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Space Hulk - Test Wii U

Deux ans après l'édition à l'identique du jeu de plateau sur PC, le célèbre Space Hulk fait une arrivée discrète sur Wii U. Incontournable pourtant...

Comme je l'ai fait en 2014 lors de la présentation de Space Hulk : Deathwing (jeu FPS qui sortira cette année dans le même univers), pour les non-initiés, quelques mots sur l'univers si particulier et envoûtant de Space Hulk s'imposent. Le titre est à l'origine un jeu de plateau édité par Games Workshop (puis un jeu de cartes édité par Edge) et dérive de Warhammer 40 000  ainsi que d'Aliens : le retour. Il se déroule dans l'espace : perdus au sein d'un agglomérat de débris, astéroïdes, épaves et roches dérivant entre notre univers et une dimension parallèle, appelée Warp et regorgeant d'aliens, des Space Marines génétiquement modifiés, recouverts d'une gigantesque armure dite Terminator et pourvus d'un code moral quasi-religieux, assurent la survie de l'humanité contre les fameux aliens, appelés Genestealers (vu le nom imprononçable, je reste pour ma part sur aliens). Quant au nom Space Hulk, c'est le nom d'un des amas de vaisseaux abordés dans le Warp par les Space Marines. Ceux-ci, du fait de leur code religieux, s'appellent "frères", comme des moines, et ont en commun avec eux l'abnégation et la discipline sans faille.


La fameuse armure terminator...

Autre point à connaître, les jeux vidéo Space Hulk ne courent pas les rues. Le premier, Space Hulk : Vengeance of the Blood Angels date de 1993, suivi par une autre version windows en 1996, tous deux édités par Electronic Arts. Puis plus rien pendant 20 ans ! C'est alors qu'en août 2013, Full Control et Games Workshop, profitant de ce désert vidéo-ludique, sortent sur PC l'opus dont nous allons parler maintenant et qui a été porté sur Wii U (après une adaptation sur Vita en juin dernier). Autant vous dire que le jeu, malgré ses défauts, a eu un grand succès, dont le studio a profité en sortant en 2014 une version revue et corrigée, Space Hulk : Ascension.

Dans ce désert vidéo-ludique, les développeurs ont fait le choix, au travers de Space Hulk, d'une transposition à l'identique du jeu de plateau. Ce choix est à la fois la force et la faiblesse du jeu, car le studio a manqué d'ambition sur la forme et les moyens, ce qui s'en ressent dans l'atmosphère, les graphismes et la bande-son.

La force du concept Space Hulk

Les qualités de ce jeu de stratégie au tour par tour en lui-même ne sont plus à louer. D'une, les missions sont extrêmement nombreuses (plus d'une cinquantaine, divisées en 6 niveaux, une dizaine sont d'ailleurs issues directement du jeu de plateau), variées et à la difficulté particulièrement bien dosée et progressive. Ainsi, dans les trois premières missions, destinées à se familiariser avec le jeu (les habitués peuvent les passer, les trois premiers groupes de mission ayant été judicieusement débloquées), on incarne à peine une escouade, et seulement deux marines dans la première. Le plateau de jeu est tout petit et l'objectif très simple. Puis, dès le deuxième niveau, les armes se diversifient : on a accès aux lance-flammes et canon d'assaut (on avait déjà le lance-flamme dans la dernière mission du premier niveau) puis arrivent plus tard d'autres armes spéciales, telles lance-grenades, fusil plasma, lance-missiles, et les pouvoirs psychiques. Alors, placer le marine qui les utilise au bon endroit au bon moment a son importance ; le nombre d'escouades explose, et de fait, les combinaisons et les choix aussi, car les sergents ont des capacités et armes spéciales et les plus gradés, appelés "archivistes", ont des pouvoirs psychiques. Le plateau de jeu grandit quant à lui un peu plus à chaque fois, il s'y ajoute de nombreuses portes, échelles et zones spéciales. Enfin, les objectifs se complexifient et changent du tout au tout. Parfois, il faut juste éliminer tous les aliens, parfois tenir des positions, parfois récupérer un objet ou exécuter une mission de sauvetage, cramer une salle informatique... Notez également que les règles incluent un système de 3 à 10 actions possibles avec un nombre de points d'action limité, qui peut être complété par des points de commandement également limités. En clair, retenez qu'il y a suffisamment de paramètres et qu'il sont suffisamment bien dosés pour faire un bon jeu, vidéo ou de plateau, d'autant qu'en l'occurrence, l'IA tient drôlement bien la route et ne commet pas d'impair.


Idélae vue de haut avec l'ensemble des paramètres de commandement.

Devant tant de qualité, l'intérêt de jeu, confinant à l'addiction, est à son comble. Même si on a réussi la mission, on prend plaisir à la refaire pour la gagner autrement ou pour la gagner en remplissant un objectif alternatif, ce qui arrive parfois (exemple : tenir une position ou éliminer tous les aliens) ; on recommence sans arrêt tant qu'on échoue ; on reprend régulièrement les règles des armes, des unités, des déplacements ou des échanges d'objet pour trouver le détail qui va changer la donne. Notez sur ce point que la maîtrise des règles demande un peu de temps, et vous conspuerez de temps à autre sur le jeu de ne pas vous avoir précisé tel ou tel point (exemple : l'état d'alerte ne fonctionne pas si l'alien est sur une case adjacente).

Bref, avec Space Hulk, on a les 3/4 des ingrédients d'un bon jeu vidéo : excellente durée de vie - environ 30H pour venir à bout de toutes les missions - et rejouabilité, du fait du grand nombre et de la variété des missions, plus la subtilité des règles, et la présence de trois niveaux de difficultés, le dernier incluant un chronomètre pour les plus mordus et une limitation des points de commandement à 4 ; excellent dosage de la difficulté via une très bonne progressivité, un très bon tutorial, une bonne présentation des règles de manière régulière, tout en permettant un accès permanent à celles-ci dans le menu "librarium" ; une histoire, qui bien qu'assez simple, par son intégration dans la tactique même du jeu et par la "présence" de ses personnages, donne une certaine vie au jeu.

Le quart restant fout-il tout en l'air ? Bien sûr que non : de même qu'une technique et des graphismes exceptionnels ne rattrapent pas un jeu pourri sur le fond, la forme un peu moyenne ne casse pas un fond d'excellente qualité.


Des portes, échelles et zones spéciales.

Trop peu de moyens

Il y a deux ans, pour faire référence à cet opus, j'ai dit : "développé à la petite semelle, avec peu de moyens et une poignée de personnes, disponible uniquement en téléchargement, le titre ne tenait pas du tout la route techniquement et au niveau de l'ambiance et l'atmosphère". Je m'explique. Au départ certes, on a très belle vidéo d'introduction (en anglais non sous-titrée cependant), un menu superbe, très soigné sur les détails, les coloris, les bordures etc..., accompagnée d'une musique d'ambiance orchestrale intense et rythmée et donc tout à fait adaptée. Donc tout va bien. La navigation est fluide, le menu très détaillé, 3 unités de sauvegarde sont disponibles, un descriptif audio de la mission par une bonne grosse voix grave et rauque donne vie à notre lecture, des petits rappels sur l'univers du jeu (nom des planètes, histoire des terminators, etc...) accompagnent les temps, un peu longs, de chargement. Donc tout va toujours bien. Puis, arrive le plateau de jeu, vu de haut, ce qui ne gêne pas, au contraire, ça donne une bonne visibilité ce qui est indispensable dans un jeu de stratégie. L'utilisation des commandes est fluide et permet d'éviter toute perte de temps ou cafouillage (pad pour le déplacement des marines, croix pour la sélection de leur action, deuxième pad pour voir les autres zones, Y pour consulter les résultats de jets de dé, X pour finir le tour, L ou R pour changer de marines). Petit plus pour la Wii U, la mablette permet de voir l'intégralité du plateau et de sélectionner de manière tactile le marines que l'on veut faire agir. On y gagne beaucoup en fluidité et en visibilité, surtout au tour des aliens quand ils se déploient. Les options permettent par ailleurs tout aussi judicieusement d'accélérer les déplacements qui deviennent à la longue un peu ennuyeux.


Risibles aliens graphiquement.

Rapidement, après la prise en main agréable du jeu, on sent alors un manque. On se rend compte qu'il n'y a plus aucune musique. Pas une seule. Même aux changements de tour ou aux phases d'action. Il n'y a pas non plus le moindre son, pas de grincements, pas de soufflerie, pas d'écoulement de fluides, rien. Certes, nos petits marines bredouillent des phrases marrantes, altruistes et sacrificiels avec leurs grosses voix rauques, certes on a droit à une valse sonore aux moments des fusillades ou des combats au corps à corps, mais entre les deux, c'est quand même bien mort. Les graphismes pauvres, même si les armures des marines et leur boucliers et armes ont le mérite d'être très soignés et conformes à l'univers, accentuent ce manque. Du coup, il n'y a pas de sentiment d'oppression avec en plus cette vue de haut et l'absence de vue en couloir, sauf sur la mablette si on n'utilise pas la vue globale, mais justement, on l'utilise tout le temps la vue globale. Pas de sentiment de peur avec ces aliens tout petits à l'allure un peu risible. Le jeu aurait pu prévoir des séquences de combat et de déplacement largement plus fournies, c'est une évidence.

Du coup, l'immersion manque à l'appel, du moins en partie. Et l'immersion c'est quand même un aspect central en matière vidéo-ludique.

Enfin, s'il y a un mode multi-joueurs permettant en local de jouer à tour de rôle aliens et marines, donc à deux, on regrette nécessairement qu'il ne soit pas en ligne.

Conclusion

Dans le désert vidéo-ludique actuel de l'univers Space Hulk, les possesseurs de Wii U ne peuvent que se réjouir d'obtenir ce portage, même si c'est avec un peu de retard par rapport à la Vita. Si vous avez un PC, le titre sera peut-être plus dispensable, d'autant qu'il ne coûte que 23 € sur steam, contre 29,95 € sur Wii U, pour les inconditionnels de la souris ou en raison de la sortie de la version revue et corrigée, Space Hulk : Ascension. Cependant, celle-ci a pris plus de liberté avec les règles et n'a pas forcément beaucoup plus convaincu le public. De mon humble point de vue, ce Space Hulk sur Wii U est donc une valeur sûre et incontournable. Il vous donnera des heures de plaisir à manier et remanier vos space marines et à partir à la recherche de LA stratégie idéale.


Les armures ont été cependant soignées.

Crédits : quelques astuces de règles utiles

- Pour donner un objet, peut importe la position du receveur, seul le donneur doit être face à celui qui reçoit.

- La présence d'un sergent permet de relancer le jet de dés de rechargement des points de commandements à la fin du tour, donc veillez à garder vos sergents en vie.

- L'action de déplacement et de tir à distance permettant aussi d'ouvir les portes, n'hésitez pas à l'utiliser à la place du déplacement simple afin d'économiser un point d'action d'ouvertur de porte.

- Lorsqu'on tire une deuxième fois sur une cible manquée, on bénéficie d'un bonus si on enchaîne directement le deuxième tir. Gardez donc des poinst d'action ou de commandement en réserve pour retenter des tirs.

- Les marines peuvent se déplacer en diagonale pour un point d'action seulement donc évitez les pivots inutiles, chers en points d'action. 

- Privilégiez la garde pour les sergents du fait des bonus de protection permis par leurs boucliers et leurs armes de mêlée (épées ou marteau).

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    26/02/2016 à 09h03

    Répondre

    Développé à la petite semelle ? Ahahah !
    Joli article cela-dit, ça rappelle des souvenirs et ça donnerait presque envie de ressortir les figurines...

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