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Table Tennis - Test

Même une importante lacune et quelques imperfections n'altèrent pas ce grand jeu de simulation, véritable hommage au tennis de table.

Lorsque le manuel d'un jeu vidéo commence par un historique détaillé, lorsqu'il se présente comme un hommage au sport dont il fait la simulation, lorsque le sport en question est plutôt méconnu et ignoré de la majeure partie des gens, l'on peut-être sûr que le jeu vidéo en question est le fruit d'une certaine passion.

Les jeux de simulation de tennis de table, tous supports confondus, n'ont jamais pullulé si l'on compare avec les jeux de tennis, manque de popularité du ping oblige. Quoi qu'il en soit, à vrai dire, ce n'était pas très regrettable car jouer au ping-pong avec des boutons n'était pas spécialement très attractif. Rockstar Games avait néanmoins tenté le pari sur Xbox et plutôt bien réussi avecTable Tennis qui avait fait l'objet d'un succès certain. il devenait alors inévitable, à l'heure de la Wii, d'adapter ce jeu à cette console qui lui donnerait la seule chose qui pouvait lui manquer : un maximum de réalisme.  


Top-spins, smashs et courbatures à gogo !

Plus actuel que jamais : Table bleue et balle orange
Plus actuel que jamais : table bleue et balle orange
D'entrée le ton est donné : avec son navigateur en forme de balle, ses sons et bruitages de menu tous provenant de l'univers du tennis de table, le sponsor de deux des plus grandes marques de ping (Joola et Butterfly), ses tables bleues ou vertes, ses balles oranges ou blanches, ses prises à l'européenne ou en porte-plume, la représentation des nations où ce sport est le plus implanté, à commencer par la Chine et la Suède bien-sûr, ses gestes et postures des joueurs qui correspondent tout à fait à la réalité, les poings brandis et cris de victoire, l'utilisation des effets coupés, liftés et latéraux, le respect des nouvelles règles de sets en 11 points, la possibilité de smasher... oui, indéniablement, Table Tennis est un véritable hommage au tennis de table, respectueux de son passé et de ses évolutions ainsi que de ses techniques pourtant assez complexes. Si certes on ne joue plus sur des tables vertes ou avec des balles blanches, si certes quasiment aucun joueur de très haut niveau ne joue plus en porte-plume, ces petits détails font partie de son histoire et il aurait été dommage de les passer sous silence. De ce point de vue, Rockstar Games mérite amplement la reconnaissance de tous les passionnés du ping, car ses développeurs ont accompli ce que jamais personne n'avait fait auparavant, et la magie de ce décor authentique opère immédiatement son effet.

La mythique prise en porte-plume
La mythique prise en porte-plume
Le pari est-il aussi réussi sur le jeu lui-même ? A-t-on l'impression de faire une vraie partie en jouant avec sa wiimote ? Presque mais pas tout à fait. Presque car après seulement un match, on a de douloureuses courbatures dans le bras, car la vitesse de frappe de nos coups est réellement prise en compte, car on peut smasher pour de vrai, car on joue à un rythme effréné et on finit par avoir un peu chaud et transpirer, car le niveau de difficulté nous oblige à passer par le mode entraînement pour bien maîtriser les commandes et trouver le geste idéal. Le placement de la balle, à droite ou à gauche, près du filet ou en profondeur correspond aussi à nos mouvements, pourvu qu'ils soient bien marqués. Oui, on a vraiment l'impression de s'y croire, on établit des stratégies comme dans un vrai match, en alternant le placement à droite ou à gauche, des balles courte ou longues, et ça fait vraiment du bien de voir un bon jeu de simulation, avec de vrais menus et de vraies options, et un CPU plutôt intelligent. Enfin, on nous offre autre chose que les prototypes proposés par WiiSports.

Mais le réalisme a quand même quelques notables limites. Les effets sont actionnés par la croix de la wiimote et non par le seul mouvement de la main. Frapper vers le bas ou vers le haut, même si l'on imprime un fort mouvement de poignet, ne déterminera pas l'effet mais le placement ou non en profondeur du coup et c'est tout. La Wii aurait-elle été capable de détecter de telles subtilités de mouvement et doit-on en faire le reproche aux développeurs ? Rien n'est moins sûr. Cependant, lorsque que l'on effectue un revers et que le joueur sur l'écran frappe en coup droit (ou inversement), ça commence à devenir un peu plus surprenant. Et lorsque l'on réalise qu'aucun mode gaucher n'est disponible, alors que la proportion de pongistes gauchers est largement plus élevée que la moyenne, on hallucine ! Pour une telle lacune, confinant à l'insulte surtout lorsque l'on se veut être un hommage au ping, l'on se dit que le jeu mériterait presque de finir à la poubelle. On s'aperçoit quand même que, qualité du défaut du jeu, un gaucher pourra quand même jouer à Table Tennis puisque le jeu mélange les coups droits et les revers et que c'est la direction du mouvement qui compte, mais le fait est que l'immersion en sera largement gâchée vu que le personnage à l'écran tiendra sa raquette dans la main droite... Comment un tel oubli a-t-il pu être commis ? Comment cela-est-il possible ? Ou l'option est-elle à ce point cachée qu'elle est passée inaperçue ? Mesdames et Messieurs les gauchers, n'hésitez pas à exprimer votre indignation face à cette discrimination inadmissible et à écrire un message de protestation !

Sponsor des plus grandes marques
Sponsor des plus grandes marques
Pour le reste, les modes, options proposés et objets à débloquer, certainement tous repris de la Xbox, sont très suffisamment développés et nombreux pour donner une large durée de vie au jeu. Notamment, au-delà des statistiques, réglages des sons et musiques, des acclamations du public, du choix des salles, sont proposés 3 niveaux de configuration pour jouer. Il est ainsi possible de commander ou non le déplacement du joueur avec le stick du nunchuk. Dans ce jeu relativement difficile où un temps d'adaptation et d'entraînement est nécessaire et où la marge de progression est importante, cette possibilité de laisser le CPU diriger le pongiste, en tout cas dans un premier temps, est largement bienvenue et bien pensée. Une autre niveau de configuration permet d'utiliser la stick du nunchuk pour viser le placement de la balle sur la table, mais outre que cette option gâche un peu l'immersion, elle n'offre pas de viseur ce qui oblige à viser à l'aveuglette. Cette configuration peut donc être oubliée sur une console comme la Wii. S'agissant du mode multi-joueur, le jeu prend le parti de ne pas couper l'écran en deux, ce qui signifie que l'un des 2 joueurs voit son personnage, non pas de dos, mais en face de lui, ce qui complique un peu la tâche, gâche nécessairement l'immersion et en rebutera plus d'un. Néanmoins, à chaque changement de service (soit tous les 2 points), la position des joueurs est inversée, ce qui atténue le désagrément. A l'heure des écrans géants, on regrette quand même de ne pas avoir eu 2 affichages à disposition. 

Au final, avec sa magique authenticité, son menu très fouillé et sa réaliste gestion à la wiimote, et malgré l'indisponibilité du mode wi-fi, Table Tennis séduira non seulement les passionnés et amateurs de tennis de table, mais aussi ceux qui cherchent tout simplement un bon jeu de simulation. Pourvu qu'ils soient droitiers...

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