8/10

Runaway - The Dream of The Turtle - Test

Une adaptation très méritoire, pleine d'excellentes surprises même si quelques imperfections techniques viennent un peu la gâcher.

Runaway mérite une attention particulière car il est un pionnier à plus d'un titre sur la console portable de Nintendo. Et force est d'admettre que le résultat est loin d'être décevant.

Runaway s'il n'est pas le premier jeu de recherche ou d'enquête sur DS, est en tout cas le 1er jeu « point and click » sorti sur cette console, à peu de chose près avant Myst. En effet, ni Hotel Dusk, ni Phoenix Wright (1 ou 2), ni Mystery Detective, ni Another Code n'appartenaient vraiment à cette catégorie. Il se joue à 99,99 % au stylet et est l'adaptation du fameux et presque éponyme Runaway 2 sorti sur PC en novembre 2006.

Compte-tenu des fonctionnalités proposées par la console portable Nintendo et de son écran tactile, l'on peut s'étonner qu'il ait fallu attendre presque 2 ans pour voir naître sur le marché ce type de jeux qui pullulent pourtant sur PC. C'est que l'adaptation technique d'un jeu pour ordinateur vers la petite DS et sa minuscule cartouche n'était pas si simple et bien des développeurs ont probablement dû reculer devant la difficulté de la tâche. C'est pourquoi on loue les Cyanide Studios ne serait-ce que d'avoir effectué cette complexe besogne et, par un magnifique tour de force, de nous offrir Runaway, The Dream of the Turtle.

Des vidéos...
Des vidéos...
Malgré le peu de place qui existe sur une cartouche de jeu DS, ils ont réussi à transposer tous les graphismes et nombreuses vidéos du jeu PC. Le résultat est vraiment étonnant et un joueur DS aguerri sera même très enthousiasmé par une telle qualité à laquelle il n'est pas habitué : les graphismes sont tous plus ou moins fixes dans les autres jeux d'enquêtes traditionnelles alors que, dans Runaway, le personnage marche, bouge, grimpe, boit, saute et va jusqu'à remuer les lèvres quand il parle. On a même droit à tout une palette extrêmement détaillée et variée de sons, allant du digicode, au crissement des pas dans le sable, différent de celui des pas sur le béton, en passant par le crépitement du feu dans la cheminée, le grognement d'un ours, le vent dans les arbres, le bruissement des pages qui se tournent... Oui, un habitué de la DS sera réellement envoûté par cette ambiance de sons, de vidéos et d'animations jamais vues jusqu'ici, agrémentées en prime d'excellentes musiques d'ambiance aussi variées que les décors qui nous sont offerts.

Par ailleurs, et pour pallier à la petite taille de l'écran, une fonction de zoom automatique a été mise en place pour que le joueur voit un peu mieux les détails et ne puisse pas manquer un objet indispensable à observer. Allant même plus loin, les développeurs ont créé un petit système de surbrillance des objets potentiellement utiles. On est de la sorte sûr de n'être passé à côté de rien.

Des décors variés...
Des décors variés...
En prime, même si sur ce point aucun mérite n'en revient à l'adaptation sur DS, le scénario et l'histoire proposés sont d'un excellent niveau de qualité, et si Runaway ne dépasse pas forcément tous les précédents jeux d'enquête sur ce point, il se classe sans conteste parmi les premiers de la liste, pour plusieurs raisons. Primo, il est d'une grande durée de vie (25 heures en moyenne selon que le joueur ira ou non voir la solution). Secundo, Runaway tient le joueur en haleine par des coups de théâtre à répétition auxquels on ne s'attend pas, et ce du début jusqu'à la fin, en particulier au moment du grandiose dernier chapitre. On est plus d'une fois pour le moins surpris surtout par les radicaux et inattendus changements de décors à certains chapitres. Tertio, il est d'une loufoquerie assez phénoménale, non seulement par l'histoire elle-même, mais aussi tout au long des dialogues. Les scénaristes s'en sont donnés à cœur joie et les clins d'œil à de nombreux films ou phénomènes de société sont incessants et particulièrement plaisants. Le personnage principal lui-même en prend aussi largement pour son grade et s'avère tomber parfois bien bas. Humour au premier ou second degré sont au programme pour notre plus grand plaisir, même si cela n'a rien à voir avec l'humour japonais auquel on finissait presque par s'habituer sur DS. On est même content de voir des références à la culture française ou plus largement à la culture occidentale. Enfin, le niveau de difficulté des énigmes est vraiment bon et bien dosé, ce qui est pourtant toujours le point faible de bien des jeux DS.

Néanmoins, l'honnêteté nous oblige, même si l'on aurait presque envie de nous taire, à pointer quand même quelques défauts, le premier d'entre eux étant justement sur les énigmes. Si leur niveau de difficulté est très bon, on trouve dans celles-ci quelques incohérences, heureusement rares, ou des actes dépourvues de tout sens. Que l'utilisation de l'objet A sur l'objet B ne convienne pas parce qu'il fallait utiliser l'objet B sur l'objet A a de quoi faire fulminer le joueur qui va se trouver complètement bloqué. Cette subtile distinction relève d'un pointillisme dépourvu de logique et donc totalement inutile. De même, faire de certaines actions anodines, qui n'ont pas de lien logique avec la suite, des passages obligés pour que l'histoire avance, finit aussi presque par gâcher le plaisir et induit une certaine lassitude.

Bob, arrête de faire fumer la DS !
Bob, arrête de faire fumer la DS !
Autre problème, totalement différent, mais tout aussi énervant et particulièrement surprenant : les approximations de l'écran tactile et les bugs par écran figé ! L'expérience sur bien d'autres jeux fait conclure que le défaut ne vient absolument pas de la console mais du jeu. La sélection des dialogues est parfois erronée d'un centimètre, ce qui est énorme sur l'écran d'une DS ! Il faut, pour s'en sortir et sélectionner ce que l'on veut, appuyer plus fort sur l'écran. De ce fait, une protection d'écran est à prévoir... Le plus bizarre est que, dans les scènes de jeu et de déplacement elles-mêmes, l'écran est beaucoup plus précis. Quant aux honteux et horripilants bugs, dont on se demande parfois s'ils ne vont pas nous bloquer le jeu en empêchant de finir une scène, et qui se montent quand même à une petite dizaine, on aurait préféré que les horreurs de windows ne viennent pas polluer Nintendo et on exhorte les développeurs à se montrer plus rigoureux la prochaine fois. Car la critique sera alors sans pitié aucune.

En temps normal, ces deux faiblesses majeures aurait effectivement valu bien des foudres à Runaway, mais le fait qu'il soit un pionnier dans le genre, qu'il nous offre enfin une enquête et une durée de vie dignes de ce nom sur DS que seul dépasse Phoenix Wright, et qu'il propose une telle qualité de graphisme et d'animations, nous entraîne à lui accorder toute notre indulgence et toute notre magnanimité, mais juste une fois. Que le 3ème volet soit parfait ! A bon entendeur, salut !

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