8/10

Spirit Camera : Le Mémoire Maudit - Test 3DS

S'il y a bien une spécificité qu'on aime dans les jeux vidéo, sur Krinein ou ailleurs, modeste chroniqueur(euse) ou simple joueur(euse), c'est la créativité, l'innovation. Ainsi, depuis bien longtemps nous attendions une production telle que Spirit Camera, nous attendions un concept jamais vu. Pourquoi Spirit Camera est-il de cette catégorie ? Pour la simple et bonne raison qu'il tire profit à 100 % d'une des nouvelles fonctions les plus originales et les plus avant-gardistes de la 3DS : la Réalité Augmentée, fonction que jamais personne n'a véritablement exploitée jusqu'ici.

On a ainsi l'impression de revenir en 2006, lorsque la DS était sortie et que des jeux OVNIS, jusqu'alors jamais créés, voyaient le jour. Retrouver ce sentiment est tout bonnement une fabuleuse expérience.

 

Un jeu pionnier sur la Réalité Augmentée


Oh, un esprit dans mon salon !
Ainsi, l'intégralité du jeu, pas seulement un mode annexe comme ce fut le cas dans Tetris 3D, se joue avec la réalité augmentée et, il se joue, non pas avec les cartes jaunes, mais via un carnet de 16 pages spécialement conçu pour ça. Concrètement, on passe son temps à explorer ce carnet glauque et morbide avec la console, à voir surgir des esprits ou êtres surnaturels dans la pièce (réelle) où l'on se trouve et interagir avec eux. Ça a un côté véritablement prenant et immersif, surtout vu l'ambiance horreur choisie par les développeurs. Car autant vous dire que ces esprits surgissent vraiment de n'importe où et parviennent presque à nous faire sursauter.

En outre, les interactions sont suffisamment variées pour que l'on soit convaincu par la quête : combats, énigmes, courses-poursuites, exercice d'observation ou dialogues. L'alternance entre ces différentes actions suit en plus un rythme assez soutenu.

Ce qui est véritablement génial avec ce nouveau concept, outre l'immersion, c'est l'action du joueur dans un univers physique mélangeant virtuel et réel. On bouge dans la pièce où l'on est, on y suit des esprits projetés par le jeu, on doit se lever, se baisser, tourner la tête, trouver des angles. C'est tout simplement formidable car l'on touche du doigt ce qui sera peut-être l'avenir du jeu vidéo : des jeux où le joueur/la joueuse sera propulsé(e) dans un univers d'images holographiques auquel il/elle appartiendra et dans lequel il/elle agira directement... Cela fait véritablement rêver même si l'on n'en est pas encore là.

Quoi qu'il en soit, ce jeu totalement nouveau, comme seuls les Japonais savent les inventer, est en prime soutenu par une réalisation plus qu'acceptable, même si écornée par quelques défauts.

 

Une bonne réalisation, même si pas exempte de quelques défauts


Et je dois lui courir après dans la pièce,
sinon il me casse ma 3DS ; ah non, c'est
vrai, ce n'est pas réel...
Comme on l'a vu, Spirit Camera propose une certaine variété dans les phases de jeu, alternant entre énigmes, combats, exploration du carnet/de l'environnement réel et exercices d'observation. Il n'y a donc pas de sentiment de lassitude.

Si les énigmes sont d'un niveau plutôt aisé, il en va différemment des combats. En effet, certes au départ, il est facile de trouver nos assaillants grâce à une flèche sur l'écran ; cependant, ils sont par la suite invisibles et très fuyants et on se retrouve à tourner et se retourner sans arrêt pour les attaquer via une photographie. Oui, oui, notre arme n'est pas une épée ou un sort, mais l'appareil photo de la 3DS. Cela aussi, c'était très bien vu.

De son côté, le scénario, associé à l'ambiance morbide, réussit parfaitement son pari de prendre le joueur aux tripes et de lui donner envie de percer le mystère de cette histoire bien glauque et effrayante.

Au final, seuls deux défauts, pour l'un assez notoire, viennent empêcher cette réalisation d'être une réussite majeure :

- le carnet doit être bien éclairé pour que la 3DS le détecte et on doit se placer bien en face ; mais, comme certains combats supposent de ne pas perdre le carnet de vue tout en prenant des angles, l'action s'avère parfois presqu'injouable ; fort heureusement c'est peu fréquent. Autre conséquence : vu qu'il faut jouer dans une pièce bien éclairée, on est contraint de régler la luminosité de l'écran à fond (bonjour la batterie déjà pas très performante) ou alors trouver un système d'éclairage qui projette la lumière uniquement sur le carnet (pas pratique) ;

- la durée de vie du jeu est très faible, trop faible pour une quête aussi prenante. 13 petits chapitres qui se finissent en 5H grand maximum, c'est bien peu. Certes deux modes annexes viennent compléter le mode histoire, mais seul le dernier, "livret hanté", est véritablement intéressant, l'autre n'étant qu'un gadget ; donc c'est à peine si on atteint les 10H de jeu.

On pourra donc paraître très indulgent en mettant un 8/10, mais non : la créativité, la prise de risques doivent être récompensées. À l'heure où l'on nous pond toujours les mêmes jeux, toujours des suites (on en est à combien de Call of Duty déjà ?), toujours les mêmes genres, bravo à Tecmo Koei de s'être lancé dans une telle aventure !

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