6/10

Scribblenauts Unlimited - Test

À l'instar de tous les meilleurs jeux DS, Scribblenauts se voit réédité sur 3DS. Alors qu'il pousse les limites de la créativité et du délire encore plus loin, on regrette les loupés techniques et de prise en main qui subsistent.

Scribblenauts est tout à fait le type de jeu dont seule la DS pouvait provoquer la genèse : original, incroyable, décalé, inimaginable, sauf dans l'esprit de celui ou celle qui l'a inventé. Ainsi, le 15 septembre 2009 naissait sur DS, aux Etats-Unis, (eh oui, pour une fois ce ne sont pas nos amis japonais qui ont inventé cet ovni vidéo-ludique) un jeu incroyable dénommé "Scribblenauts". Un an après, une version améliorée voyait le jour : Super Scribblenauts (car le premier opus souffrait de gros problèmes de traduction et d'un système de contrôle balbutiant). C'est donc sans surprise, et avec un plaisir certain, que nous avons vu arriver une version 3DS ; toutes les excellentes créations propres à la DS y sont passées, Scribblenauts n'allait pas faire exception. Mais reprenons un peu les principes du jeu avant de vous dire ce que vaut ce troisième opus par rapport à ses grands frères. Car, comme nous vous le disions, ce qu'il convient de faire dans Scribblenauts ne se devine pas. 

Un principe génial


Le monde à mon image.
Après une rapide introduction très atypique et pas toujours très claire (les grands-parents deviennent parents et ont 42 enfants), on apprend qu'un vilain garçon, appelé Maxwell, qui a fait une méchanceté à un vieil homme, doit sauver sa sœur Lily (enfin je crois que c'est sa sœur, quand je vous dis que ce n'est pas très clair...). En effet, la pauvre petite a hérité de la punition que le garçon aurait dû se prendre. Eh oui, la vie est injuste parfois. Bref, pour changer, un gars doit sauver une fille. Pour ce faire, le petit Maxwell doit aider les gens de par le monde en résolvant leurs petits soucis du quotidien grâce à un livre magique dans lequel tout ce qu'il écrit devient réalité. Je ne trouve plus ma brosse à dent ? Pas de souci, Maxwell écrit "brosse à dent" dans son livre et elle apparaît comme par magie ! Comme ça, les choses ont l'air très simples, sauf que comme souvent, si le concept est simple, les potentialités étant extraordinairement gigantesques, le jeu se complexifie rapidement. Quand une énorme boule à pointe bloque le passage à quelqu'un, vous allez faire quoi ? Hein ? La casser avec un marteau, non ça ne marche pas. Et quand un médecin vous dit qu'il veut un nouveau matériel ? Après avoir essayé lit, blocs, stéthoscope et autres outils des plus complexes, vous allez sécher, comme moi. Notez aussi qu'une dimension plate-forme se développe au fur et à mesure : il faudra jouer un peu sur le timing ou esquiver quelques objets dangereux. C'est tout à fait délectable par la variété que cela apporte au jeu.

Mais là n'est pas le plus génial. Ce qui est le plus intéressant, ce sont les différentes possibilités que vous offre le jeu. Pour résoudre les centaines d'énigmes que vous propose Scribblenauts Unlimited - car le terme d'énigmes est tout à fait approprié et mérité - les solutions sont multiples. Pour aller en haut d'un arbre, je peux aussi bien prendre une échelle, qu'un escabeau, que me mettre des ailes, piloter un hélicoptère, créer une montagne que j'escalade. Alors, vous prendrez un plaisir fou à mettre votre style personnel dans le jeu, à trouver LA solution qui vous correspond, et à vous dire que peut-être votre solution est unique et qu'il n'y a peut-être que vous qui avez pensé à faire comme ça. Ce plaisir rare se savoure d'autant plus qu'un sac à dos vous permet de garder vos créations les plus farfelues, plaisantes ou originales, ou celles tout simplement que vous ont fait réussir après pas mal de galères. StreetPass permet aussi de partager ses solutions avec les autres joueurs. On aurait préféré que ce soit via SpotPass car il n'y a pas beaucoup de monde qui se bouscule au portillon, mais c'est mieux que rien. On est aussi particulièrement libre dans Scribblenauts : on va dans le niveau que l'on veut quand on veut, même si on ne l'a pas terminé, et ce d'autant plus facilement qu'il suffit d'utiliser les emplacements d'une carte du monde. Et si certains lieux ne se débloquent qu'en accumulant un certain nombre d'étoiles - appelées starites - le seuil requis n'est jamais trop élevé.

L'univers graphique n'est pas en reste et colle parfaitement au style du jeu. Dans un univers 2D à l'ancienne - notez au passage que Scribblenauts est l'un des rares jeu ne proposant pas la 3D sauf dans l'intro -, on évolue façon plate-forme, au milieu de plein de couleurs et un dessin très enfantin presque kawaï ; je dis "presque" parce que, rappelez-vous, Scribblenauts n'est pas japonais. Mais ce qui est le plus envoûtant, c'est cette bande-son entraînante et dynamique, ses mélodies joyeuses et variées qui restent dans nos têtes et que nous fredonnons dans un moment de bonne humeur, bien des heures après.

On salue également avec force l'ouverture d'esprit de Scribblenauts : pour célébrer un mariage par exemple, on peut aussi bien créer un rabbin qu'un imam, un pasteur ou un prêtre, et je ne sais quoi d'autre encore. L'imam sera même parfois une femme avec un joli petit voile. Trop fort ! De même, une fois sur deux, le médecin, l'architecte, l'astronaute ou l'ingénieur sera une femme ou un black. Le monde Scribblenauts ressemble à notre planète avec toute sa diversité, sauf qu'il est juste moins arriéré et plus avancé que le nôtre. Bravo ! C'est peut-être un peu trop politiquement correct, mais ça fait chaud au coeur.

Alors pourquoi un pauvre petit 6/10 quand on aurait voulu mettre un 9/10 pour tant de créativité, de possibilité, de place donnée à l'imaginaire et à l'imagination et avec autant de lieux à explorer (40 lieux incluant environ 11 énigmes par lieu + une à trois missions spéciales soit près de 450 énigmes) ? 

Des mises au point indispensables 


Où l'on veut, comme on veut.
Lorsque l'on n'a jamais joué à Scribblenauts - ce qui doit être le cas de pas mal de monde vu l'ancienneté du précédent opus et ce qui était mon cas - vous imaginez bien qu'un tutorial bien ficelé est indispensable. Or, et croyez-moi ça surprend, si un tutorial très court et très facile en apparence complet est présent, franchement on est complètement paumé au premier lieu à explorer, à savoir la capitale. On ne comprend rien à ce qu'il faut faire, on ne sait pas notamment qu'il faut cliquer sur la petite loupe pour voir la fonction des gens (ce qui aide), on ne sait pas que pour lancer il faut toucher l'endroit visé puis sur "lancer" et non pas toucher Maxwell, on ne sait pas qu'il faut aussi regarder ce qui se passe très haut ou très bas avec la caméra, on ne sait pas que parfois il faut aussi donner l'objet pour que l'énigme soit complètement résolue et pas seulement l'enlever ou le démasquer et on ne sait pas qu'il faut mettre l'adjectif après et jamais avant sinon le jeu ne comprend pas. Et je ne vous parle des quelques erreurs de logique qui traînent mais qui doivent plutôt être liés à une mauvaise traduction. Ce qui aggrave en prime cette sensation d'être perdu, c'est que la difficulté monte d'un sacré cran par rapport au tutorial ; et si une aide est présente dans les missions spéciales, il n'y en a aucune pour les énigmes normales. Bref, la prise en main et le contrôle ne sont pas aisés et la difficulté monte bien trop vite. Il faut alors s'armer de patience pour s'habituer, rentrer dans l'esprit "Scribblenauts", forcer son cerveau à s'adapter pour enfin trouver son rythme de croisière et arrêter de galérer. Franchement, c'est un peu la douche froide et c'est très dommage car il est à craindre que trop nombreux seront ceux ou celles qui laisseront tomber. De nos jours, les tutoriaux sont extrêmement bien faits dans la plupart des jeux et la difficulté toujours progressive et bien dosée. Alors, les jeunes n'hésiteront pas à céder à l'agressivité marketing de nos sociétés ultra-consuméristes : "pas content, revendez-le." Mais bon, heureusement, il y a des fans d'énigmes, des gens qui n'aiment pas abandonner. Ceux-là seront récompensés, car une fois la phase d'adaptation passée, Scribblenauts deviendra terriblement et adorablement addictif. Evidemment, je peux me tromper, peut-être que c'est moi qui avait un esprit trop cloisonné et anti-scribblenauts. Un avis est forcément et par essence en partie subjectif.

Autre point très gênant, c'est que parfois des connaissances seront nécessaires, à défaut des recherches. Vous me direz, ce n'est pas plus mal, et je suis d'accord, mais il vaut mieux être prévenu. Quand un jeu ne sera pas jouable en dessous de 11 ans et qu'il faut une excellente orthographe (y compris sur les accents), il vaut mieux que ce soit précisé. Or, ce n'est précisé nulle part. Au contraire, à voir la jaquette, on a l'impression que Scribblenauts, c'est pour les petits. Eh bien pas du tout. C'est un peu dommage en termes de communication. On ne rappellera jamais assez que le PEGI c'est juste pour dire s'il y a des contenus inappropriés. Et là, franchement, le PEGI 12 est une vaste blague. On aurait pu mettre 7 voir 3. Donc soyez prévenus, votre enfant doit avoir une bonne maîtrise du vocabulaire, des connaissances de base en histoire, en culture moderne et en sciences, ainsi qu'une excellente orthographe. Car s'il y a bien un immense dictionnaire (30 000 mots et 10 000 adjectifs) vous proposant les mots approchants, les temps de chargement sont catastrophiques et certains mots manquent à l'appel. Une fois, j'ai même cru que mon écran avait figé ; finalement ce n'était pas à cause de l'orthographe mais parce que j'avais mis l'adjectif avant le mot...

Enfin, sachez qu'il n'y a qu'une seule unité de sauvegarde. Là encore, on a vraiment l'impression qu'on se moque du monde : aucun obstacle technique, notamment d'espace, n'empêche d'en créer plusieurs. Les autres jeux en proposent au moins deux, le plus souvent trois. Donc, soyez conscients que le jeu ne sera jouable que par une personne. Evidemment, on sait quel objectif financier minable se cache derrière ce choix. Les éditeurs croient peut-être ainsi pouvoir pousser un peu les ventes. Rien n'est moins sûr vu la concurrence actuelle et les excellentes sorties du moment dont Bravely Default actuellement en rupture de stock dans tous les magasins.

Conclusion

Scribblenauts Unlimited est vraiment sans limite dans son génial concept qui a été amélioré, qui a ajouté plus de liberté dans la navigation, propose une dose de plate-forme sympathique, et qui provoque une addiction des plus saines, une fois qu'on a passé le barrage du départ. On regrette donc d'autant plus son didacticiel rachitique, son manque d'accessibilité au début pour un néophyte, et ses temps de chargement d'un autre âge. Vu sa longue durée de vie - environ 25H - et son originalité incroyable, le jeu nous paraît cependant incontournable. Attendez juste un peu que le prix baisse ou la nouvelle version qui arrive, Scribblenauts Unmasked.


Sauver Lily.

 

Crédits : récapitulatif des petites nouveautés de Scribblenauts Unlimited

- Possibilité de donner les objets aux autres personnages ;

- Possibilité de créer des personnages et objets sous licence Nintendo, alors que les noms propres et ceux sous droit d'auteur ne sont pas disponibles (sauf exception : on peut mettre Einstein par exemple mais pas Marie Curie) ;

- Possibilité de modifier tous les objets du décor ;

- Le sac à dos permettant de stocker les objets ;

- Le partage des solutions via StreetPass.

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