6/10

Puzzle & Dragons Z et Super Mario Edition - Test 3DS

Un jeu riche et fouillé, associant sympathiquement RPG et puzzle game, mais dont la facilité stupéfiante pendant les trois premières heures ôte leur saveur à ces ingrédients. On regrette aussi de n'avoir qu'un jeu en deux au lieu de deux en un. Explication...

Nintendo prend de plus en plus l'habitude de nous proposer plusieurs jeux en un, à tort ou à raison pour les joueurs, selon leur qualité bien sûr. Intérêt pour les éditeurs : la baisse du prix par jeu n'est pas spécialement ressentie puisque deux jeux sont vendus d'un coup (dans les 30 € en moyenne). 

Alors qu'on était jusqu'ici plutôt convaincus par le concept du "deux en un", notamment avec Mario, Donkey et les Minis, il ne trouve dans cette édition Puzzle & Dragons que très moyennement d'intérêt, et ce pour une raison très simple : il s'agit quasiment du même jeu, ou presque, mais décliné dans des univers différents, univers heroic-fantasy pour l'édition Z, univers Mario pour l'autre, comme son nom l'indique. On a ainsi, non pas deux jeux en un, mais un seul en deux. Dommage pour les économies sur le prix. Quel intérêt de jouer au même jeu sur deux univers ? Autant vous dire, pour l'avoir expérimenté, que passer du premier jeu au second est tout à fait désagréable. Le changement d'univers graphique, sonore et scénaristique provoque une rupture, une sorte d'incompatibilité que l'on ressent de manière très vive, et, de plus, devoir recommencer depuis le début s'avère fastidieux. Le seul intérêt du concept sera de pouvoir se prêter le jeu en famille, en espérant que tous ne voudront pas le même, car il n'y a qu'une unité de sauvegarde par jeu.

Donc, selon ses affinités, il faut tout de suite faire un choix. En ce qui me concerne, c'est instinctivement que je me suis dirigée vers l'univers médiéval fantastique. Parlons donc maintenant du jeu en lui-même : cette combinaison de RPG et de Bejeweld.


Il aurait facilement pu faire 5 combos et pas 2.

Un combinaison de genres bien reprise mais un peu édulcorée

Pour ceux qui ne le savent pas, Bejeweld est un ancien petit jeu de réflexion, qui fut édité un nombre incalculable de fois sur bien des supports, et consistant, dans un tableau carré rempli de pièces colorées, à aligner trois éléments identiques, horizontalement ou verticalement, en ne bougeant qu'une seule pièce. Le but ultime est de réussir à en aligner le plus possible, dans un temps le plus court possible. Bref, du puzzle game avec du score à fond.

Combiner cela avec du RPG ne date pas d'hier. Tous les Puzzle Quest sortis de 2008 à 2011 sur DS et PSP et Puzzle Chronicles sorti en 2010 sur les mêmes supports s'y sont déjà frottés avec pas mal de succès. Néanmoins, vu l'ancienneté de ces opus, on ne crache pas sur une nouvelle édition.

Concrètement, l'histoire-prétexte, consiste à sauver le monde. En choisissant un avatar garçon ou fille (sympa d'avoir pensé aux filles), on incarne un dompteur de dragons qui doit libérer six grands temples tenus par des méchants. Pour y accéder, il faut parcourir différents lieux, appelés donjons, mais certains sont en plein air donc le mot "donjon" ne s'y prête pas trop, eux mêmes subdivisés en 3 ou 5 parties et y affronter des ennemis divers et variés. C'est là que les choses commencent à être intéressantes quand le combat se fait avec le Bejeweld. Il faut aligner un maximum de pièces (appelées orbes, univers médiéval-fantastique oblige) pour que les attaques soient efficaces. Mais avant cela, il faut constituer une équipe de cinq monstres, chacun d'entre eux ayant des compétences spéciales. 


Une partie de donjon.
De ce point de vue, il y a une énorme richesse : les monstres sont extrêmement nombreux (il y en a 239 au total à débloquer) ; leurs compétences très diversifiées et intéressantes (changer la couleur des orbes, figer le temps pour modifier les emplacements, gagner des points de vie, augmenter l'attaque, faire des attaques supplémentaires, fuir le combat) ; il y a possibilité de les faire évoluer en récoltant des objets et ils augmentent en niveau, via des px, au fur et à mesure des combats, système obligé du RPG ; l'un d'entre eux est leader et a une compétence supplémentaire. On passe ainsi beaucoup de temps sur la phase de constitution de l'équipe qui s'avère cruciale. Elle est des plus plaisantes et c'est sans aucune lassitude ni retenue qu'on s'y plonge, et on y passe parfois plus de temps qu'à faire les combats : on épluche les pouvoirs des différents monstres, leurs combinaisons possibles de pouvoirs et on crée équipes sur équipes.

Ainsi, à l'instar de ses prédécesseurs, Puzzle & Dragons Z a le grand mérite de ne pas être la simple juxtaposition des deux genres mais de faire des deux une sorte de sublimation. En effet, les éléments des orbes - feu, eau, terre, lumière, ténèbres - des différents monstres, les types d'attaques des monstres contrôlés, leurs compétences spéciales auront un impact sur la façon dont on devra aligner les orbes. Tous les fins limiers de Bejeweld  ne pourront donc pas se lancer dans Puzzle & Dragons tête baissée, la stratégie étant énormément adaptée. Notez cependant que les orbes en elles-mêmes n'ont pas de pouvoir spécial comme ce fut le cas dans les autres opus du même style, à une exception près, lorsque de temps en temps, une orbe Z apparaît et permet d'augmenter les dégâts de l'attaque. Ce n'est pas spécialement gênant vu tous les paramètres à gérer sur les monstres et dans la constitution même des équipes, laquelle conditionnera la façon de jouer dans le puzzle game.  


Les différentes donjons avant le temple ultime.
Le jeu ajoute en prime cette judicieuse possibilité de pouvoir créer concomitamment jusqu'à 3 équipes différentes au départ puis 8 au fur et à mesure. On peut, de ce fait, tester plusieurs combinaisons différentes à la fois. En revanche, une fois entré dans une sous-partie de "donjon", on ne peut plus changer d'équipe. 

L'univers graphique, sonore et scénaristique accompagne par ailleurs de bonne et belle manière le concept : les décors sont assez soignés, les animations sympathiques et les dialogues, par leur côté léger et farfelu, compensent l'absence de profondeur de l'histoire. Une arène des Dragons (débloquée après le deuxième temple) permet aussi de faire des combats libres bien corsés et s'ajoutent des quêtes secondaires (RPG oblige) rigolotes et pas si faciles. Côté maniabilité, avec son stylet et ses deux écrans, sa bien meilleure puissance que la DS, la 3DS est le support idéal. Tout se commande de la manière la plus instinctive qui soit, un vrai bonheur quand on est allergique aux boutons des antiques manettes : accès simplifié aux compétences, aux cartes et au menu, manipulation facilitée des orbes.

On regrette donc très amèrement de devoir s'ennuyer à mourir pendant les trois premières du jeu. Eh oui, il faudra compter trois longues heures pour commencer à savourer Puzzle & Dragons tant les combats sont d'une facilité déconcertante. Il faut attendre le deuxième temple pour que les compétences servent à quelque chose et je n'en ai utilisé aucune avant d'arriver à ce stade ! Cela arrive parfois qu'il faille du temps pour pouvoir savourer un jeu, on appelle ça la mise en place. Dans certains genres, c'est un peu indispensable, en l'occurrence ça ne l'était pas du tout, sauf éventuellement pour un enfant de 8 ans.

On regrette aussi l'absence de mode multi-joueurs présent chez les prédécesseurs. Il y a bien une dimension échange, mais ça ne va pas plus loin. 

Conclusion

Puzzle & Dragons Z plaira sans conteste aux nostalgiques de Puzzle Quest, mais l'édition Mario ne leur sera d'aucun intérêt. En outre, il faudra compter quelques heures d'ennui avant de pouvoir relever des défis rudes et intéressants, avec le multi en moins.


En ville, à l'affût de quêtes secondaires et de l'arène des Dragons pour s'entraîner et gagner des px.

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein jeux vidéo c'est des tests de jeux vidéo et de l'actualité. Le dernier Mario sur Nintendo 3DS, le dernier Zelda sur Wii U, le dernier Assassin's Creed sur Xbox One, le dernier Infamous sur PS4, vous attirent ? Lisez ce qu'on en pense !

Rubriques