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Professeur Layton vs Phoenix Wright : Ace Attorney - Test

Le cross over le plus attendu de la décennie arrive enfin dans nos rayons. En aurez-vous pour vos espérances ? Krinein vous dit tout maintenant.

Il y a bientôt 4 ans - oui 4 ans, car ça fait 4 ans qu'on l'attend ce jeu - enthousiasmée et heureuse que j'étais à la découverte de l'existence du projet, je me suis fait un film de ce que pourrait être ce croisement entre Layton et Phoenix et je l'ai partagé avec vous. À l'époque, les idées les plus folles ont nourri mon esprit comme probablement tous les autres fans. Je disais alors que le point fort de l'un était le point faible de l'autre et je rêvais d'une alternance des phases de procès de Phoenix - débarrassé de ses phases d'enquête un peu lancinantes - avec les phases d'énigmes de Layton. En décortiquant comme on le pouvait la bande-annonce japonaise de l'époque, on se prenait à croire que le Professeur Layton serait à la barre de l'accusation et qu'en même temps, les deux héros et leurs assitant-e-s coopéreraient pendant les enquêtes. On se méfiait quand même aussi un peu des possibles incohérences scénaristiques avec les autres opus dans lesquelles le jeu pourrait tomber, et on regrettait à l'avance qu'il n'y ait aucun clin d'oeil à l'univers de chacun des personnages. Rétrospectivement, je suis bien surprise que ce vieil article d'il y a 4 ans ait été à ce point visionnaire.

Contrairement à ce que l'on fait d'habitude, je ne vais donc pas vous dire ce qu'il y a de nouveau dans les menus, comment la façon de jouer a été adaptée, à quoi servent les pièces S.O.S etc..., car tout a déjà été dit par Nintendo le mois dernier, Krinein vous en a fait un compte-rendu détaillé alors on ne va pas le redire, mais je suis sympa donc je vous ai fait une petite liste à la fin. On préfère se concentrer sur le plus important : quelle sensation, quel sentiment apporte ce cross over par rapport aux attentes que l'on a en tant que fan, en tant que connaisseur des séries ?

Ils ont franchi le cap : magie, magie...


La magie est une preuve.
Première et grosse énorme surprise, alors que jamais aucune des deux séries n'avait franchi le cap, mais seulement approché la frontière, cet opus nous plonge complètement dans le surnaturel  et pas qu'un peu ! Vous avez lu le synopsis dans notre dernier article, vous savez donc qu'il est question de sorcière et de magie : eh bien autant vous dire que cet élément sera omniprésent tout au long de l'histoire, y compris dans les preuves à présenter aux audiences. Cet aspect se savoure pleinement, déjà parce qu'il est nouveau et que la nouveauté sera toujours un élément positif pour un jeu, mais aussi parce que Shu Takumi, le scénariste, trouve très habilement avec cet aspect le moyen de s'affranchir de chacun des univers de nos deux héros et éviter toute incohérence scnéraristique, vous savez ces incohérences que l'on redoutait tant. Le professeur et Phoenix dans une ville médiévale, Labyrinthia, c'est sûr que cela évite toute collision avec les scénarios des nombreux autres opus. Qui plus est, les anachronismes qui en découlent régulièrement ont un côté "Les Visiteurs" des plus amusants, sauf qu'ici c'est en sens inverse. Exit les empreintes digitales, exit le téléphone, exit les voitures au grand dam de nos héros surtout Phoenix qui a un peu de mal à s'y faire. C'est parfois vraiment très drôle. Enfin, cette ambiance magique et la nécessité de décortiquer les sorts au cours du procès (nom des incantations, matériels nécessaires, distance, durée etc...) donne un léger côté
Un prologue long et soigné.
jeu de rôle très agréable. Voilà une belle trouvaille qu'a faite Shu Takumi et qu'il a parfaitement exploitée. Franchement, on n'aurait pas parié là-dessus.

Shu Takumi n'a en outre aucunement bâclé la mise en place de l'arrivée de nos héros à Labyrinthia. Dites-vous bien que le jeu prend son temps et qu'avant de vous propulser dans le Moyen-Âge, on reste suffisamment de temps dans le monde moderne pour ressentir de plein fouet le changement. Il y aura ainsi une phase d'enquête et de procès avant l'arrivée à Labyrinthia.

Quand les espoirs se réalisent


Quels frissons à cet instant !
Deuxième point, le jeu répond vraiment à toutes les attentes, à croire que l'équipe de développement a lu dans les pensées des fans. Comme on l'espérait, Layton vs Phoenix alterne habilement, et avec un juste équilibre, entre audiences et enquête, sur une histoire unique, façon Layton, en béton armé. Il n'y a donc plus plusieurs petites histoires façon Phoenix, et c'est mieux. De toute façon, Capcom l'avait déjà compris puisque les derniers opus avaient une partie des épisodes qui se suivaient, les autres ayant quand même un lien avec l'intrigue principale. Ainsi, tout ce qui était superflu dans chaque jeu est mis de côté pour ne garder que le meilleur et le joueur est complètement absorbé par l'histoire. On ne vous cache pas ce que l'on ressent lorsque le moment de leur première rencontre approche...

On savoure également avec délectation tous les clins d'oeil judicieusement disséminés dans le jeu : les sons du menu de sauvegarde sont ceux de Layton ou de Phoenix selon que l'on est en partie enquête ou audience ; même les icônes du menu changent selon ces phases. Luke sait toujours parler aux animaux et cela aura une véritable utilité. Certains témoins très particuliers ne seront pas sans nous rappeler de très amusants souvenirs. On refait un petit bonjour à Chelmey. La réserve d'énigmes est toujours là, et même si ce n'est pas Mamy Mystère qui la gère, celle qui s'en occupe porte un nom très révélateur. Ah certes non, les détails n'ont pas été laissés de côté et les noms ont été choisis avec soin, y compris dans le travail de traduction. On redécouvre aussi avec plaisir les points d'exclamation qui mesuraient la jauge de confiance de Phoenix avant qu'on l'ait une barre de vie. On les avait presque oubliés. Les thèmes musicaux de chacun sont aussi bien là et c'est assez bluffant d'entendre les thèmes "Turnabout" ou "Recollection" de Phoenix suivis un instant après par les tons légèrement accordéons de Layton ou Luke !


Une intrigue palpitante.
Le scénario n'est bien sûr pas en reste. Une seule et même intrigue nous tient en haleine pendant environ 30 heures sur 10 chapitres (un chapitre par enquête et par audience en gros). Les coups de théâtre n'y manquent pas. Tout y est : le Professeur Layton fait bien des objections à l'audience, Luke se retrouve témoin, Phoenix et Maya participent à l'enquête, parfois les héros se divisent en deux groupes, Maya se retrouve accusée, des misères arrivent au Professeur et j'en passe... je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir. Bien malin est le joueur qui devinerait où cette histoire incroyable pourrait le mener et comment elle va se terminer. N'oubliez pas non plus que dans Phoenix, il y a toujours des morts et parfois les évènements ont un goût bien amer. Shu Takumi, il l'a toujours fait, ajoute toujours une importante dose de tragique à son intrigue, et aborde des thèmes durs, violents et sérieux qui nous amènent à réfléchir, toujours sur la Justice. Violation des droits de la défense, présomption d'innocence, accès au dossier de l'accusation pour l'avocat, concertation frauduleuse des témoins, partie-pris et préjugés de l'opinion publique, seront quelques éléments parmi d'autres sur lesquels vous serez amenés à méditer et dites-vous bien qu'ils sont d'une cuisante actualité même si nous ne sommes plus au Moyen-Âge. L'émotion n'est ainsi pas en reste et joue à plein elle aussi.

Conclusion

Professeur Layton vs Phoenix Wright réussit à merveille son pari par ses surprises, ses choix judicieux, sa longue intrigue palpitante et parfaitement menée dans sa narration et sa mise en scène. Que regretter ? Phoenix donne l'impression de sortir d'une longue maladie tant il est maigrichon et ses couleurs affadies. Quelques scènes d'enquête et dialogues sont en trop. Il n'y a plus d'historique des dialogues. Quelques postures sont bizarres. Il n'y a pas de verrous-psychés. Rien de bien méchant vous me direz, sauf un peu ce dernier point. On ne peut ainsi que remercier toutes les équipes de Capcom et Level-5 d'avoir su donner vie à ce projet dont nous n'aurions même pas osé rêver il y a cinq ans. On espère qu'une chose : qu'il y en aura un autre ! Sur une autre planète, dans un univers science-fiction peut-être... ?

Crédits : liste des nouveautés

- Participation de Phoenix et Maya aux enquêtes et résolutions d'énigmes, et de Luke et du Professeur aux procès, en coopération ou opposition, en groupes séparés ou tous ensemble ;

- Interrogatoire de plusieurs témoins en même temps avec une nouvelle technique de saut d'un témoin à l'autre dans le menu ;

- Possibilité d'utiliser des sorts comme preuve ;

- Les personnages ont plus souvent de voix ;

- Possibilité de passer plus vite les dialogues ;

- Possibilité de passer le résumé ;

- Maintien de la possibilité de sauvegarder au cours des interrogatoires apparue dans Dual Destinies

- Décompte des pièces et énigmes cachées dans chaque lieu ;

- Bulles mieux placées (vers le bas au lieu du milieu de l'image) ;

- Déplacement direct ;

- Gain de picarats en procès par la jauge de confiance qui reste à la clôture de l'affaire ;

- Enigmes beaucoup plus intégrées dans l'intrigue.

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