8/10

Resident Evil : Revelations - Test 3DS

A peine la 3DS sortie que la franchise Resident Evil se prenait un vilain coup dans les dents de la part de la presse, spécialisée ou non. Avec le recul, il est presque évident que le titre Mercenaries n'avait été développé que pour alimenter le line-up rachitique de la portable de Nintendo, d'autant plus qu'il ne s'agissait que d'un mode bonus déjà inclus à certains des épisodes précédents – ce qui n'a pas échappé à la masse, on voit mal comment. Bref, la série de Survival Horror la plus célèbre du jeu vidéo semblait déjà se torpiller elle-même, mais la lumière était au bout du tunnel : Revelations, l'autre titre RE 100% exclusif à la console, était déjà annoncé et semblait bien se porter. Aujourd'hui, le rejeton est un grand gaillard qui va une nouvelle fois faire grimper l'intérêt de la console aux yeux des gamers, après une fin d'année assez savoureuse.


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Resident Evil
, c'est tout d'abord un gameplay racé, authentique, inimitable, autrement dit – sans les fioritures – tout à fait archaïque dans certains de ses fondements. C'est simple, les personnages semblent constamment se mouvoir avec une crise d'hémorroïdes, et l'on a parfois l'impression de diriger un paquebot en lieu et place d'une jeune femme de 50 Kg toute mouillée de sang avarié. Pourtant, la série a fait du chemin depuis les figurines Playmobil du premier épisode (1996), et se bonifie avec le temps. Nous récupérons donc le mode de vue des épisodes 4 et 5, à la troisième personne,  et notre personnage peut désormais – attention les yeux – se déplacer en tirant. Vous avez bien lu, il « suffit » de maintenir la gâchette R (pointer son arme), la gâchette L (strafe), et de manipuler le stick tout en pressant la touche de tir pour avoir la satisfaction de constater que notre cher Jill Valentine ne se plante pas comme une truffe dès qu'elle cherche à allumer un monstre ou deux. Ajoutons la possibilité d'esquiver via une manipulation du stick au moment opportun : notre héros n'a jamais été aussi mobile, même si sa manière de tourner sur lui-même pourrait peut-être encore être améliorée. A noter, la version de test fournie par Nintendo ne contenait pas le pad circulaire, qui est censé améliorer significativement la jouabilité, son test suivra bientôt.

 



L'information à retenir de mon précédent paragraphe : vous incarnez Jill Valentine, tout du moins la plupart du temps. La jeunette, trente ans au moment des faits de Revelations, n'a rien perdu de sa hargne et de son sex-appeal, ce qui nous rappelle que dans les affaires de bioterrorisme et de catastrophe virale, les femmes sexy uniquement ont leur mot à dire. Entre ladite Jill, parfaitement moulée dans une combinaison de cuir, la bien formée Jessica, et toutes celles qui ont jalonné la chronologie des Resident Evil, on se croirait limite sur un stand d'éditeur un après-midi d'E3. Sauf que les nanas en question n'ont pas envie de rigoler. Donc, sur la trame principale, nous nous coltinons l'arrière-train de Jill flanquée de son partenaire Parker. A de multiples reprises, le jeu changera de ligne de narration pour proposer d'autres binômes à incarner, dont l'increvable Chris Redfield. Le procédé sert surtout à complexifier l'histoire et à la proposer sous des angles d'attaque différents, même si elles sont toutes intiment liées. Pour nous, l'intérêt est de multiplier les contextes, les dangers, le bestiaire, à défaut d'un quelconque impact sur le gameplay. A noter, vous vivrez la plupart du temps votre aventure en binôme, mais votre compagnon sera réellement d'une profonde inutilité la plupart du temps : il tire sans faire de dégâts apparents, n'est pas spécialement inquiété par les ennemis, ne crève jamais, et ne peut surtout pas nous refiler du matos. Rien à voir avec le système de Resident Evil 5, donc, on se demande presque on se traîne un boulet si ce n'est pour les quelques dialogues (proposés dans cinq langues, en audio comme en texte – la classe !).


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L'histoire globale des Resident Evil est… complexe. Enfin, faut suivre, quoi. Revelations nous ramène en 2005, soit un peu après que Leon Kennedy soit envoyé en Espagne (Resident Evil 4). Chris Redfield est porté disparu, sa dernière position connue étant localisée sur un navire perdu en pleine mer. Jill et Parker s'y rendent, et tout s'enchaîne comme d'habitude : faux-semblant, terroristes ou apprentis-chimiste à abattre, virus mortel en totale autonomie, et du monstres à dégommer au détour de couloir. Le côté « révélations » ne fait pas honneur au titre, tout comme le déroulement du scénario qui n'est pas non plus un choc artistique, tout du moins pour un habitué. Pareillement, le découpage par chapitres – ici « épisodes » - sanctionné par une note de performances (acuité, morts, etc) ne surprendra aucun joueur du précédent opus, même si la construction type feuilleton a quelque chose de plaisant. Chaque début d'épisodes commence comme une série télévisée américaine par un « Previously » qui résume l'histoire depuis le début. C'est du cosmétique, c'est certain, mais il quasi-impossible de perdre le fil de l'histoire même sur une période de jeu étendue. Il ne faudra pourtant qu'une dizaine d'heures pour en voir le bout, malgré la difficulté significative du titre et les quelques tentatives de rallongement (le Génésis, un scanner servant principalement à débusquer des objets cachés et vous faire perdre du temps en switchant d'arme), et en occultant le mode optionnel Commando jouable en coopératif. Les monstres ont beau ne pas être réactifs, ils savent se planquer dans les recoins, et certains ont même des choses à vous balancer dessus. Mais ce sont les boss, assez « abusés », qui vous donneront le plus de fil à retordre, soit très durs, soit trop résistants : les affrontements s'étirent en longueur pour pas grand-chose.


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Revelations
mérite en tout cas une très bonne note sur le plan artistique. Déjà, parce que le jeu est beau, c'est indéniable. Même les environnements austères, comme les couloirs du bateau, gagnent en beauté par les jeux de lumière assurés par les capacités techniques de la console. En soit, c'est actuellement le jeu qui a le plus de choses à montrer en termes techniques, devenant aussi le benchmark de référence de la console. Oui, elle peut faire des choses tout à fait convenables, en voici la preuve ! La multiplicité des intrigues parallèles permet également de varier les environnements, nous amenant tout à tour dans la neige, sur un paquebot, dans une cité futuriste, et même dans des pièces faisant furieusement penser au bien connu manoir Spencer. De plus, constat habituel, si la 3D n'est ici qu'un gadget n'offrant que peu d'intérêt ludique, celle-ci se montre aussi réussie que sur les autres titres 3DS et même un peu au-delà puisque le jeu propose d'augmenter la profondeur via le menu. Attention les yeux néanmoins. Quant à l'écran tactile, c'est du tout bon : un coup de pouce pour changer d'arme ou accéder au menu, et une mini-carte utile sans être parfaite (on se demande d'ailleurs pourquoi notre point de position et d'orientation a toujours un train de retard sur la réalité).

Capcom frappe un grand coup : son Resident Evil Revelations est certainement le titre majeur de la 3DS en ce début d'année, étonnamment joli à regarder, particulièrement agréable à jouer et à suivre. La maniabilité gagne un peu en souplesse même si elle reste encore perfectible, et il faudra attendre de pouvoir essayer le pad circulaire pour pleinement l'apprécier à sa juste valeur (bien, moins bien, la question reste ouverte). La teneur des révélations et la trame générale ne vous fera pas sauter un plomb, mais qu'importe, la progression est agréable malgré une difficulté un cran au-dessus des habitudes.


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A propos de l'auteur

11 commentaires

  • Canette Ultra

    15/12/2011 à 11h59

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    Chic de la survie ^^ http://jeux-video.krinein.com/capcom-fi ... 17880.html

  • OuRs256

    30/01/2012 à 16h02

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    Mm, j'ai jamais été plus fan que ça des RE mais bon, la démo m'avait bien plu donc à essayer http://jeux-video.krinein.com/resident- ... 18097.html

  • molquo

    30/01/2012 à 17h40

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    Heureux possesseur, de RER et du pad circulaire pro (quisentquandmêmeunpeularnaque) je vais juste donner mon avis.

    Incroyable mais il y a un réel intérêt à jouer avec le pad. La jouabilité est bien meilleure, l'ajout de deux gâchettes et du joystick permet de retrouver un aspect console de salon très agréable.
    Pour avoir tenté de jouer sans, je ne relance jamais RER sans le pad.
    Évidemment cet accessoire sans un peu l'arnaque, puisqu'il a tout l'air d'avoir été prévu dès le début mais bon ... là n'est pas la question !

  • cubik

    30/01/2012 à 20h02

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    c'est bien pour ça que j'attendrai qu'ils l'intègrent avant de considérer l'achat d'une 3ds

  • Plax

    30/01/2012 à 23h29

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    Bon avis molquo, c'est cool que cet accessoire soit au moins utile pour un jeu. Esperons que d'autre titre sauront en tirer profit !

  • molquo

    18/02/2012 à 14h15

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    En fait, pour resident evil l'accessoire est indispensable. Il le sera sûrement pour n'importe quel jeu compatible. Évidemment on va plus jouer dans son canapé que dans le métro, cela un peu l'utilisation vu le volume du pad.
    Ce qui est frustrant c'est que ce sera intégré à la prochaine version de la 3DS, et finalement en tant que possesseur de la 1ère version, on se sent un peu pris pour des idiots !!http://jeux-video.krinein.com/-23071/re ... 18185.html

  • Guillaume

    18/02/2012 à 14h58

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    Le résultat est visuellement assez naze

  • Nicolas

    18/02/2012 à 15h42

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    C'est pas que c'est moche, c'est que ça devient aussi volumineux qu'une grosse manette pour console de salon avec un écran décentré :/ L'accessoire est pas indispensable pour finir RE (je l'ai fait sans), mais c'est un confort de jeu inestimable...

  • Islara

    18/02/2012 à 22h06

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    Mdr, j'ai tjs dit que ce machin ne servait à rien.

    Heureusement, je n'ai pas encore commencé Resident Evil, vu que j'ai pas mal d'autres jeux sur le feu (qui n'ont nullement besoin du pad). Donc merci Nicolas, je sais que je dois attendre la prochaine 3DS pour y jouer.

  • Guillaume

    18/02/2012 à 23h46

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    Vas dire ça aux gamers sur x360 et ps3

  • gyzmo

    19/02/2012 à 09h54

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    Ceux qui ont testé Meta Gear Solid Peace Walker avec un seul stick (sur PSP), puis avec un second (avec une manette X360 ou PS3) pourraient très bien expliquer que dans certains jeux, c'est pratique pour une meilleure maniabilité (ça permet d'être plus précis pour viser un ennemi, d'avoir un meilleur confort pour se servir de la caméra, d'être 2x plus réactif...).

    L'accessoire est clairement moche et imposant. Mais il ne me semble pas du tout gadget. Il est avant tout destiné aux gamers de jeux qui ont un gameplay plus complexe que ce que propose généralement le catalogue Nintendo. Sur des softs comme Snake Eater 3D, Kid Icarus ou Monster Hunter Tri , le mastodonte va s’avérer juste indispensable pour ne pas s'arracher les cheveux de la tête. Mais bon... Nintendo aurait pu y penser avant. Sony aura une longueur d'avance avec sa Vita à ce niveau d'ici la sortie d'une version 3DS Lite afin complète.

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