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Portal 2 - Test

Plus qu'attendu par certains à la rédac, Portal 2 fait plus que tenir toutes ses promesses : il n'est rien moins qu'une date majeure dans la longue et belle histoire du jeu vidéo.

Bon, pour commencer j'insisterai sur un point crucial : si vous n'avez jamais joué à Portal, je vous recommande vivement de vous y essayer avant de jouer à l'épisode 2 dont il est ici question.
La raison ?
Vous perdriez énormément du sel ludique et comique de situation que les petits génies de Valve ont mis en place avant de livrer la bombe ultime dans son genre qu'est Portal 2 ! Car avec Portal 2 l'on n'a pas affaire qu'à la bête suite d'un jeu concept qui a largement bluffé son monde au fil du temps, mais bien - et quoi qu'en disent certains qui ont plus pignon sur rue que notre modeste équipe - à un véritable aboutissement vidéo-ludique, qui dépasse avec aisance et de loin les efforts de beaucoup qui se contentent d'appliquer ou rabâcher avec plus ou moins de bonheur les bonnes formules pensées à l'origine, que ce soit par eux-même ou par d'autres.
La raison, me demanderez vous encore ?



Du temps (mais lequel ?) est passé depuis Portal
Car Portal 2, non content d'être un des chef-d'œuvres les plus impressionnants de ces dix dernières années, remet avec brio, humour et (souvent) sadisme le joueur à sa place première, à savoir celle d'un cobaye volontaire prêt à en chier pour arriver au bout d'un scénario qui, ici, se paie en plus le luxe de tout révéler tout en n'expliquant absolument rien ! Un summum d'abstraction en somme, qui renvoie sans-cesse le joueur à son rôle fondamental de participant actif au sein d'un univers où il doit en permanence plier les règles à son avantage - surtout après qu'on lui ait malicieusement donné l'impression que jamais il ne pourra y arriver, ou que dans le meilleur des cas ça va être bien coton !


Je pourrais m'étendre sur de longues lignes à propos de l'intelligence de la mise en scène, du level design ou du sens aigu du timing des équipes de Valve, mais ce serait hélas gâcher tout le plaisir que le(s) jeu(x) ont à offrir. Sans oublier le fait que rarement le joueur (confirmé ou non) n'aura autant jamais été pris pour un gogo - tout en étant paradoxalement perpétuellement ridiculisé, mais dans le bon sens du terme, c'est à dire dans le sens de « rire avec », bien plus que « rire de ».

Difficile donc de faire un papier sur Portal 2 sans prendre le risque de spoiler l'expérience à venir pour ceux qui n'y ont pas encore touché, mais essayons tout de même de parler un peu de ce qui vous attend si vous vous y essayez.

Glad(os) to be back !


Toujours machiavéliquement vôtre !
Portal 2
propose donc un retour aux labos d'Aperture, cette énigmatique entité dont le seul et unique but semble de faire passer des tests surréalistes à des participants dont on n'est pas forcément sûr de savoir s'ils sont volontaires ou non, et dont on n'est pas non plus vraiment sûr de savoir à quoi tout ça va bien pouvoir servir...
Seulement dans l'espace-temps de Portal 2 tout est en ruine, décrépi. Les joueurs qui auront déjà joué au premier Portal vont très vite reconnaître au début certaines des salles de test du premier opus, mais salement amochées et laissant parfois entrevoir une nature qui reprend ses droits sur ce qui fut auparavant (mais quand exactement ? Une question que l'on ne cessera de se poser tout au long du jeu) un environnement fermé, aseptisé et froid au possible.


Bien entendu et comme on pouvait légitimement l'attendre, Portal 2 joue sans cesse la carte du plus. Plus long, plus drôle, plus grand, plus inquiétant... mais là où on prend véritablement une claque, c'est qu'en fait le jeu ne joue pas seulement la carte du plus, mais de l'incroyablement plus ! Car en fait Portal 2 est incroyablement plus long, incroyablement plus drôle, incroyablement plus grand, incroyablement plus inquiétant !


Nouveaux mécanismes et nouveaux pièges
Incroyablement plus long parce que suivant votre capacité à « penser avec des portails » le jeu vous tiendra en haleine de 10 à 15 heures (pour rappel Portal premier du nom se consomme entre 2 et 4 heures).
Incroyablement plus drôle car, bien que toujours seul être humain à arpenter le complexe, vous êtes plus que jamais accompagné par des commentaires absurdes et hilarants au possible, que ce soit ceux émanant des divers messages de services (« en cas de problèmes dus à l'apocalypse, veuillez regagner une cellule de repos et un employé viendra vous voir dès que la civilisation sera rétablie »), du robot Wheatley, superviseur maladroit des cobayes du labo (cobayes dont vous êtes visiblement le seul survivant) aux réactions plus qu'humaines et qui s'exprime avec un accent british à couper au couteau (je profite d'ailleurs de l'occasion pour vous recommander de faire le jeu en version originale, la V.F étant loin de rendre justice au talent des acteurs qui prêtent leurs voix aux protagonistes), des tourelles de surveillance qui susurrent toujours des mots doux avant d'essayer de vous cribler de balles... et bien sûr de Glados ! Car oui, Portal 2 ne serait pas la digne suite de Portal sans la présence de l'I.A. farfelue et psychotique qui n'existe que pour les tests et la science, et qui nous avait déjà mené la vie dure il y a quatre ans. Et puis il y a un dernier acteur, d'importance, mais en parler ici pour ceux qui n'ont pas encore joué à Portal 2 serait vraiment spoiler, donc motus. Soyez en tout cas assuré d'une chose : l'humour noir et absurde du premier volet répond plus que jamais présent.


Pour ce qui est de « l'incroyablement plus grand », il suffit de savoir qu'au bout d'un moment on n'est tout bonnement absolument plus capable de s'imaginer concrètement l'espace qu'occupent réellement les labos d'Aperture (et là je pèse mes mots !)

Where is everybody ?
Et enfin « incroyablement plus inquiétant » car Portal 2 n'est plus seulement un jeu concept, mais développe un scénario et des situations inhérentes qui font parfois frissonner l'échine, que ce soit à cause de la capacité de Valve à prévoir la réaction du joueur (et donc à mieux le surprendre), ou à cause de certains environnements qui...
ah, essayez et vous comprendrez.

 

Mind Game again (but for no cake this time)

Côté « casse-tête » - car Portal 2 est avant tout et à l'instar de son grand frère, un Puzzle Game - nous avons droit à une véritable leçon de calibrage. De la pure horlogerie Suisse qui - je l'assume entièrement, que ce soit pour ces propos ou justifier la note finale de ce test - ne souffre d'aucun défaut... à part peut-être que l'on n'a toujours pas droit à un morceau de gâteau une fois le jeu terminé.


Comprenez par là que pour réaliser un jeu entier sur le principe d'énigmes à résoudre sur la base d'un concept génial et tordu, et ceci sur plus de dix heures minimum, il faut bien calculer son coup pour ne pas lasser le (cobaye) joueur. Et là c'est le pur miracle, l'expression d'un savoir-faire que peu peuvent se targuer de posséder dans le domaine du jeu. Exit donc la question de savoir si Portal 2 est trop cher vendu car ré-utilisant un moteur Source vieux de plusieurs années (et qui n'a ici pas pris une ride !), c'est une véritable leçon de conception qui nous est assénée, et qui justifie à elle seule l'attente que nous avons eu à supporter avant de pouvoir revenir déambuler dans les méandres du complexe d'Aperture ! Là encore difficile de rentrer dans le détail sans gâcher par avance l'expérience, mais il suffira de dire que Portal 2 est le fruit d'un constant souci de maintenir constamment celui qui s'y essaye sur le délicat fil de l'équilibre entre challenge, plaisir, tension, humour et suspense. Et pour ceux qui en douteraient (s'il y en a !) après être arrivé à la fin, il suffit de refaire le jeu avec l'ajout des commentaires audio de l'équipe (une initiative déjà présente sur Portal et les épisodes 1 et 2 d'Half-Life² et - hélas - bien trop rare dans le jeu vidéo) pour se rendre compte qu'absolument rien n'a été laissé au hasard.



Pour résister au mode co-op, rien ne vaut un bon
vieux robot !
A real must-play
(and replay), qui fait d'ailleurs souvent penser que Portal 2 est à Portal ce que Half-Life² était à Half-Life : l'aboutissement parfait d'une idée géniale et qui, loin d'être juste développée sur le principe de la simple suite, permet à ses concepteurs - apparemment plus qu'heureux de se donner sans compter - d'innover sans cesse et de s'amuser comme des petits fous à imaginer ce qui va bien pouvoir surprendre le joueur (comme la brillante idée du gel par exemple). Et quelle fin ! Si vous avez aimé celle de Portal et la chanson Still Alive, il y a de fortes chances que vous succombiez aux dernières minutes de Portal 2 et au futur classique qu'est Want You Gone !

Et cerise sur le cake, Portal 2 prolonge le plaisir de jeu avec un mode co-op d'une trentaine de tests à passer on-line et entre amis, avec - c'est une première et c'était promis - la possibilité de réaliser un cross-over entre les possesseurs de PC et PS3 (et en plus de ça Valve vient d'annoncer qu'un pack de nouveaux tests serait prochainement - et gratuitement - dispo pour prolonger le plaisir).


Le gel, nouveau chez Aperture et disponible en
plusieurs couleurs !

 

Bref, après cette longue diatribe et si vous aimez (et êtes enclins à) « penser portails », jetez vous sur la merveille qu'est Portal 2.
Vous ne reverrez pas une telle perle de sitôt.

Valve definitively rulez !

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1 commentaires

  • Oxido

    22/08/2011 à 13h53

    Répondre

    Gratuit! Ça fait plaisir =)http://www.krinein.com/jeux-video/porta ... 16918.html

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