8.5/10

Styx : Shards of Darkness

On ne pourra pas dire que Styx : Shards of Darkness n'est pas attendu auprès des fans de jeu d'infiltration : le premier épisode, Styx : Master of Shadows a été l'un des succès surprise de l'année 2014. Mettant en scène le gobelin Styx issu de la série Of Orcs and Men, il permettait d'incarner la créature verte dans un monde Heroïc-Fantasy très réussi, et proposait une aventure au scénario solide et à l'ambiance crédible.

Alors que la Nintendo Switch vient tout juste de sortir et que l'ensemble de la presse spécialisée n'a d'yeux que sur son unique jeu : Zelda : Breath of the Wild (ah ? Il y en a d'autres ?), Styx : Shards of Darkness sort quelque peu en catimini, une dizaine de jours après la date fatidique du 3 mars. Pourtant, on ne pourra pas dire que le jeu n'est pas attendu auprès des fans de jeu d'infiltration : Styx : Master of Shadows a été l'un des succès surprise de l'année 2014. Mettant en scène le gobelin Styx issu de la série Of Orcs and Men, le premier épisode permettait d'incarner la créature verte dans un monde Heroic-Fantasy très réussi, et proposait une aventure au scénario solide et à l'ambiance crédible.

Alors que les jeux d'infiltrations sont le plus souvent réservés aux univers militaires et paramilitaires, Styx : Master of Shadows prenait le contre-pied des attentes du joueur, pour délivrer un produit extrêmement soigné et cohérent de bout en bout. Shards of Darkness a le bon goût de préserver les qualités de son prédécesseur et d'aller plus loin dans la bonne direction. Je dirais même plus : après la semi-déception que fût Metal Gear Solid V, avec son open-world trop grand et ses trop nombreuses idées partant en eau de boudin, ce nouveau Styx est un exemple de savoir-faire et de game design parfaitement maîtrisé. Et ce n'est pas peu dire vu les moyens mis en oeuvre.


Les décors foisonnants sont non seulement magnifiques, mais ils offrent également de nombreuses options d'infiltration.

Tournant sur un Unreal Engine flambant neuf, Styx : Shards of Darkness est beau. Technologiquement parlant, l'on est bien évidemment sur du très gros calibre, et les effets de lumière, de texture, sont tout aussi évidemment soignés et "state of the art". Mais au delà de ça, c'est bel et bien la direction artistique qu'il faut applaudir. Nous le verrons plus tard, le scénario du jeu vous amène chez les elfes, des lieux trop rarement représentés dans la culture vidéo-ludique comme cinématographique. Vous aurez l'occasion de visiter des palais dans la roche du sommet d'une falaise, des temples religieux d'elfes noirs, et bien plus encore. Tous ces lieux sont superbement bien imaginés, retranscrits avec un sens du spectaculaire assez prononcé et donnent au joueur l'impression d'un dépaysement et d'une fraîcheur que l'on retrouvait également dans le premier épisode.

Au milieu de cet univers fantastique, vous incarnez Styx, gobelin assassin rusé et dangereux, doté d'un sens de la répartie assez frontal. Vous serez vite amené au cours du jeu à vous allier avec Helledryn, capitaine femme de CARNAGE, l'escouade anti-goblin de la région. Son objectif : se faire inviter à un sommet diplomatique organisés par les mystérieux elfes noirs, ces elfes bannis de tous, aux rituels sanglants et adorant une grande prêtresse aux allures très dangereuses. Que manigancent les elfes noirs ? Que veut en tirer Helledryn ? Et qui est le mystérieux elfe aux capacités de métamorphose qui semble lui aussi bien décider à venir troubler la fête ?


Qui est le mystérieux elfe que Styx rencontre et se prend vite comme ennemi ?

 

Le scénario de Styx est assez bien étoffé, suffisamment pour motiver le joueur à surmonter les difficultés potentielles pour en apprendre plus. Les révélations et coups de théâtre sont très bien intégrés à l'action, disséminées entre chaque séquence d'action, de sorte que le rythme du jeu est assez bien orchestré. Le duo de base Styx - Helledryn est assez crédible et possède une certaine alchimie qui fait que l'on arrive à rentrer dans l'histoire avec un certain plaisir. C'est bien évidemment le personnage de Styx qui prend le plus de place, avec ses commentaires ravageurs, et sa tendance à s'adresser directement au joueur. L'on pourrait à ce propos dire que c'est la relation entre Styx et le joueur qui est la plus travaillée, et mise à bien des égards au centre du jeu.

Styx se manie très bien que ce soit au clavier ou à la manette (et c'était là une de mes craintes personnelles : un bon nombre de jeux à la troisième personne ne sont pas bien configurés pour jouer avec le clavier, The Witcher 3 notamment) : le jeu répond au quart de tour, et se prend en main avec une facilité d'autant plus déconcertante que vous n'aurez accès à une palette d'actions assez conséquente. L'on dénote quelques difficultés à interagir avec les surfaces escaladables, et à bien gérer les sauts dans les endroits les plus sombres, mais à part cela, tout est clair comme de l'eau de roche.

En termes de mécaniques de jeu, les traditionnelles grilles de talents sont bien présentes, et permettent au joueur d'approfondir le style de jeu auquel ils veulent se consacrer. Classique, me direz-vous, mais ici comme ailleurs, le diable est dans les détails. Libre à vous, lorsque l'option vous en est donnée – soit assez fréquemment, de réassigner complètement vos points de compétence. Ainsi, le joueur débutant voit là une manière d'expérimenter plusieurs styles de jeu de manière non pénalisante, alors que le joueur chevronné pourra adapter les compétences de Styx à l'approche qu'il désire avoir.


L'infiltration en plein jour demande de ruser par tous les moyens possibles.

Il est ainsi possible de joueur le jeu de la manière la plus traditionnelle qui soit, c'est à dire en mettant l'accent sur l'infiltration. A cet égard, le level design du jeu est, une fois de plus, exemplaire. Une partie non négligeable du plaisir de jeu provient de l'immensité des niveaux et des options qui sont offertes au joueur pour aller d'un point à l'autre. L'observation et la capacité à joueur à un rythme autrement plus lent que celui auquel les productions habituelles de ces dernières années nous ont habitués seront de mise pour avancer. Et Styx est un jeu compliqué, qui ne pardonne que très peu d'erreurs dans les niveaux les plus bas, et aucune dans les niveaux de difficulté les plus élevés. Pour vous défendre lorsque vous êtes repéré, votre fidèle lame vous protégera autant que faire se peu. Mais il faut bien le dire : en tant que gobelin, vous êtes relativement faiblard face à des militaires musclés ou des elfes élevés dans le culte du sang et du combat. Votre arme ne vous sera réellement utile que combinée à vos pouvoirs d'infiltration. C'est cette volonté de faire de Styx un jeu d'infiltration de bout en bout et d'éviter la dérive vers le jeu d'action, qui, à mon goût, en fait une réussite.

Restent quelques talents cachés de Styx, qui vous permettront de pimenter les parties. La possibilité de forger des items et celle de créer un clone de lui-même vous ouvriront des sentiers inattendus vers la résolution des missions. En outre, les objectifs d'une peuvent être le plus souvent atteints de plusieurs manières différentes, suivant plusieurs possibilités offertes par le jeu lui-même. Sans oublier les objectifs secondaires et les médailles à obtenir dans chaque niveau pour obtenir des points de talent supplémentaires (médailles de rapidité, d'alertes déclenchées, de personnes tuées...). Tout dans Styx est fait pour que vous vous sentiez suffisamment à l'aise pour essayer de nouveaux styles de jeux, de nouveaux itinéraires pour une mission, bref, que vous reveniez vers le jeu une fois celui-ci fini. Faute d'amis, je n'ai pas pu essayer le mode coopération du jeu.

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En définitive, il est difficile de ne pas parler de réussite absolue pour ce Styx : Shards of Darkness. Beau, difficile, mais aussi souvent drôle et intriguant, il s'agit d'une réussite sur tous les plans.

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