même lieu (il faut alors savoir utiliser la présence du partenaire comme point d'accroche) etc.

Bref, aucune déception, que des bonnes surprises, y compris dans les musiques douces, les sonorités claires et l'univers graphique aux couleurs bien moins vives, qui collent parfaitement avec la concentration exigée par le jeu et le temps passé à réfléchir. Allergiques à la réflexion s'abstenir, mais vous ne serez pas perdants pour autant avec le reste du jeu.

Côté Nostalgie, le déroulement est le même : 100 niveaux, avec 10 catégories à chaque fois. Cependant, ici, il convient uniquement de récolter des œufs, le principe étant d'en ramasser un certain nombre (parfois élevé) sans se faire attraper par un ennemi ou se piéger soi-même (car au bout d'un moment, on a tellement d'œufs derrière soi que l'on peut se bloquer le chemin). Le bonus sera attribué si on arrive à remplir le défi avant qu'une chèvre ne mange une fleur qui avance lentement mais sûrement vers elle, bref, un chrono déguisé. Des tourbillons comme en mode arcade permettent d'aller d'un lieu à un autre afin d'éviter de se bloquer. Les complications et les mécanismes s'ajoutent au fur et à mesure. Là encore, on y passe des heures par un intérêt sans cesse renouvelé, on savoure son graphisme façon vieux dessin animé en noir et blanc, sa musique rigolote et ses pièges tortueux.

Enfin, vient Arena, bien que ce soit le premier qui soit débloqué : du multi jusqu'à quatre, mais seulement en local, ce qui est probablement le plus dommage. Notez que dans ce mode, la variante est la fonction tir qui est ajoutée : les oeufs deviennent des missiles, ceux qui sont violet sont fatals. Le-la gagnant-e est le dernier-ère qui reste dans le niveau. Comme dans tous jeux multi, la convivialité sera présente, les fous rires, rageurs ou non, au menu et une bonne après-midi ou une bonne soirée en famille/entre amis assurée. 

Je terminerai par ce que l'on aime le plus dans Pix the Cat : son humour à souhait dans une foultitude de détails. Que ce soit la voix off qui vous encourage ou vous dit quand vous vous plantez, avec possibilité de la changer (mention spéciale pour la voix de femme qui n'est pas sans nous rappeler GLados), les mimiques des chats quand ils attendent que vous bougiez, le succès où il ne faut rien faire pendant 30 secondes en mode Laboratoire, les cris des petits canards quand ils commencent à être très nombreux, les « in your face » quand en vitesse maximale on détruit les crânes ennemis, on adore. Tout ou presque, ne serait-ce que le principe et les titres, prête à rire ou sourire et c'est bien agréable, voire vital, en ce monde et cette vie parfois bien dures.

Conclusion

Dès lors, même si le portage n'est pas tout à fait complètement réussi, il était incontournable qu'un jeu aussi riche, varié, bien conçu visuellement et intellectuellement soit disponible sur d'autre supports que PS4 et à la disposition du plus grand nombre. Pour 9,90 €, c'est cadeau.


100 niveaux très variés de pure réflexion avec Laboratoire

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