7/10

Resistance 3 - Test

Désolé, mais la seconde phrase qui suit est un pur spoil pour ceux qui n'ont pas fait les deux premiers épisodes, alors il est toujours temps pour ceux que ça concerne de rebrousser chemin...

Toujours là ? Bon, ça veut logiquement dire que vous avez joué à Resistance 1 et 2, alors plus de raisons de se brider, allons-y franco !


Les Chimères à Paris, lors de l'European Tour
Comme vous le savez donc déjà Nathan Hale, le personnage que l'on incarnait dans les deux premiers opus, n'est plus, la meilleure part de lui-même ayant finalement succombé au virus qui l'a transformé en Chimère.
Et, ironie du sort, c'est celui qui a mis fin à ses souffrances que l'on incarne dans ce troisième volet, Joe Capelli, faisant maintenant partie des rares survivants d'une planète Terre que les Chimères ont éradiqué ou convertie à plus de 90%. Déjà donc que les choses ne se présentaient pas sous le meilleur jour pour Joe et les rares survivants avec lesquels il se terrait dans le précaire refuge d'Haven dans l'Oklahoma, mais comme les emmerdes volent toujours par paquet de douze, voilà qu'il apprend que les Chimères ont ouvert en plein New York un « trou de vers » dans l'espace-temps, et que celui-ci est en contact direct avec le vide intersidéral, et que par conséquent, lentement mais sûrement, notre bonne vieille planète bleue est en train de faire face à un refroidissement généralisé, et inéluctable. Tout d'abord réticent à se bouger les miches parce-qu'il préférerait être au côté des siens, et en particulier de son fils malade, Joe va finalement se mettre en route direction La Grande Pomme, pour tenter dans un dernier élan de bravoure de sauver la Terre. Ainsi commence un long périple à travers une Amérique en ruines et peuplée de survivants qu'il ne fait pas toujours bon approcher de trop près...


Heureusement, Joe a du fly-tox !
Soyons direct, la grande force de la série a toujours été de proposer un contexte d'historique alternative crédible (au niveau S.F), en plus d'être doté d'un arsenal particulièrement complet et inventif afin de faire face à des vagues d'assaut ennemies particulièrement denses. Eh bien non seulement ce n'est pas cet ultime volet qui viendra démolir cet excellent concept, mais Resistance 3 se permet en plus de faire évoluer l'ambiance de la série vers une direction particulièrement intéressante : celle de la fin d'un monde. En effet, et comme indiqué plus haut, l'espèce humaine ne représente quasiment plus rien, si ce n'est beaucoup de tarés retournés à l'état sauvage et de « fous de dieu » bien azimuthés, et c'est là une des grandes forces du titre : la cohérence de la structure narrative mise en place depuis le premier épisode, et son fatalisme jusqu'au-boutiste qui se ressent dans la moindre parcelle des divers décors d'un monde fini qui trimballe encore tristement les marques d'un passé où il faisait bon vivre.
Je n'irai pas plus loin sur le sujet, pour justement ne pas spoiler les détails de l'excellente ambiance de peur, de désolation et de tristesse qui sont le théâtre de cet univers où seule compte la survie.

Par contre j'en profiterai pour switcher habilement (hop cascade, comme dirait Bébel) sur la question du jeu en tant que FPS, et donc des armes et de ce qu'il y a à mettre devant.

La nuit, toutes les Chimères sont gris...
Pas de déception à craindre à ce niveau là, Resistance 3 est une vraie fête pour ce qui est de causer arsenal. Non seulement on trouve toujours des pétoires à foison, mais en plus ils se sont bien creusé la tête chez Insomniac pour nous proposer des gadgets vraiment efficaces, d'autant plus que l'on peut à nouveau, et au mépris de tout réalisme, embarquer toutes les pétoires trouvées dans son sac à dos – ce qui est bien pratique car dans certaines zones les munitions peuvent être rares, et on sera donc content de pouvoir parfois se rabattre sur un choix varié. Outre les classiques de la série, comme le peupon, le bullseye, l'auger et j'en passe, certaines nouvelles armes font leur apparition et elles ne sont vraiment pas dénuées d'intérêt (le canon à virus, qui crache la mort biologique - effets peu ragoûtants garantis - ou un gun qui permet de cryogéniser l'ennemi avant de lui filer un bon coup de crosse pour répandre l'affreux en une belle pile de glaçons pour l'apéro). Et comme pour les précédents opus chaque arme dispose d'un tir secondaire aux effets divers et variés et toujours utiles (le marksman, par exemple, envoie des petites tourelles automatiques qui distribuent de la soupe aux pruneaux à tout ce qui passe à portée). Par contre il y a une nouveauté assez bien pensée, c'est que chaque soufflant évolue au fur et à mesure que l'on s'en sert et s'upgrade pour devenir encore plus efficace (le pompe par exemple crache des cartouches incendiaires au deuxième stade de son évolution).


Une Amérique en décomposition
Nathan Hale n'étant plus et Joe n'ayant pas son ADN mixé avec celui d'une Chimère, Resistance 3 revient à la bonne vieille méthode du pack de soin à ramasser pour récupérer de la vie. Eh oui, à la différence de la quasi-totalité des FPS d'aujourd'hui, il faut ici espérer trouver rapidement une cellule de régénération quand la situation devient critique, et comme il n'y en a pas forcément partout, ça crée un bon stress en cours de partie et oblige le joueur à faire attention à sa tactique de défense. Non pas d'ailleurs que les différentes Chimères, militaires ou sauvages, brillent par leur IA, mais encore une fois elles attaquent souvent en masse et rapidement et peuvent vite faire baisser dangereusement la barre de santé, tout comme les boss qui ne sont vraiment pas jouasses de vous trouver sur leur chemin et qui vous le font bien sentir !

Beaucoup de nos confrères insistent sur le fait que Joe n'a pas le charisme de Nathan, mais franchement j'ai personnellement toujours été un peu sceptique sur la notion de charisme pour ce qui est d'un perso de jeu de tir en vue subjective, donc certes ce n'est pas la même classe, mais le père Capelli ne s'en sort malgré tout pas si mal.


Il n'a peut-être pas la vista de Hale, mais Joe est
un bon gars !
Pour ce qui est des graphismes de Resistance 3 par contre, on est loin d'avoir à faire à une merveille du genre. Oh il n'est pas laid, loin de là, et l'esthétique très soignée du level-design renforce bien l'atmosphère de déréliction du titre, mais le moteur commence à prendre un sérieux coup de vieux et fait beaucoup moins forte impression qu'à l'époque des deux premiers Resistance (si par contre vous avez un téléviseur 3D, c'est un vrai plus). Heureusement donc que l'ambiance est soignée, notamment grâce à une bande son qui soutient parfaitement l'action.

Quelques petits bémols donc, qui empêchent cet ultime épisode de devenir méga-hit, mais qui ne plombe pas non plus irrémédiablement la dizaine d'heures nécessaires pour boucler l'aventure, parce-que le principal - à savoir que l'on défouraille toujours aussi sec dans un univers de S.F uchronique qui tient la route - est bien là et qu'on ne s'y emmerde pas.


Les Chimères ne manquent pas d'imagination pour
ce qui est de créer des joujoux amusants
Et puis, FPS oblige, le multi fait bien entendu son retour. Malgré la possibilité de jouer l'aventure en co-op (online ou en split-screen) il reste assez classique dans les modes qu'il propose (deathmatch, team deathmatch, capture the flag, king of the hill etc...), il ramène par contre le nombre de participants maximum à 16 (contre 32 dans les précédents), ceci sans doute pour que les affrontements soient moins bordéliques. Et, pas forcément original mais ça a le mérite de fonctionner, il emprunte au multi de Call of le système de killstreak, avec bonus à la clé quand on collectionne les frags sans se faire allumer. Par contre il est à noter que pour jouer en ligne il faut s'enregistrer avec un code fourni avec le jeu. Ce qui veut donc dire que si vous comptez vous le procurer d'okaz, il vous faudra rouvrir votre porte-monnaie pour pouvoir aller affronter le reste de la planète.

Resistance 3 clôture donc la série de façon agréable, mais hélas pas inoubliable et c'est un peu dommage. Cependant il respecte son cahier des charges côté ambiance prenante alliée à une action pure et survoltée, et offre son quota de beaux moments de jeu. Et ça c'est déjà bien, parce-que c'est surtout ce qu'on lui demande.

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • Plax

    27/06/2011 à 15h57

    Répondre

    Mouais...je suis pas hyper convaincu par la vidéo...http://jeux-video.krinein.com/resis ... 16469.html

  • Canette Ultra

    27/06/2011 à 16h11

    Répondre

    Je n'ai jamais été vraiment convaincu par Resistance.
    Le multi du 2 était un peu au dessus de la mélée mais dans l'ensemble, ce n'est pas une saga qui me parle.

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