8.5/10

Splinter Cell - Pandora Tomorrow - Test

Il est conseillé de lire en premier lieu la critique de Splinter Cell ici.
La note ci-dessus correspond au mode solo.

L'inflation est en marche ! Il y a plus d'un an, mon pc pourtant compétent sur le papier peinait à faire tourner Splinter Cell premier du nom ; maintenant qu'il en la capacité, il souffre avec Splinter Cell 2. La différence entre les deux. ? Pas évidente au premier coup d'oeil, mais votre machine verra certainement la différence, si ça se trouve par un superbe message d'erreur vous précisant que vous ne possédez pas la carte graphique requise pour afficher tel ou tel effet lumineux révolutionnaire que je ne pu identifier avec certitude. Joie, ma carte lui convenant non sans mal (assez pointilleux sur les versions de pilotes), le jeu s'offrait à moi et me permettait de renouer avec ce bon vieux Sam Fisher, spécialiste en infiltration à défaut de l'être en tir et fusillades.
Mais rappelons rapidement le principe de Splinter Cell. La base : une intrigue signée Tom Clancy, romancier américain passé maître dans l'art des récits de conflits internationaux un brin alambiqués, maintes fois adaptés au cinéma (A La Poursuite d'Octobre Rouge, Jeux de Guerre, La Somme de Toutes les Peurs, etc) et en jeux vidéo (les Rainbow Six, Rogue Spear, Ghost Recon). Le concept : l'infiltration pure et dure, savant amalgame entre un Thief et un Rainbow Six, où l'arme la plus efficace reste avant toute autre chose la discrétion. Quakers, passez votre chemin ! Patience et précision sont ici de rigueur, comportements impulsifs prière de s'abstenir.

Vous êtes Sam Fisher, super-espion américain dévoué à Echelon 3, une cellule de la National Security Agence qui n'existe pas. D'ailleurs vous n'existez pas non plus. Et c'est mieux comme ça. Imaginez simplement être capturé dans une ambassade chinoise alors que les tensions internationales entre la Chine et les USA se détériorent. Je vous le donne en six lettres, G.U.E.R.R.E. Bref, peu après les évènements de Georgie (voire Splinter Cell), un groupe de terroristes prend d'assaut l'ambassade américaine de Dili, pour une raison inconnue. A leur tête : Suhadi Sadono, leader indonésien charismatique buté sur on ne sait quel projet machiavélique. Son nom de code : Pandora Tomorrow, où un secret en forme de boîte qu'il va bien falloir ouvrir...

Premier contact avec le jeu : une petite séance de simulation bienvenue qui ne consistera qu'à se libérer de menottes en les crochetant, seule entorse au système de crochetage de tout le jeu qui se cantonnera aux serrures une fois ce point dépassé. Dommage. S'ensuit la première mission de tout le jeu, faisant office de tutorial allégé pour se re-sensibiliser aux codes de Splinter Cell, et s'apercevoir des changements. A la base, le concept ne change pas : les zones d'ombres sont vos amies, comme le dit Lambert, votre supérieur : « En pleine lumière, vous êtes un vrai sapin de noël. Dans l'ombre vous êtes un fantôme. » Il faudra donc une nouvelle fois raser les murs et infliger de vindicatifs attentats sur les émetteurs de lumière si besoin est. Avec ça, l'ennemi aura déjà du mal à vous repérer, mais n'oublions qu'il y a des oreilles. La molette permet alors de contrôler en temps réel sa vitesse, et de parcourir le terrain peton à peton lorsque la situation l'exige. Et si vraiment môssieur le garde veut faire le malin, vous pourrez toujours l'assommer ou même l'éliminer définitivement, sans oublier toutefois de planquer le corps, ce serait ballot de bousiller son infiltration à cause d'une stupide sentinelle inanimée en plein milieu d'une allée.
Sam n'a rien perdu de sa formation tout terrain. Ou plutôt, si, mais il y a de la contrepartie. Le saut grand écart, royalement inutile, se voit remplacé par le demi-saut écart, pas vraiment plus utile si ce n'est pour atteindre une corniche un peu imprenable. Remarquons alors la disparition du saut avec appui sur le mur, ceci explique cela. Autre nouveauté, beaucoup plus anecdotique, Sam peut, une fois suspendu à une barre horizontale, s'accrocher avec les jambes, et flinguer la tête en bas (état neuf, première main, jamais utilisé). Enfin, lorsqu'il est adossé contre un mur, il peut parcourir une petite distance (genre une porte ouverte d'une salle bondée de mondes) dans un joli 360 degrés et se retrouver en face sans s'être fait remarquer. Classe, et un peu plus utile. La touche V, quant à elle, vous permettra de siffler pour attirer les gardes (état neuf, première main, jamais utilisé).

Mais le véritable point qui va le différencier de son précédent opus va être l'originalité des challenges imaginés et les destinations qui attendront Fisher. Si les deux premières missions demeurent assez classiques dans leur déroulement, les choses se corsent et se bonifient heureusement par la suite. Débuts des véritables hostilités : l'infiltration d'un train roulant à toute vitesse vers Nice, un petit moment de bonheur très très court mais plutôt bien pensé, jouant judicieusement avec tous les clichés des films d'actions américains. Dans le train, sur le train, sous le train, accroché au train, il faudra le parcourir sous toutes ses coutures et sans se faire remarquer si possible (passagers inside). La seconde claque du jeu vous attend en jungle indonésienne. Vous rêviez d'être une fougère ? Vous voilà exaucé. Tapies avec vos congénères, les maîtres mots seront discrétion (attention aux bruyants oiseaux et aux gardes) et précision (attention, mines). Il fait chaud, il fait beau, tout est vert, et la nature se ploie sous votre chemin.
Le reste n'est justement pas en reste (merci, merci), sans pour autant vous faire voir du pays. Un sous marin vous attendra également en Indonésie, petit univers étriqué pas trop retors mais un peu quand même. Plus hard seront déjà les plateaux de télévision de Djkarta, rythmés par les interventions télévisuelles de Sadono, qu'il faudra kidnapper conscient et en bonne santé à la barbe de toute sa garde rapprochée. Presque trop facile semblera alors le grand final de l'aéroport de Los Angeles, qui mettront beaucoup à contribution les lunettes thermiques pour notre plus plaisir. Au total, huit destinations, soit deux de moins que le premier, de longueurs et de facilités inégales. Oui, Pandora Tomorrow se montre nettement plus court que son prédécesseur, plutôt dommage quant on considère le soin apporté à cette suite. Dommage également que le dénouement soit si faiblement inspiré, simple petit casse-tête de discrétion qui ne demandera que quelques minutes à résoudre (et aussi quelques balles).
Pour briser la linéarité qui faisait défaut au premier, les concepteurs ont imaginé une foule de petits challenges qui relancent constamment l'intérêt, sans pour autant singer ceux du premier volet. A Jérusalem, il vous faudra suivre une indic sans vous faire repérer et sans compromettre la demoiselle, bien plus facile à dire qu'à faire. A Djakarta, les éclairs dû à l'orage illuminent des zones qui ne devraient pas l'être (en somme, là où vous vous trouvez) et vous éblouissent si les lunettes thermiques sont sur votre nez. Bref, un tas de bonnes petites idées ponctuelles qui cassent un peu l'uniformité du jeu, jusqu'à se véritablement trancher avec les aboutissements de Splinter Cell premier du nom (on fait rarement la même chose). Bonne idée également d'avoir supprimer les séquences plus arcades, trop lourde à gérer compte tenu de la médiocrité des aptitudes de Fisher en terme de gunfights.

Enfin, en termes de technique, peu de changements apparents. Les jeux de lumière et d'ombres demeurent de toute beauté, les pièces de tissus bougent avec autant de grâce et de cérédibilité, mais il en faudra en payer le prix. Comptez un bon 2Ghz, 512 de Ram, et une carte vidéo 128 Mo parmi la liste affichée sur la boîte pour profiter un peu du boulot des programmeurs (soit le double du premier). Toujours aussi parfait également en audio, excellents musiques d'ambiances, traductions et doublages judicieux (grand soin apporté pour ceux de Fisher) bien que quelques voix mal choisies fassent un peu office de vilain petit canard (notamment la voix de Sadono, très....européenne).
L'intelligence artificielle demeure assez énervante, signe de qualité, et se régit par un nouveau système d'alerte. Une fois Sam repéré, les gardes passent en niveau 1 : gilets pare-balles. A la deuxième alerte, on monte d'un cran : Casque et rondes. A la troisième, game over. Au bout d'un certain laps de temps, si Sam prend mieux conscience de l'intérêt qu'il a à rester discret, la situation retournera à la normale.

Plus court, oui, mais encore plus intéressant. Pandora Tomorrow est le digne successeur du best-Seller Splinter Cell, corrigeant les petites fautes de son papa tout en n'oubliant pas de donner encore plus de plaisir à ses joueurs. Avouons toutefois que l'on pourrait avoir du mal à identifier les améliorations techniques qui justifient vraiment l'armement requis en matériel haut de gamme, à se demander si un add-on n'aurait pas tout simplement suffi. Faudra-t-il que je réinstalle Splinter Cell pour vraiment me conforter ? Bref, pas de chichis, Pandora Tomorrow, même s'il est rapide à finir, et une oeuvre intense et prenante qui laisse présager de très belles choses pour l'avenir.

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2 commentaires

  • SlipKnot21

    10/07/2004 à 00h00

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    Ce jeu est très bien , tout comme le premier . Voila le problème ! Il n'a pas beaucoup changé par rapport au premier Splinter Cell . Mais cela reste tout de meme un excellent jeu à consommer sans modération pour les fans du premier . Les nouvelles missions sont légèrement moins passionantes que celles du premier mais on se laisse tout de meme entrainer par ce réalisme extraordinaire que possède ce jeu .

  • Anonyme

    11/07/2004 à 00h01

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    Bon soyons simple et concis...
    Le second ressemble au premier: aussi gonflant en mode solo!!!
    En dehors des petites retouches ergonomiques qui rendent la manipulation de Sam plus intuitives (enfin c'est relatif), le jeu reste d'une linéarité AFFLIGEANTE. Je trouve le scenario sans intérêt : on peux jouer avec ou sans le connaitre, pas de différence ça n'influe en rien sur le jeu, il n'y a aucune mise en scene pour vous plonger dans l'action (peu de cinématiques et de rebondissements) et le fin du fin: 8 fois sur dix il faut se faire buter pour avoir une idée de la manière dont il faut s'infiltrer, au millimetre prés, un comble pour une simulation!!!
    Combien de fois on se retrouve dans la situation où par exemple, l'on tue un gardien et l'on entend "Bong sang fisher! fallait pas le buter, il etait le seul a connaitre les codes d'accés! mission terminée."
    Ben voyons, je lis pas l'avenir dans les étoiles moi! Donc on recommence la mission et ainsi de suite, pas d'échapatoire, une seule et unique façon de finir les missions, connaitre par coeur les scripts qui régissent le jeu. Génial! du simple bourrage de crane!

    A contrario les graphismes sont epoustouflants, c'est un jeu esthetiquement magnifique.

    N'oublions pas le génial mode multijoueur (limité a 4 joueurs) qui lui au moins est original, techniquement parlant. Difficile a prendre en mains (toujours a cause du coté simulation des commandes dans un jeu plus axé arcade), mais une fois maitrisé c'est un vrai plaisir!

    Un dernier détail pour le fun, si vous êtes attentifs, vous découvrirez des allusions anti-françaises dans les deux opus de splinter. Le parallellisme avec nos manifs anti-guerre en Irak sont encore plus troublant. Voilà qui nous rappelle qui a créé ce jeu...subtile comme une bombe au napalm.

    Testé sur Xbox

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