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Le Testament de Sherlock Holmes - Test Xbox 360

Le Mystère de la Momie (2002), La Boucle d'Argent (2004), La Nuit des Sacrifiés (2006), Arsène Lupin (2007), Jack L'Éventreur (2009) – sans compter toute une série de jeux casual autour de Sherlock Holmes : en l'espace d'une dizaine d'années, le studio Frogwares est devenu le spécialiste du célèbre détective imaginé par Sir Arthur Conan Doyle. Avec Le Testament de Sherlock Holmes (2012), les développeurs moitié ukrainiens moitié irlandais remettent en lumière le plus célèbre des détectives dans un point'n click à l'histoire originale bourrée de suspense, et de moments glauques.

Une tentative d'effraction. Des objets sens dessus dessous. Une empreinte de mains minuscules. Un bijou de grande valeur – apparemment – disparu. Une victime incongrue (un poisson d'aquarium). Plouf, plouf. Voilà une affaire bien étrange à résoudre. Pour Watson, tout du moins. Car pour Holmes, dix petites minutes d'une démonstration hallucinante vont lui suffire pour clore l'enquête. N'a pas une puissance intellectuelle « bac+2 les amis » qui veut. C'est sans doute pour cela que les journaux commencent à s'interroger sur la personnalité si particulière du célèbre détective... jusqu'à l'accuser d'être de mèche avec le camp du crime. Calomnie ! Jalousie ! Honte à eux !

Sauf qu'à bien y regarder, les réactions de Holmes se font effectivement de plus en plus contestables...


Whitechapel et sa fausse distance d'affichage pour le présent visuel... Sous X360, le brouillard fait qu'on y voit plus rien à 5m.

N'allons pas plus loin ! Un spoil malheureux est si vite arrivé. Mais sachez que pour cet épisode prenant encore plus de liberté vis-à-vis du background du personnage d'origine, les développeurs n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère en matière de suspense et de rebondissements. Sur toile de fond vraiment glauque – bien que plus lumineuse dans sa tonalité environnementale que l'opus contre Jack l'Éventreur, Le Testament de Sherlock Holmes s'axe autour d'un scénario à la machination redoutable, laquelle va entraîner Holmes et Watson aux quatre coins d'un Londres au bord du gouffre.

Pour l'occasion, Frogwares s'est d'ailleurs payé un nouveau moteur graphique. Loin d'atteindre le niveau de réalisme d'un LA Noire (budget oblige), ce dernier permet tout de même d'avoir des modélisations plus fines et des décors mieux détaillés. La motion capture employée en renfort pour les personnages participe également à rendre l'ensemble plus immersif, même si les animations ne sont pas toujours une réussite (cf. attitude militaire des personnages lorsqu'ils pivotent sur eux-même). Ceci dit, par rapport aux épisodes précédents, le rendu général est en nette évolution. Ceux qui ont déjà visité l'appartement « vieux garçon » de Holmes et Watson ou le quartier inquiétant de Whitechapel s'en rendront tout de suite compte. Des décors, en passant, qui par leur nature plus ou moins ouverte, offrent parfois un semblant de liberté appréciable, ne serait-ce que dans le choix de visiter différents endroits suivant l'ordre que l'on aura décidé.

Visuellement, le soft s'en sort donc avec les honneurs... En grande partie, seulement. La version X360 testée revêt en effet quelques artefacts que l'on ne s'attend pas à trouver dans un jeu millésimé 2012. Passons sur la gestion un peu rude des effets de lumière et d'ombre pour nous concentrer sur l'accumulation de vilaines textures – les mots étant ici faibles – que le dernier (grand) décor nous placarde à tout va. De cette bouillie de pixels non seulement désagréable pour l'œil mais aussi pour l'immersion, découle un sentiment de « fait à l'arrache » qui ne coïncide pas avec le soin apporté à la plupart des décors, plus modestes en terme d'envergure. Problème de moteur graphique ou portage made in Spiders foiré ? Enfin, il est regrettable de constater que cette version X360 n'autorise pas l'inversion de l'axe vertical dans les commandes de la manette. Du coup, certains joueurs auront du mal à prendre en main Holmes ou Watson, qu'il s'agisse de la vue subjective ou à la troisième personne. Le temps d'adaptation nécessaire pour s'y faire a des chances d'entacher le plaisir d'exploration. Les premiers pas durant.


Holmes confronté à l'un des nombreux moments sordides de l'aventure.

Une vingtaine d'heures sont d'ailleurs nécessaires pour faire le tour de l'aventure. C'est dans la bonne moyenne des durées de vie d'un jeu du genre. Durant ce laps de temps, l'enquête est parsemée de nombreux puzzles et énigmes aux difficultés plus ou moins corsées : séances de crochetage, décryptages de code, mini-jeux, (quelques) associations et observation d'items, etc. Les Holmes en herbe passeront ces épreuves sans trop de soucis. Ceux dont la tournure d'esprit est plutôt Watsonienne (c'est-à-dire peu fine, à en croire ingame cet hautain de Sherlock) pourront toujours se tourner vers diverses aides, histoire de contrer l'hermétisme de certaines situations.

Outre les éléments reportés dans l'inventaire (documents récoltés, fil de conversations...), le joueur peut se tourner vers Watson – le preneur de note et larbin de service, pour se remémorer la démarche à suivre. A cela s'ajoutent le désormais indispensable « sixième sens » (révélateur de zones interactives) et la possibilité de zapper les énigmes et puzzles passé un certain délai. Seules les séquences de déductions via leur tableau spécialement dédié seront un passage obligé pour tout le monde. Ce système, fer de lance de la franchise, recense les indices glanés au cours des investigations. Au joueur ensuite d'associer les idées pour recomposer le déroulement d'une affaire. Le tout reste fort heureusement logique, pour peu que l'on soit observateur... à défaut d'avoir l'imagination débordante (sous acides) d'un Holmes.

Au-delà de quelques défauts (pas spécialement rédhibitoires), Le Testament de Sherlock Holmes est un jeu qui se laisse savourer. Principalement pour son scénario, accrocheur d'un bout à l'autre du voyage. Malgré la présence de phases pénibles (dans la peau d'un chien), d'une mise en scène peu inspirée (pour ne pas dire maladroite) ou de la refonte globale du casting vocal français (réussie mais moins convaincante), ceux qui ont aimé les précédents épisodes seront convaincus haut la main par ce titre. A coup sûr. Les amateurs de point'n click n'ayant jamais touché à un jeu Frogwares y trouveront également leur compte, tant l'enquête regorge de choses intéressantes. Mais gaffe à la tonalité du jeu : à ne pas mettre entre des mains innocentes.

Quant aux fans de la version papier de Conan Doyle, auront-ils la curiosité de voir Holmes sous l'angle singulier mis en œuvre dans ce Testament ? Rien n'est moins élémentaire...

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