7.5/10

Pokémon X : Pikachu se refait une beauté

Voici donc débarquer le missile XXL qui va vendre des 3DS (ou des 2DS) à la pelle, comme si celles-ci en avait besoin ! La franchise poids lourds des ventes, forte d'un parterre de fans monstrueusement étendu, vient s'installer aujourd'hui sur la portable de Nintendo, toujours scindée en deux opus quasiment similaire : d'un côté la version Y et son Pokémon Légendaire Yveltal, de l'autre la version X - rien à voir avec une version pour adulte - et son Pokémon tout aussi légendaire Xerneas. On connaît la formule, celle-ci existe déjà depuis un paquet d'années, et il serait peut-être temps de mettre un coup de balai et de revoir un peu la mécanique. Car, oui, c'est toujours aussi bien réglé, toujours aussi dense, toujours aussi prenant à partir du moment où l'on a l'âme d'un enfant collectionneur, mais l'ambition n'est visiblement pas tournée vers le renouveau.


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Tel un remake, vos premières heures de jeu seront similaires à n'importe quelles premières heures de jeu sur un RPG de la franchise : vous incarnez un gosse, vous décidez un matin de prendre la route, le professeur local vous refile un Pokémon à choisir parmi trois (Feu, Eau, Plante), bisous à maman, et roulez jeunesse ! On chope les premières têtes de son équipe de monstres parmi le bestiaire des hautes herbes autour du village, on cogne les Pokémons des passants à grand renfort de "charge" et de "coup d'boule" jusqu'à trouver la ville suivante, son arène et son champion. Spoiler : cette dynamique est valable pour approximativement la totalité du jeu, vous passerez votre temps sur les routes numérotées jusqu'à débusquer le prochain champion et lui soutirer son badge après l'avoir convenablement occis - avec la courtoisie appropriée (le "Poing karaté" et le "Pistolet à O" sont de bon goût), bien entendu. En parallèle des petits numéros attribués aux chemins empruntés, il y a un scénario. Une histoire qui tourne autour des méga-évolutions et des méfaits d'une nouvelle team, tellement mince que l'on finit par s'en foutre très rapidement.

Pourtant, on y croit. Quand le jeu nous demande de personnaliser notre avatar, on est enchanté - jusqu'à se rendre compte que le nombre de permutations envisageables frise le ridicule.
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Il est toutefois possible d'acheter des fringues et des accessoires pour changer son look et - enfin - avoir un personnage un peu moins stéréotypé. Cela reste assez léger, mais c'est un pas vers la modernité. Si vous êtes comme moi, vous préférerez certainement investir dans des Pokéballs et des soins plutôt que dans la casquette jaune moisi proposée par le magasin, que vous trouverez dans l'incontournable Centre Pokémon. Et plus on s'investit dans le jeu, plus nos espoirs s'amenuisent. Agencement des menus, bruitages, textes, ces foutues questions rébarbatives qui nous demandent si l'on veut changer une capacité de Pokémon contre une autre, pfiouuuuuuuuuuuu ! Il est vraiment, VRAIMENT temps de faire quelque chose, de fluidifier tout ça, d'améliorer l'interface, de revoir la gestion des Pokémons et de leurs capacités, c'est plus possible !

Le contenu ne change guère, mais d'une certaine façon et malgré mes griefs, c'est une bonne nouvelle. Ce que l'on ne peut pas reprocher à un RPG Pokémon, c'est bien sa durée de vie et la richesse de son gameplay, qui implique donc des centaines de bestioles et autant de capacités différentes. Au-delà de la relative pauvreté du système de combat, il y a toute une dynamique de forces et faiblesses portée par les nombreux types de Pokémons. Un nouveau vient d'ailleurs faire sa venue, le type Fée, introduit pour contrer le type Dragon - si vous connaissez votre tableau, vous vous rappellerez certainement que le type Dragon ne souffrait que de peu de faiblesses. Bref, il est toujours assez amusant de constituer son équipe et de faire évoluer ses petits monstres. Certains de ces derniers peuvent profiter d'un nouveau stade évolutif, valable pour le combat uniquement, appelé Méga-Evolution. Le Pokémon change un peu de physique et colle des mandales encore plus puissantes, peut-être même légèrement abusées.

On en rêvait, les améliorations online ébauchées dans les deux précédents volets trouvent une bien meilleure place sur la 3DS. On peut toujours échanger ses p'tites têtes via le système d'échange global, un bon moyen de se constituer son équipe de rêve.
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Surtout, l'apport du StreetPass permet de renforcer un peu la communauté et la pousse à s'entraider. En croisant un passant avec une 3DS et un des deux jeux, vous pourrez vous échanger des bonus valables pendant quelques minutes seulement. Mis à part mon partenaire de test, je n'ai pas croisé beaucoup de monde, vous le comprendrez aisément (jeu pas encore sorti, accord de confidentialité, etc.). J'ai bien réalisé un combat en ligne avec Canette Ultra, ce qui m'a permis de découvrir le meilleur Pokémon toutes générations confondues : Canarticho : un canard, un artichaut, c'est génial. Je veux faire ça plus tard : chercheur en noms de pokémons. En attendant l'arrivée du peuple sur le jeu, on se console dans sa solitude sur la poké-récré et le Système de Perfectionnement Virtuel. Dans le premier cas, on chouchoute son Pokémon en le caressant et le nourrissant ; dans le second cas, on réalise des mini-jeux abrutissants pour élever les capacités de sa bêbête. Parfaitement anodin mais bien intégré dans l'écran tactile, facile d'accès (il est même possible de taper un sac de sable pendant qu'on se déplace, pas facile la gymnastique de doigts).

D'un point de vue plastique, cette version récolte une mention. Le jeu est évidemment plus beau, intégralement modélisé en 3D, mieux animé, plus dynamique, il profite de la puissance de la console pour améliorer son rendu graphique à tous les niveaux. Je le disais dans mon précédent article, c'est une des rares fois où j'ai joué à un jeu Pokémon en laissant les animations de combat. Certaines sont vraiment cheap, d'autres sont assez rigolotes. Les déplacements gagnent aussi en dynamisme en proposant quatre vitesses, ni plus ni moins : la marche (croix directionnelle), la course (le bouton B en plus), les rollers (stick analogique) et le traditionnel vélo (à équiper via le menu Y). Dans les faits, les commandes restent encore peu lourdes, peu précises, et certains effets de caméra n'arrangent pas les choses, surtout dans la grande ville d'Illumis qui vous exaspérera par ses écrans de chargement successifs. On retrouve dans les menus comme toujours le Pokédex, le sac à dos, sa propre fiche technique ainsi que toutes les fonctionnalités associées habituellement.

Si vous êtes fan de la Pokémon de la première et plutôt conservateur, vous êtes en présence du plus abouti des RPG de la franchise. Les mécaniques n'ont pas bougé, c'est plus agréable à l'oeil, les combats sont plus rythmés. Par contre, les joueurs occasionnels vont probablement bailler dès le premier tiers de l'aventure (25-30 heures de durée de vie, tout de même), tandis que les réfractaires ne lèveront même pas un sourcil. Peaufiner, c'est bien, améliorer c'est mieux. Pour le prochain ?


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A propos de l'auteur

3 commentaires

  • cubik

    12/10/2013 à 12h02

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    c'est clair qu'il est très classique, mais ayant acheté la console pour le jeu, je reste soufflé par la beauté du truc, au moins pour l'instant

  • Islara

    12/10/2013 à 20h51

    Répondre

    Ha ha, finalement ce n'est pas Yugi qui t'aura fait craquer pour la 3DS. 

  • cubik

    13/10/2013 à 15h42

    Répondre

    bah, y aurait eu phoenix wright avant et puis là, c'est un peu le pokemon qu'on attend depuis des lustres, au moins visuellement

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