7.5/10

Starfox 64 3D - Test

Toujours dépourvu d'un solide titre original pour sa console 3DS, Nintendo continue de fouiner dans son catalogue de jeu Nintendo 64 pour alimenter une logithèque européenne plus ou moins moribonde (allez, on va dire moins). Ce que l'on peut affirmer, c'est que cela marche, il n'y a qu'à citer les ventes extrêmement correctes du remake d'Ocarina of Time ainsi que la hausse du nombre des possesseurs de la console depuis pour argumenter face au plus infâme des trolleurs pro-consoles Sony ou Microsoft. C'est au tour de Starfox 64, anciennement appelé Lylat Wars lors de sa sortie en 1997, de passer à la moulinette 3D, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et cela, même si le jeu a conservé la plupart de ses défauts.

Un astronef, qui surgit hors de la nuit

Starfox est un jeu manichéen. Et comme dans toute œuvre manichéenne, il contient un ennemi machiavélique et immanquablement stupide. Pouvait-il en être autrement avec sa tronche de macaque mal luné ? Andross, qui n'est pas fort en fruits, souhaite dominer l'univers grâce à son ingéniosité démoniaque, et débute une grande vague de propagande à coups de lasers dans la tronche. Dépassées, les autorités spatiales font appeler à l'escadron Starfox pour nettoyer le bazar provoqué par le simiesque vilain. C'est ce qu'on appelle ironiquement un "habile" prétexte pour dérouiller du vaisseau spatial, surtout que l'on vous donne les commandes du chef de l'escadron, Fox McCloud.


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On ne va pas chercher à philosopher sur un scénario qui n'en vaut pas la peine, puisque de toute façon ce n'est pas ça qui nous intéresse. Starfox 64 vous propulse dans la cabine d'un Arwing, un chasseur spatial diablement maniable, et l'on se prend très vite à l'univers très immersif du soft. Nous avons beau avoir affaire à un rail shooter limitant singulièrement vos déplacements à une trajectoire générale préétablie, l'environnement est tellement dynamique que l'on prend vite plaisir à cette décharge d'adrénaline très défoulante et bien mis en scène. Outre les éléments du décor en mouvements et les vagues d'ennemis arrivant d'un peu partout, vos trois équipiers ne cesseront de communiquer avec vous pour donner des conseils ou réclamer votre aide. Ce ne sont bien sûr que des figurants, mais leur présence suffisent à renforcer l'immersion. Il arrive parfois qu'une négligence de votre part les mette sur le carreau, et c'est toute la formation qui en souffre : les petites cut-scenes perdent leur souffle épique lorsque la formation d'origine est déséquilibrée par un appareil manquant. Celui-ci est alors envoyé en réparation et inactif le temps d'une mission.


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Ce qui va représenter en définitive une portion non négligeable du jeu puisque le nombre de missions nécessaires pour en voir le bout  n'est guère impressionnant. Si l'on met tout bout à bout, il est possible de voir la fin du jeu en moins de deux heures, en empruntant le chemin le plus facile / court. La carte de la galaxie convoitée par Andross propose néanmoins différents parcours, plus ou moins difficiles, qu'il sera possible de survoler en trois parties. La sauvegarde automatique, autrefois absente de la version N64, n'arrange rien, et l'on s'aperçoit rapidement que le jeu mise un peu sur le scoring. Des tableaux classent les meilleurs résultats en local, et des médailles récompensent les plus valeureux sur chaque planète. Cela peut paraître maigre, mais chaque mission est suffisamment bien mise en scène pour être rejouée plusieurs fois, même de suite. On hochera la tête devant les passages en tank et en sous-marin, moins marquant, mais l'on s'extasiera devant les impressionnantes déferlantes d'ennemis et d'obstacles mis sur le chemin du héros dans la plupart des autres missions. Voilà ce que l'on appelle un space opera vidéoludique ! De temps en temps, le jeu passera en mode "arène" (repris par le mode multi) où l'on pourra évoluer librement selon des limites prédéfinies, ce qui nous permettra de prendre part, enfin, à de véritables dogfights assez nerveuses.

Vers le fini, et peut-être au-delà


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Si la première partie de cette critique est également valable pour la version N64, la suivante va exposer davantage les apports de la mouture 3DS. La durée de vie de l'aventure solo étant très légère, Nintendo a souhaité revoir un peu son mode multi pour élever un peu l'intérêt de son titre déjà bien ancien. C'est ainsi que la cartouche propose le mode multi-joueurs en version une seule cartouche pour quatre, ce qui est appréciable, mais permet également de configurer les joutes via quelques options. Il est désormais possible d'affronter des bots, pour pallier au manque de possesseurs de 3DS et / ou du jeu, et les environnements regorgent d'options type Mario Kart pour donner encore davantage de piments à l'affrontement. En local, c'est le panard - même si on est encore loin de pouvoir y passer ses après-midi dessus -, mais sur internet, c'est le néant total : impossible de faire quelques parties distantes, il faudra se dégoter de l'ami et de la 3DS pour apprécier Starfox 64. Sans compter que les scores réalisés ne sont donc pas comparables à moins de prêter sa cartouche. Un troisième mode de jeu vient compléter le menu, celui-ci proposant de refaire n'importe quelle mission à volonté, pratique pour en explorer les moindres recoins et s'y entraîner.


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Apport non négligeable, Starfox 64 a été revu graphiquement pour bénéficier des possibilités graphiques de la portable. Le résultat est pour le moins très correct, et parvient à se démarquer suffisamment de son modèle pour justifier ce portage, mais si l'on trouvera quelques animations plutôt moyennes. Les musiques n'ont pas réellement été recomposées, la bande originale étant de base plutôt bien troussée, mais l'on notera tout de même quelques améliorations ici et là, notamment sur la qualité des bruitages. L'environnement sonore est un plus certain dans l'appréciation du titre, nous propulsant directement dans le feu de l'action à coups de lasers, d'explosions, et de bavardages radios omniprésents. Il est d'ailleurs à noter que le jeu a été entièrement traduit en français, et qu'il n'est pas possible de se remettre en yaourt lylatien ou en anglais - à moins de paramétrer sa console en ce sens).


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Dernier point à aborder, qu'il ne faut surtout pas oublier, la 3D développée sur le titre est pour le moins potable et parfois même assez bien utilisé pour être davantage qu'un gadget. Entre les débris de vaisseaux et les astéroïdes rencontrées en chemin, ou tout simplement la profondeur utilisée pour matérialiser les boss et les environnements, nous sommes ici dans l'exemple parfait de la bonne utilisation de la 3D vidéo-ludique, même si l'on demeure dans le pur attrait visuel. Il existe également un mode de jouabilité basé sur la combinaison stick + gyroscope, censé être plus précis que le mode "classique" au stick. Pour avoir essayé lourdement, il ne me semble pas plus précis de tortiller la console pour viser droit, surtout que la 3D devient plutôt pénible avec le mouvement. Ce n'est pas rédhibitoire dans le sens où le jeu nous laisse le choix (et que l'on peut inter-changer à tout moment), mais l'on s'interroge sur l'utilité d'une fonction aussi malvenue.

Conclusion

Nintendo livre un excellent remake de son fameux shoot'em up spatial, lui offrant par la même occasion une refonte graphique et une transposition 3D très réussie. Sa durée de vie très limitée pour les non-scoreurs et l'absence de mode online handicape un peu son succès, mais le titre est suffisamment accrocheur pour y revenir de temps et jouir d'un space opera de grande qualité technique.


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