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Runaway 3 : A Twist of Fate - Test

To be continued... nous avait annoncé le second opus de Runaway, coupant en plein vol une intrigue bien prometteuse. Le The End de Twist of Fate, quant à lui, aura-t-il eu le temps de répondre à nos attentes ?

Coupée en plein vol, l'intrigue incomplète de The Dream of the Turtle avait laissé un grand nombre de joueurs sur la faim. Avec Twist of Fate, les développeurs du studio espagnol Pendulo ont enfin mis un terme à ce qui aurait pu être un second opus complet de la franchise Runaway. Car pris tel quel – dans toute sa splendeur rachitique, ce « troisième » volet ne tiendra en haleine qu'une poignée d'heure quiconque espérait se retrouver devant un jeu un tant soit peu fleuve, pourvu du grain de folie qui faisait toute la différence et mobilisant les neurones du joueur.



Qu'il s'agisse de son visuel travaillé, des nombreux easter eggs à débusquer, de ses répliques barrées, des situations rocambolesques  ou de son casting de guest-stars étonnantes, Twist of Fate demeure dans la lignée de ses prédécesseurs : un produit ravissant à zyeuter, agréable aux oreilles, chatouilleur de zygomatiques. Le jeu parvient à surpasser par endroits ses compères grâce à une construction sans temps-morts, à coup de flash-back et regards croisés suivant le contrôle de différents protagonistes. La qualité de la mise en scène et les pirouettes astucieuses reprenant le fil de l'aventure antérieure expliquent en partie l'attente (de trois ans) qui sépare cet opus du rêve de la tortue. De ce côté-là de la frontière, difficile de tirer la gueule : c'est fun, drôle, bien écrit et rythmé.  Inutile donc de s'étendre sur les mêmes points forts déjà mis en lumière par la chronique de Runaway 2. Par contre, l'occasion nous est donnée ici de pointer du doigt le laisser-aller flagrant du Studio Pendulo pour cette pseudo séquelle. Sans complexe, fier de l'énorme poil dans la main de ses développeurs qui restent sur leurs acquis sans prendre aucun risque, le Twist déboule effectivement avec son lot de Fatalités. En ligne de front : un scénario aux prémisses intrigantes (la mort de Basco) et sans lien apparent avec To be continued... de Dream of the Turtle, qui fonce droit sur l'autoroute de la facilité – la sacro-sainte astuce de l'amnésie pour scénaristes dépourvus d'inspiration, et termine sa course dans le mur de l'insipide. Et ce, malgré ses diverses et laborieuses tentatives de recoller aux basques d'une épopée initiale et prometteuse dont on attendait forcément beaucoup. Trop, sans doute.  A cela s'ajoute l'inégalité des six chapitres qui, lorsqu'ils ne sont pas recyclés (l'Asile), manquent cruellement de consistance (le camp militaire). Dans ce contexte particulièrement déséquilibré et expéditif, seul reste le challenge maigrelet des énigmes – pour peu que l'on puisse qualifier d'« énigme » le fait de combiner des objets facilement trouvables avec les endroits évidents du décor. Ces phases interactives à l'enjeu enfantin sont d'autre part secondées par un système d'aides rigolo, soit, mais à l'utilité tout de même vaine. Cerise sur ce gâteau farci de glucose, l'utilisation d'un raccourci clavier révèle les zones scriptées de chaque tableau… Dans le genre « jeu d'aventure spécialement pensé pour le Q.I. d'un moineau », on ne fait pas mieux.

Ce manque de profondeur et de challenge influence forcément la ligne de vie ridiculement courte de Twist of Fate : une demi-douzaine d'heure pour boucler l'affaire. Alors oui ! autant de temps, nous diront certains, pour un joli film d'animation interactif, c'est amplement suffisant ! Mais ces mêmes six heures-là, pour un point'n click d'une trempe telle que Runaway, c'est tout simplement décevant.

 

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1 commentaires

  • hiddenplace

    27/01/2010 à 00h05

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    Pas facile de voter, j'hésitais entre bof et bien, parce que je suis quand même déçue... Pour toutes les raisons citées par Gyz, mais aussi parce qu'avec un tel potentiel, notamment graphique (c'est magnifique d'un bout à l'autre... pas cool par contre effectivement qu'il y ait du réchauffé de lieu et donc de décor d'un chapitre à l'autre... voire d'un opus à l'autre !!!), quel dommage de ne pas avoir réussi à faire un vrai point'n'click à la hauteur du genre.


    Pas aussi barré qu'un Guybrush de Monkey Island, Brian  fait quand même preuve d'un esprit souvent décalé, qu'on retrouve dans certaines (rares) intéractions avec les objets. Mais globalement on a l'impression de n'avoir pas grand chose à se mettre sous la dent niveau réflexion, tout est mâché et scripté, sans grand challenge... et ne dure pas bien longtemps.


    Donc oui, je confirme : un petit film intéractif. Qui aurait pu être un *vrai* film, qui pour le coup aurait été bien sympathique, et sûrement moins décevant : graphisme, doublage, ambiance sonore et musique sont quand même vraiment soignés... tout ça pour ça ? 


     

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