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Replay : VHS is not Dead - Test PC

Après presque 6 mois d'attente, le très original Replay : VHS is not Dead est enfin sorti le 9 juillet. Si le résultat final n'est pas tout à fait à la hauteur de nos espérances, le titre reste impressionnant par sa créativité et son humour.

Il serait redondant et inutile de reprendre l'ensemble des explications que Krinein vous a données lors de ma longue preview du jeu qui couvrait les deux premiers mondes, c'est-à-dire la moitié du titre quand même. Notez d'ailleurs qu'en réalité il n'y a pas 5 mondes comme le laissait croire les emplacements de cassettes ; le dernier ne correspond qu'à des bonus. Il n'y a donc au final que 4 mondes, ce qui est cependant tout à fait suffisant quand je vois que j'y ai passé plus de 15H, sans avoir obtenu toutes les médailles.

Rappelons quand même rapidement le concept aussi innovant que tortueux : on incarne un jeune homme des années 80-90 qui se retrouve coincé dans ses propres films et doit les remettre en ordre, pour pouvoir les rendre à son vidéo-club (car il fut une époque, on louait ces cassettes dans un magasin appelé vidéo-club) et ne pas perdre son abonnement et le sourire de la gérante du magasin. Et dans ces fameux films, on incarne plusieurs personnages mais un seul à la fois ; puis une fois qu'on a fait accomplir sa tâche à l'un, on doit rembobiner pour faire accomplir sa tâche à l'autre, de manière synchronisée avec le premier, bien sûr. Là est toute la magie du concept.


On incarne l'un, on rembobine, puis on incarne l'autre.

J'avais littéralement adoré, non seulement la réflexion sollicitée pour trouver le moyen de sortir et de contourner les obstacles, mais aussi et surtout le véritable effort de projection mentale pour s'imaginer ce que devra faire l'autre personnage pendant qu'on dirige le premier, sachant, car je ne vous l'ai pas dit, que parfois c'est trois ou quatre personnages dont il faut tenir compte. La complexité était également des plus savoureuses, car il fallait et il faut plus que jamais rembobiner de nombreuses fois. En effet, certaines actions ne peuvent être effectuées que lorsque l'autre personnage a déjà accompli une part de sa tâche. Dans certains cas, les actions sont d'une telle longueur (mention spéciale pour le boss du monde 3) qu'il faut rembobiner un nombre incalculable de fois. Au compteur, j'ai ainsi dépassé un total de 2000 rembobinages. La mémoire est alors plus que jamais de mise pour se souvenir de ce que doit faire chaque personnage, avec en plus la pression du chronomètre pour les médailles ou certains boss. Certaines médailles d'or s'obtiennent pourtant plutôt facilement : erreur de dosage ou alors coup de bol d'avoir pensé du premier coup à la solution la plus rapide ? La seconde explication est tout à fait probable, car on s'aperçoit souvent qu'on a imaginé un cheminement bien compliqué et qu'il y avait bien plus simple.


Le meilleur des mondes, avec l'inversion de la gravité et le fantôme.

Cette complexité, l'augmentation de la difficulté et la variation des outils sont fort heureusement toujours au rendez-vous. On atteint ainsi des sommets avec le monde 3 qui ajoute deux éléments fondamentaux dont un que je n'aurais jamais imaginé. Le premier, bien tortueux, c'est l'inversion de la gravité dans certaines zones. Autant vous dire que là, les neurones sont en surchauffe. Contrôler certains personnages à l'endroit et d'autres à l'envers, ce n'est pas simple et ça nous rappelle les bons et durs souvenir de Divergent Shift. Sauf que ça va plus loin, car cette gentille gravité on la contrôle avec les boutons et on peut l'inverser dans certains endroits. Je vous laisse entrevoir les combinaisons possibles surtout quand il y a 3 boutons différents et donc 3 zones modifiables, auxquelles s'ajoutent des zones non modifiables, et des caisses qui tombent et remontent. C'est pour ça que c'est l'ajout le plus tortueux.

Le second, celui auquel je n'aurais pas pensé, c'est le fantôme. Un des personnages est un fantôme aux pouvoirs particuliers. Ainsi, quand on le contrôle, il - enfin "elle" car c'est une gentille gamine d'environ 10 ans -, donc quand on la contrôle, elle est tangible et peut toucher les objets ou aider les autres à monter. Mais quand on ne la contrôle plus et qu'on passe à un.e autre, elle ne touche plus rien (sauf les boutons heureusement ; pas très logique mais on ne trouve pas la solution sans ça) et plus rien ne la touche. Du coup, il faut la jouer en ayant toujours cette particularité à l'esprit et savoir qu'il ne faut jamais compter sur elle ou presque pas pour aider les autres. On découvre aussi qu'elle pourra faire ses actions sans plus aucune aide une fois qu'on ne la joue plus : elle traverse les murs, monte en l'air sans support, c'est très amusant et ça ouvre de nombreuses possibilités surtout. Car, les autres personnages, qui ont fait des tas d'action pour elle, peuvent ensuite faire complètement autre chose. Bref, il faut juste la jouer en premier et après s'occuper des autres. Une fois qu'on a compris ça, ce n'est pas si difficile, en tout cas moins que les histoires de gravité. Mais c'est particulièrement amusant et donne une variété des plus plaisantes, car on doit complètement revoir la façon de jouer.


Pourquoi ne pas avoir combiné laser, réflection et gravité à la fin ?

De ce fait, la chute est un peu rude dans le monde 4. Après autant d'inventivité, de la magie du paranormal, on trouve le dernier monde un peu insipide. Son seul ajout consiste en des pierres instables qui tombent une fois qu'on est passé dessus et des tapis roulants. Ça manque clairement de complexité et d'intensité. C'est d'autant plus dommage qu'on imaginait pour le final une combinaison de tous les éléments précédents : boutons, portes et plaques-mouvantes, lasers et leurs cubes réfléchissants, gravité, un autre fantôme et les pierres instables. Il y a là clairement une petite erreur de dosage, d'équilibrage, de progressivité. Le monde 4 aurait presque dû être le 3. Mais ce n'est pas si grave. On s'y plaît quand même largement car Replay : VHS is not Dead ne nous lasse pas. Une fois qu'on a goûté à son système, on veut le savourer encore et encore. De ce point de vue, le jeu est d'ailleurs très méritant sur la durée de vie, sans compter les clés et médailles à récolter de manière optionnelle. En poussant tout à fond, on dépasse largement les 20H pour les plus chevronné.e.s. Bien des jeux peinent aujourd'hui à atteindre une telle durée de vie, qui devient de plus en plus le parent pauvre des jeux vidéo.

Enfin, les clins d'oeil humoristique sont toujours au rendez-vous pour notre plus grand amusement : menu, titres, dialogues, costumes, personnages, comme on le disait en janvier, rien n'y échappe. Les allergiques à Twilight apprécieront aussi particulièrement une certaine réplique dans le monde 3. 

Conclusion

Avec son menu bien pensé et assez riche (rembobinage immédiat ou progressif, possibilité de faire avance rapide, costumes à débloquer, fiches de personnages, statistiques), sa progressivité, le haut niveau exigé pour obtenir toutes les clés et médailles, et surtout sa très grande originalité, Replay : VHS is not Dead est incontournable pour les chevronnés de jeux de l'esprit. Son univers rétro, son humour, son accessibilité si l'on ne cherche pas à tout obtenir raviront également le public moins aguerri. Bravo les jeunes ! A quand le mode éditeur pour Replay ?


DR.

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