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Resident Evil Revelations 2 - Test PC

La nouvelle édition d'un "Revelations" est une réussite par l'amélioration des atouts du premier opus. Un certain retour à l'essence de la série est également bienvenue. Néanmoins, on regrette le cafouillage sur les fins alternatives.

Resident Evil (Biohazard chez les Japonais et anglophones), est une série qui n'en finit pas et ne finira probablement pas de si tôt. Après avoir créé en 2012 un nouveau style d'opus, les "Revelations", sorti exclusivement sur 3DS puis sur Wii U et autres supports un peu plus tard, Capcom réitère. C'est que Resident Evil Revelations était plutôt bien réussi avec sa mise en scène façon série, ses personnages en duo et son scénario bien ficelé où l'on retrouvait, entre autres, Chris Redfield et Jill Valentine.

Mais si Capcom renouvelle, l'éditeur-développeur va plus loin en approfondissant les ingrédients de base tout en revenant plus aux sources de l'essence de la série, tant aimée par ses fans : la dimension recherche et l'ambiance anxiogène.


Des duos où la partenaire est utile et peut être jouée.

L'archétype des Revelations : une série en épisodes avec des personnages en duo

Ce qui avait marqué le premier opus, c'étaient ses petites vidéos intégrées aux phases de jeu, ponctuant régulièrement la narration, avec en prime une voix off annonçant régulièrement, comme à la télé : "Précédemment, dans Resident Evil Revelations". Enfonçant le clou, dans ce deuxième volet, à l'instar du jeu The Walking Dead, Capcom divise carrément le jeu en quatre épisodes. 

Intérêt pour les joueurs ? D'une part, un suspense accentué. A la fin de chaque épisode, il y a un coup de théâtre plus ou moins intense qui crée ce sentiment d'envie assez délicieux. D'autre part, une immersion un peu plus présente via un scénario que l'on est bien obligé de travailler, tant sur la qualité de la narration, que la mise en scène, les dialogues et personnages. Il fut une époque où les jeux avaient de bons scénarios sans qu'il soit besoin de les diviser en épisodes. Cependant, quand il y a ce type de découpage, ça donne une assurance supplémentaire. Donc, nous soutenons sans hésitation cette façon de faire. Néanmoins, notez quand même que RE Revelations 2 n'en reste pas moins un jeu vidéo à part entière. Il ne devient pas d'essence hybride comme The Walking Dead (ce qui n'était pas un mal de toute façon).  


Attaques physiques aux mécanismes travaillés, parfois indispensables.

Autre caractéristique du premier opus : le/la partenaire. On est bien d'accord, il ne servait pas à grand chose dans le mode histoire du 1 (il n'était utile qu'en mode multi). Ici, non seulement, il/elle tape et tape bien, ou aveugle avec la lampe, mais surtout on peut l'incarner en utilisant des habiletés spéciales. Les duo sont Claire/Moira et Barry/Natalia (une petite fille). Les habiletés, outre ajouter un peu de variété, ont surtout l'avantage de faire économiser des munitions, en mettant l'accent sur les attaques physiques. Clairement, sur ce point, il y a ainsi du vrai bon boulot des développeurs. On est ainsi obligé de prendre la peine de s'y mettre, et de s'approprier ces drôles de combinaisons. Exemple : prendre Moira, aveugler avec une lampe, faire une attaque physique avec Claire, achever avec Moira de nouveau. Je vous laisse imaginer ce que ça donne au clavier, ou à la manette. C'est ainsi à la fois exigeant et savoureux, c'est tout l'équilibre à trouver dans les jeux vidéo. 

Bref, sur les deux caractéristiques qui démarquaient ce type d'opus, on a du bon travail et de l'amélioration qui donnent de bons moments aux joueurs. Et en prime, ce deuxième volet consacre ce qui pourra être plus tard l'essence des Revelations. À moins que cela n'inspire un futur épisode 7...

Un retour aux sources où s'ajoute la richesse des modes

Probablement à la demande des fans et suite à la déception que constitua l'épisode 6, Capcom en a profité pour revenir aux sources. En tout cas, c'est la sensation qu'on a avec RE Revelations 2. Outre, comme dit plus haut, un très bon scénario, s'enchaînent de nombreuses phases d'exploration et, de temps à autres, des petites énigmes. Ce genre d'énigme était totalement absent dans le premier volet. Les phases de fusillades n'en existent pas moins pour autant, mais on sent qu'elles sont surtout là pour tétaniser après un moment de tranquillité. Ce n'est pas shooter pour shooter comme dans un FPS/TPS. C'est du "je te laisse mariner pour mieux te faire sursauter, mieux te faire peur et mieux te faire angoisser". Ca ne marche pas tout le temps pour les joueurs aguerris que nous sommes, mais ça marche quand même parfois sacrément bien. La première fois que j'ai entendu le bruit de la perceuse, la température est montée malgré moi (et pourtant, ce n'était qu'une perceuse et pas une tronçonneuse). Bref, à la différence du 1, l'ambiance et l'alternance sont mieux travaillés. La variété des ennemis est aussi largement plus au rendez-vous (zombies humanoïdes, monstres informes avec cisailles, insectes géants invisibles, têtes à bulbe explosif, cochons sauvages, araignées + des beaux boss). Et puis retrouver les médaillons bleus à dénicher puis dézinguer, c'était une belle surprise que j'ai largement appréciée, d'autant qu'il faut aussi chercher des dessins cachés et des bestioles. Ces deux dernières choses à chercher sont d'autant plus intéressantes qu'elles obligent à avancer avec soit Moria, soit Natalia, et donc à bien maîtriser leurs capacités spéciales. Bien vu ! 


Surprise !

Par ailleurs, on a droit à sacrément plus de modes. En plus de la campagne, vous débloquerez un mode chrono et invisible, ce dernier consistant à ne voir aucun ennemi. Rude. Bien que ce dernier ne soit pas forcément, en ce qui me concerne, le plus attrayant, ma préférence allant au mode chrono, il faut avouer que l'idée est assez audacieuse. Les plus anxiophiles devraient apprécier. Quant au mode commando, il ravira les accros à l'action car il y aura des paquets de monstres à éliminer et pas toujours avec grand chose en armes. Vous pourrez essayer plein de persos différents en prime. Enfin, je ne parle pas des multiples défis, médailles et succès. Cela fait presque trop. Mais il n'y en a jamais assez quand on est hard core gameur-euse. je me suis bien amusée à tout réussir en rang S dans The Mercenaries...

Côtés commande et maniabilité, sur ordinateur, vous apprécierez la fluidité des actions et la précision de la souris. L'esquive et le changement de personnage sont largement accessibles. Maîtriser les habiletés n'est donc pas insurmontable. On savoure également la possibilité de pouvoir courir en tirant, même si ça reste encore un peu sclérosé. Mais bon, comme je le disais, on n'est pas exactement dans du FPS/TPS avec Resident Evil. Que les inconditionnels de l'archaïque manette soient quant à eux rassurés, on peut en brancher une sur le PC, le jeu a été conçu pour la reconnaître.

Commentaire des épisodes

Episode 1 - La colonie pénitentiaire : Excellent départ pour le jeu. Il tape fort par le soin apporté à l'ambiance glauque, sombre et oppressante, l'accent mis sur plus d'exploration-recherche, avec une dose de réflexion, les belles vidéos parfaitement intégrées dans le jeu et le choc du coup de théâtre final. Le rythme est bon, l'action régulière mais loin d'être omni-présente, ce qui renoue avec l'essence de Resident Evil

Episode 2 - Regard : Après le group coup de théâtre de fin de l'épisode 1, cet épisode poursuit sur un très bon rythme dans la partie Claire/Moira. Laissant cette fois plus de place à l'action et quelques bonnes scènes de fusillades qui ne sont pas sans rappeler une certaine scène dans le village de Resident Evil 4, on savoure. Cependant, il y a un véritable essoufflement dans la partie Barry/Natalia, où il ne se passe pas grand chose : ni action, ni recherche suffisamment prenante.

Episode 3 - Le Verdict : Alternance bienvenue, on repart avec Claire et Moira sur une vraie partie recherche/réflexion, au point que certains se sont vu bloqués (ce ne fut pas mon cas, ni je pense celui de tous les afficionados de recherche-réflexion-exploration). Attendez-vous aussi à quelques morts bêtes pour pouvoir comprendre certains passages.  Pour autant, une belle scène d'action chronométrée ponctue, pour mieux la relever, cette partie plus calme. Ambiance plus que sanglante et glauque au menu. Côté Barry/Natalia, un peu plus d'action et de recherches relèvent cette partie par rapport à l'épisode 2, mais moins prenante que le duo Claire/Moira.

Episode 4 - La Métamorphose : Le moins bon de tous. Liquidé en 20 minutes avec le duo Claire/Moira, c'est finalement avec Barry et Natalia qu'il est un peu plus intéressant. Il dispose de petites énigmes et une phase dans le gaz qui fait penser à la phase aquatique du 1. La conclusion finale est heureusement très bien menée bien que pas si surprenante vu la fin du 3ème épisode. Sauf que...


Un peu de stratégie aussi.

La boulette : erreur de manipulation sur les fins alternatives

Sauf que, sans que vous ne le sachiez (à moins d'avoir été voir des solutions), figurez-vous qu'il y a deux fins dans le jeu. Une joyeuse et une moins joyeuse. Vous n'aurez accès à ces fins que selon une condition particulière de la fin de l'épisode 3 qui n'a strictement aucune logique.

Pire encore, pour pouvoir accéder à l'autre fin, quelle que soit celle que vous ayez obtenue au gré d'un stupide hasard, vous êtes obligé de vous repayer la partie Barry de l'épisode 3 plus tout l'épisode 4 ! C'est long, bien trop long et frustrant.

Les scénarios et fins alternatifs sont des mécanismes qui ne s'improvisent pas. Tous les jeux qui y ont touché ont inclus des procédés qui permettent de savourer à bon escient l'alternance. Soit il y a des sauvegardes multiples, auquel cas il suffit de revenir à sa dernière sauvegarde (cf Myst), soit il y a carrément une arborescence et on revient où on veut dans le jeu (cf Zero Escape, le jeu ultime en matière de scénario alternatif), soit on peut reprendre l'histoire dans des parties de chapitres qui sont découpés en sous-chapitres (cf The Walking Dead qui met aussi les sauvegardes multiples).

Ici, quedal, colchique, nada. Merci Capcom. Gâcher de cette façon la fin d'un jeu, il fallait quand même y penser. - 1,5 point et je suis sympa.

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