7/10

Silver Chains - Test PC

Petite bonne surprise de l'été, Silver Chains conte une sombre histoire qui se déroule lors de l'année 1900 et que l'on incarne sur fond des classiques de l'épouvante.

Nous incarnons ainsi à la première personne un jeune homme, Peter, qui atterrit il ne sait comment au sein d'un vaste manoir plus ou moins en ruines et dans lequel il devra résoudre bien des mystères. Le classique du manoir du début XXème, avec ses vieux candélabres, ses antiques cheminées, son plancher grinçant, ses horloges mécaniques, ses jouets en bois et sa poupée maudite... Mais ce ne sera pas tout, on y trouve aussi l'éternel journal d'une des anciennes habitantes du manoir en question. Ni trop long, ni trop court, il est judicieusement égrené dans le désordre au fur et à mesure du jeu pour mieux nous perdre et nous laisser la tâche de réorganiser chronologiquement les événements. Neurones, à vos crayons !

Il y aura également les portes secrètes, le labyrinthe, le classique coup du couloir dans lequel on revient sans cesse quelle que soit la porte que l'on ouvre, les innombrables pièces qui, elles aussi, sont faites pour mieux nous perdre et que l'on arpente délicieusement au moins quatre fois chacune en grommelant en nous-même et en nous demandant par où l'on doit aller déjà. C'est qu'il y a un peu deux étages, plus un grenier et un sous-sol. Ultra classique tout cela, mais ça fonctionne à merveille.


Un manoir hanté en ruine en 1900, une poupée maudite et bien des mystères à résoudre.
 

Silver Chains ne fait pas non plus l'impasse sur la présence d'énigmes, mêlées à une bonne dose des incontournables alchimie et magie noire. Elles ne seront pas spécialement difficiles mais imposent cependant de s'y reprendre à une ou deux fois avant de piger. Petite cerise sur le gâteau, elles sont associées à un outil de vision des mondes parallèles, en l'occurrence un monocle. Très plaisant ce côté hyper vieillot. Ainsi, lorsqu'on active le monocle en question, on voit apparaître des signes, dessins ou objets que l'on ne voit pas en vision normale et qui nous permettent donc d'avancer dans l'aventure et dans la résolution d'une partie des énigmes.

Silver Chains a eu aussi la bonne idée de faire régulièrement surgir, aux moments où on s'y attend toujours le moins, un fantôme bien effrayant, sur fond de musique bien stridente, et auquel on doit échapper, sans aucune arme, en se cachant rapidement dans une des armoires. Rien de bien extraordinaire dit comme ça, mais, en ce qui me concerne, je me suis fait avoir presque à chaque fois et bien sûr délicatement assassiner par le vilain spectre. C'est que les développeurs ont été assez malins pour faire intervenir le fantôme de manière suffisamment espacée afin que notre vigilance soit retombée, concentré que l'on est dans l'exploration du manoir et la résolution des énigmes. Évidemment, cela ajoute une petite touche d'action et de tension très bienvenue.

La tension est aussi adroitement et classiquement générée par des bruits soudains, des apparitions imprévues, des chutes inopinées d'objets et autres classiques de l'épouvante, issues aussi bien du cinéma que des jeux vidéo. Rien de bien original, mais encore suffisamment bien mené par le studio Cracked Heads Games, en termes de dosage et de finesse, pour m'avoir fait sursauter plus d'une fois.

Silver Chains a également eu la bonne idée de ponctuer l'aventure, surtout dans sa deuxième partie, de quelques scènes-vidéos flash-back bien pensées et bienvenues pour éviter tout monotonie.


Des mécaniques classiques, comme le journal, mais qui fonctionnent à merveille.

Côté scénario, le classique mais efficace coup de la poupée maudite a le mérite d'être, dans Silver Chains, bien plus complexe qu'il n'en a l'air. De même, le rôle des différents protagonistes réserve bien des surprises, sans parler du coup de théâtre final. On peut dire que le studio a très bien peaufiné l'affrontement de fin de jeu par les actions assez complexes qu'il impose et le lieu choisi, tout en réservant une conclusion peu manichéenne, empreinte tout à la fois de tristesse mais aussi d'espoir.

Reste que la durée de vie manque totalement à l'appel. À peine 6 - 7H pour un jeu de ce niveau, ça coince, ça frustre et ça grince. On ne le répétera jamais assez : 10H c'est un minimum syndical que n'importe quel jeu vidéo se doit d'atteindre pour laisser aux joueurs-euses cette sorte de sentiment de plénitude que l'on ressent à la fin d'une belle aventure et ne pas laisser un goût d'inachevé. Reste également que le système de sauvegarde automatique, donc pas à la discrétion des joueurs, est peu adapté pour le style. Devoir rejouer certains passages parce qu'on a dû arrêter pour une raison quelconque, c'est un peu dommage. On ne comprend pas non plus pourquoi le jeu ne permet pas de relire les différents textes de l'inventaire. Idem, utiliser "E" pour les actions au lieu de la souris, ce n'est pas hyper pratique et, en plus, l'icône n'apparaît que sous certains angles pas très idéals. Bref, ça sent le jeu un peu trop vite bouclé et pas tout à fait optimisé sur certaines parties techniques.

Conclusion

Silver Chains est un petit jeu d'épouvante très adroitement écrit et narré, aux mécaniques de jeu plutôt impeccables dans le style, doté d'une belle dose de tension et dont les contours subtils et complexes de l'histoire accaparent rapidement l'esprit des joueurs-euses.

Malgré une trop faible durée de vie (6 - 7H), un menu, quelques commandes et un inventaire pas complètement optimisés, le jeu reste incontournable parce qu'il est un peu de ces jeux comme on n'en fait plus assez et qui nous rappellent ces classiques qui avaient le vent en poupe dans les années 90, à cette différence près qu'il tourne quand même à l'Unreal Engine 4 et est donc graphiquement à la hauteur de ce qui se fait aujourd'hui.


Alchimie et magie noire pour un bel affrontement final, très soigné et angoissant.

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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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