5.5/10

Remothered : Tormented Fathers - Test Switch

Développé par un petit studio indépendant, Stormind Games, Remothered : Tormented Fathers a su s'imposer par sa capacité à renouveler un peu le genre du survival horror. Après une sortie PC et console réussie, il est arrivé sur Switch le 30 août dernier.

Tout commence, comme presque toujours dans un manoir un peu sinistre en Europe, milieu XXIème siècle. Jusque là, rien de très neuf. Ni dans le scénario d'ailleurs, qui mélange disparitions, manipulations scientifiques douteuses et infections bizarres, le tout avec une bonne dose de paranormal. Pour autant, n'imaginez pas que l'histoire est simpliste et téléphonée, bien au contraire. Elle est fouillée et dotée de nombreux détails avec pas mal de lecture à la clé. Remothered : Tormented Fathers est ainsi véritablement un bon polar d'horreur dans son scénario.

Là où le jeu innove en réalité, c'est dans sa façon d'appréhender les phases de jeu, qui sortent largement des sentiers battus. L'expérience de jeu est ainsi concentrée sur une fuite constante face à des ennemis invincibles, que l'on peut seulement ralentir à coups d'armes blanches ou contondantes. Tout au long des phases d'exploration et d'avancée dans l'histoire, nous sommes donc contraints de trouver des cachettes, de nous déplacer en faisant le moins de bruit possible, de créer des diversions pour être tranquilles dans un autre endroit et être à l'écoute des mouvements de l'ennemi. Exit les shoots à la Resident Evil, exit les jeux plus orientés énigmes et ambiances tels le récent Silver Chains, exit les jeux ultra-angoissants à la Silent Hill et bienvenus dans le jeu d'horreur "furtif".


Environnement classique du manoir pour des mécanismes de jeu innovant .

Pour ma part, j'ai été moyennement convaincue par ce nouveau style qui crée par là un niveau d'exigence assez élevé et donc souvent frustrant. Ce n'est pas tant sa difficulté qui rebute, c'est qu'on se lasse de tout ce temps passé à attendre dans une armoire, à rester planté à écouter le bruit, à se faire surprendre alors qu'on pensait n'avoir rien bougé ou à ne pas pouvoir explorer correctement tant l'ennemi est tenace. Se rajoute le fait que Remothered : Tormented Fathers manque clairement d'explications, de tutoriel et de progressivité ce qui fait que les débuts sont assez calamiteux jusqu'à ce qu'on comprenne la manière de s'y prendre. Pour autant, nombreuses ont été les personnes conquises, comme pas moins que Keiichiro Toyama, directeur créatif de Silent Hill et Gravity Rush quand même, du fait du haut niveau de tension et d'oppression générées. Le jeu a aussi raflé de nombreux prix - GOTY 2018 par Rely on Horror, Best Indie Game 2018 + Best Italian Game 2018 par Eurogamer et Best Italian Game 2018 lors des Italian Video Game Awards, et j'en passe. Notez que la bande-son composée par Nobuko Toda et Luca Balboni a également largement contribué au succès du jeu.

Quoi qu'il en soit, le sujet est avant tout de discuter son portage sur Switch. La dernière console Nintendo, on le sait, est désormais capable de faire tourner la majeure partie des sorties consoles. C'est parfois réussi, c'est d'autres fois moins convaincant. Pour Remothered : Tormented Fathers, dommage, le rendu pêche sur de nombreux aspects techniques. Les temps de chargements ajoutent à une lassitude déjà générée par le système de jeu assez spécial, les mouvements limités et un peu gauches du personnage que nous incarnons gâchent l'immersion, idem des transitions plus que voyantes entre séquences vidéos et phases de jeu. Les graphismes manquant aussi beaucoup de finesse, mais là ce n'est peut-être pas le portage qui est à blâmer mais le jeu de base.


Fuite constante, se cacher, écouter face à des ennemis invincibles.

Bref, pour ma part, je vois là qu'un portage moyennement réussi d'un jeu au beau succès, mais à cantonner à une catégorie de joueurs-euses qui savent passer outre des mécanismes de jeu un peu trop frustrants pour certain-e-s d'entre nous. Pour les fans, sachez, si vous ne le savez pas déjà, que le deuxième épisode de la trilogie, Remothered : Going Porcelain, sortira courant 2020.


Un portage techniquement peu réussi.

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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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