8.5/10

Rooms : The Main Building - Test

Un jeu de puzzle résolument innovant et original, à la fois par son atmosphère très immersive et par son travail d'approfondissement hyper créatif du concept du taquin. Avec une difficulté à la carte selon les envies et capacités du joueur, Rooms : The Main Building est un magnifique galop d'essai pour le petit studio HandMade Game et qui ne demande qu'une chose : une suite avec un mode wi-fi. Allergiques aux casse-têtes s'abstenir.

Si un seul mot devait résumer Rooms : The Main Building, ce mot serait mystère. Un personnage principal au nom inconnu (Mr X), un guide étrange dénommé par sa seule fonction (un livre appelé Mr Book), un objectif sans grande précision (trouver des morceaux de puzzle), un scénario étrange à la limite de l'absurde (à l'instar de l'histoire du film Cube, on chasse la question « pourquoi » pour se concentrer sur la question « comment »), des dialogues limités, une avancée à tâtons, une musique aux tonalités légèrement macabres, un univers sombre et un tantinet oppressant, tels sont les accents permanents de mystère qui baignent le joueur qui a l'audace d'entrer dans l'univers Rooms.


Cette atmosphère très immersive engendrée par les aspects de forme et de fond du jeu, à elle seule, s'avère être le premier grand mérite de Rooms. Sur la petite DS, dans le genre casse-tête/réflexion, l'univers et l'ambiance sont bien souvent le talon d'Achille. A l'exception de la série des Pr Layton et de Météos, aucun jeu de puzzle/réflexion n'avait autant travaillé la forme. Alors que l'on a souvent droit à un graphisme multicolore et quelques musiques électro répétitives, ici les choses sont d'un autre niveau ce qui est très appréciable.

De nouveaux outils, petit à petit
De nouveaux outils, petit à petit
Deuxième grand mérite de Rooms : The Main Building : avoir su se faire une place à part entière dans les jeux de puzzle, à l'heure pourtant où ce genre se développe à grande vitesse en particulier sur la console Nintendo et le DSi Ware. Quand un genre devient à la mode, en général, le moyen voire le médiocre fait rapidement surface. Autant dire que Rooms : The Main Building ne tombe pas dans le piège et surprend au contraire par son immense créativité : le simple et bête jeu de taquin est fouillé, développé, approfondi et exploré par une multitudes de trouvailles à la fois ludiques et géniales. Les potentialités de ces « extensions » du taquin paraissent même inquiétantes quand on commence à bien avancer dans le jeu, et c'est avec soulagement pour nos neurones que l'on constate que les développeurs n'ont finalement pas poussé le bouchon trop loin.

Tout faire en or, pas si simple
Tout faire en or, pas si simple
Et c'est justement le dernier grand mérite de Rooms : avoir subtilement dosé la difficulté par un système d'ajout périodique de nouveaux objets et avoir ainsi évité l'écueil de la lassitude. Toutes ces trouvailles qui viennent agrémenter et améliorer notre bon vieux jeu de taquin sont en effet progressivement distillées. On commence à comprendre le système ? On a résolu 7-8 puzzles ? Alors on passe à la suite, un nouvel accessoire s'ajoute à la liste et vient enrichir notre petit passe-temps. Et ce n'est pas moins de 8 nouveaux outils qui sont ainsi progressivement ajoutés, ce qui fait frémir quand on entr'aperçoit les multiples combinaisons potentielles. Autre ingrédient de bon dosage : l'existence d'un système de difficulté à la carte. Si le jeu paraît trop facile, pas de problème, il suffit de s'atteler à réussir chaque puzzle avec le niveau « or » et pas seulement « argent ». Concrètement, en plus de sortir du labyrinthe, il faut aussi replacer toutes les pièces au bon endroit pour former un joli tableau en arrière-plan. Et si cela est aussi trop facile, pour les plus doués d'entre nous, pas de problèmes, il y a les modes chronométrés et déplacements limités. Et si cela est encore trop facile, il reste le mode ultime : la création. Car oui, une fois que l'on commence à bien maîtriser le jeu, Rooms nous offre généreusement la possibilité d'inventer nos propres labyrinthes et là, on se rend compte à quel point les développeurs n'ont pas manqué de génie. Et, il n'est en outre pas mauvais que, de temps en temps, le joueur souvent ingrat et critique se mette à la place du créateur et prenne un peu la mesure, en toute humilité, de la difficulté de ce travail. On peut ensuite échanger nos maigres créations avec d'autres personnes, mais malheureusement, pas en wi-fi ce qui est très dommage car le génie est partout et se cache parfois aux endroits les plus inattendus. Mais l'on imagine que ce n'est que partie remise et que cette édition, qui était initialement prévue sur PC, aura des petites soeurs.

Un univers sombre
Un univers sombre
Au final, c'est sur 5 demeures que l'on (dés)enchaîne tous ces labyrinthes, le tout à raison de 20 puzzles par demeure, chaque demeure se déclinant sous fond d'une grande cité plus ou moins facile à reconnaître (entre autres : Londres, New-York et Paris), avec au milieu de tout cela un très sympathique clin d'œil à l'univers MatriX. Il y a donc de quoi faire et c'est environ en 20H que l'on peut estimer faire un bon tour de Rooms et remporter tous ses trophées, ce qui est bien sûr sans compter le mode création. Il faudra cependant être un véritable amateur du genre pour se laisser séduire par ce petit bijou du studio HandMade Game, car le scénario n'est qu'assez rudimentaire et ne sert pour beaucoup qu'à déguiser un tutorial, ce qui est néanmoins très habile et plus agréable qu'un insipide menu séparé. Les moins mordus finiront plus vite et se contenteront d'un survol plus court mais néanmoins agréable.

Peu d'informations ont filtré sur HandMade Game, ce tout jeune studio indépendant. A la lecture des noms, dans les crédits, résonnent des accents coréens. On ne peut alors, vu l'inimitié séculaire entre Corée et Japon, que louer encore plus le fructueux résultat de cette collaboration entre les Coréens d'HandMade Game avec les Japonais d'Hudson Soft : un jeu qui sera peut-être le point de départ d'une série mythique.

 

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