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Sword of the Stars - Test

Certains lui auront prêté des traits communs à Homeworld, et pour cause, les petites mains besogneuses de Kerberos Productions (concepteurs du jeu) sont des anciens d'Homeworld. Pourtant, pas réellement de points communs avec le fameux Stratégie Temps Réel tout en 3D, puisque le joli titre Sword of the Stars cache un jeu de gestion spatiale plutôt difficile à approcher.

Les Hivers seront rudes

Il est important de savoir, avant de se lancer dans Sword of the Stars, que le jeu n'est ni un Stratégie Temps Réel, ni un Stratégie Tour par Tour, mais plutôt un mix entre les deux. En tout cas, c'est ce qu'affirment les concepteurs du jeu. Bref, la partie Tour par Tour comprend la gestion de votre galaxie et de vos déplacements, ainsi que l'administration scientifique et financière ; tandis que la Temps Réel se chargera des combats.
Il est également primordial de comprendre que le jeu ne dispose pas d'une campagne solo au sens premier du terme mais de quelques scénarios pré-conçus, et surtout d'un mode multijoueurs conséquent qui se révèle vite être le noyau du jeu. Un postulat étrange, certes, mais qui a entraîné la conception d'une interface de configuration de partie très complète qui permettra de longues parties à votre convenance, pour peu que vous adhéreriez au jeu.
Et pour cela, il vous faudra jeter votre dévolu sur une des quatre races mis à votre disposition. Rassurez-vous, maîtriser les avantages et inconvénients de chacune se fera très vite, puisque leur seule différence pratique sera leur mode déplacement. Par exemple, les humains ne pourront voyager que par couloirs subspatiaux prégénérés, alors que les Hivers (de vilains insectes galactiques) pourront emprunter des canaux de téléportation très rapide pour peu qu'ils en aient installé un près de leur point d'arrivée.

Ma galaxie pour une épée !

Votre premier contact avec la carte de Sword of the Stars devrait se rapprocher vraisemblablement du sentiment d'inutilité que pourrait ressentir un simple coléoptère devant l'immensité de l'espace. Des dizaines de planètes s'offrent à vous, inviolées pour la plupart, qu'il faudra coloniser pour écraser la vermine adverse qui ne demande qu'à faire la même chose (à moins que vous ne penchiez pour un affable pacte de non-agression, bien entendu). Bien sûr, les débuts seront modestes : quelques planètes en votre possession dans le meilleur des cas, et pas de quoi mener une campagne militaire convenable. Alors, il faudra coloniser !
Pour cela rien de plus simple : construisez un vaisseau colonisateur, si possible avec ravitailleur pour ne pas qu'il se retrouve à faire le coup de la panne sur le chemin, trouvez une planète pas trop loin, et envoyez votre mini-flotte y jeter un oeil. Cette banale opération, plutôt fréquente dans le jeu, montre déjà quelques limites du software : la carte, tout en 3D, se compose d'un certain nombre de planètes disposées un peu aléatoirement. L'intégralité des mouvements se fait au moyen de la souris, soit par double-clic (sélection d'une planète), soit par mouvement de la souris (rotation suivant la planète sélectionnée). En somme, impossible de se déplacer librement dans l'univers, ce qui devient rapidement handicapant quand il s'agit de gérer un vaste empire étalé dans toute la galaxie.
Mais revenons à notre petit colonisateur, tandis qu'il atteint sa cible. Trois cas de figure se présente alors : la planète est propre à accueillir vos colons, paix et amour ; la planète pourrait accueillir du monde moyennent un certain nombre de transformations, d'où l'engagement d'une procédure coûteuse de terraformation ; la planète est totalement inhabitable, merci d'aller voir ailleurs. Une fois la planète conquise (= amener un colonisateur et appuyer sur le bouton « coloniser »), votre population commence à se développer et apporter des revenus, sans aucune autre transition que ce soit. Commence alors le nerf de guerre de Sword of the Stars, sa partie gestion.

Tuning et brain storming

Ici encore, le jeu présente un certain potentiel mais pêche par un manque de profondeur. Votre principale activité en tant que gestionnaire d'empire galactique sera de trouver le bon équilibre entre développement militaire et recherche scientifique, tout en gardant un oeil sur vos finances et l'infrastructure de votre civilisation. Des mots alléchants, mais dont l'écho se fait à peine ressentir en pratique, puisque tout se fera à l'aide de petits curseurs qu'il faudra déplacer de gauche à droite. Ainsi se déroulera l'assignation des ressources en votre possession.
La recherche, quant à elle, présente une petite subtilité qui se constitue comme le point positif de la partie gestion : l'arbre de développement technologique. Tout en 3D également, celui-ci permet de choisir dans un joli petit organigramme circulaire la technologie sur laquelle vos scientifiques plancheront, et qui pourra améliorer votre développement ou la puissance de votre flotte. Cette arbre, généré aléatoirement à chaque partie (obligeant donc le joueur à développer presque à chaque coup une nouvelle stratégie), ainsi que les évolutions techniques qui en découleront modifieront plus ou moins sensiblement l'allure et les performances de vos appareils, que vous pourrez « customiser » selon votre bon vouloir. Vous vous retrouverez certainement au final avec une flotte complètement disparate où se mélangent navires obsolètes et engins dernier cri.
Passons enfin à l'aspect le plus désastreux du jeu : la stratégie temps réel. Sous ce terme bien connu se cache en réalité une sorte de simulation spatiale basique avec pour seul objet l'explosion pure et simple de l'adversaire - pour peu que vous mettiez la main dessus. Lorsque deux flottes ennemies se rencontrent, le programme peut - selon le choix du joueur - soit calculer le résultat, soit entrer en mode Combat (stratégie temps réel, donc). Déboule alors une modélisation de l'espace de combat en 3D, où vos appareils de combat gérés par clics de souris se déplaceront selon un axe 2D. Vos premières minutes de bataille intersidérale risquent fort de se dévoiler déroutantes, tellement celles-ci sont mal pensées et inintéressantes, mais un petit clic sur l'option de résolution automatique arrangera l'affaire.

Conclusion

Au final, un jeu de gestion en demi teinte qui devrait surtout plaire aux passionnés de la gestion au tour par tour, l'interface étant suffisamment rebutante pour désintéresser le joueur lambda qui sommeille en chacun de nous. Au moins, la configuration requise ne se montre pas trop gourmande et devrait se satisfaire d'un processeur 1 GHZ, de 512 de RAM, et d'une carte 3D 128 MO comme indiqué sur la boîte. Le jeu n'offre évidemment pas de révolutions graphiques, mais tient bien la route. Point noir par contre pour les voix, assez ridicules dans l'ensemble.

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