A DECOUVRIR
9/10

The Witcher 2 : Assassins of Kings - Test

Avis à la Populace

Cher néophyte : si tu n'as pas encore mis un panard dans le jeu de rôle à la troisième personne The Witcher, vu tourner au clair de lune son héros Geralt de Riv sur un ordinateur, lu une de ses odyssées papiers, bavé devant le film et la série kitschouille ou entendu vaguement parler d'un mutant stérile aux cheveux blancs aussi chaud que la braise dès qu'une donzelle tortille du fessier, la découverte de cette suite – et par ricochet le décodage de la présente missive, va te plaquer sur le carreau. Assassins of Kings, en plus de te faire prendre le train en marche sans chichi, n'est pas très loquace concernant le passé confus de son personnage vidé de toutes illusions. C'est d'autant plus fâcheux que les seigneurs de la franchise ont confectionné un magnifique récapitulatif du premier épisode (dépendant d'une trilogie), et qu'il aurait été appréciable, bougre de Dieu, d'avoir cette séquence animée dans les extras du jeu – où figure toutefois l'anime exclusif sur les origines d'un Sorceleur (chasseur de monstres). Je suis bon Prince, ami parachuté en pleine tempête sans ta bouée canard ! Version originale, avec de vilaines révélations dedans, pour le curieux anglophone ce dont il est sujet : voir la première vidéo en fin d'article !

Autrement, toi le fier comme un coq qui fuit le moindre spoil, si tu ne veux pas boire la tasse, cours consulter le journal des protagonistes pour te familiariser avec le parcours mouvementé de ce bon vieux Geralt. Par contre, vous autres, coutumiers du curriculum de Loup Blanc, serez à l'aise comme des poulpes en eaux troubles, tant le raccord entre le premier et second opus est fait de points de suture (presque) invisibles. A tout dire, ce qui va suivre s'adresse plutôt à vos mirettes, compagnons : Une ère de chaos indescriptible vient de s'ouvrir. Les puissances s'affrontent en coulisse dans une lutte acharnée de pouvoir et d'influence. Les Royaumes du Nord mobilisent leurs armées et se préparent à la guerre. Hélas, les troupes en marche sont bien peu de choses face au complot sanguinaire qui se trame. Quelqu'un cherche à faire tomber les têtes couronnées, et chaque nouvelle tentative ne fait qu'intensifier un peu plus la confusion qui règne dans ce monde désormais soumis à la loi du plus fort...


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Carte de la Vallée du Pontar

C'est dans cet arrière-plan crépusculaire que Assassins of Kings embraye, quelques semaines après l'attentat contre le roi Folder déjoué par Geralt de Riv, lors de l'épilogue de The Witcher (premier). Mais très vite, le plus talentueux des Sorceleur est accusé de participer aux régicides. Au milieu des manigances, parmi les énergumènes louches et face aux créatures vénéneuses, il devra parcourir la Vallée du Pontar pour remonter à la source du problème, et y laver son honneur. Ça promet.

Il était un Dédale

Violentes, crados et inquiétantes, les terres sur lesquelles rôde le Sorceleur figurent un univers médiéval-fantastique saisissant et magistral pour un jeu vidéo du genre. Plus que les scènes de cul gratuites ou la collecte de cartes érotiques pour pré-pubères en déficit de nénés, le bestiaire inspiré de la mythologie Slave et le caractère trompeur des individus rencontrés, la personnalité rustique de Geralt et la mélancolie de la plupart des situations, les compagnons et adversaires charismatiques, les répliques acerbes et cyniques, ou les dilemmes déchirants imposés en cours de chemin constituent les bases d'une saga qui, dès le premier épisode, marqua l'esprit de nombreux rôlistes. The Witcher 2 – Assassins of Kings, sur d'innombrables aspects, ne fait pas que confirmer le potentiel démentiel de cet univers imaginé par le romancier Andrzej Sapkowski. Ce second opus à la mise en scène et à la bande son (doublage voix anglais sous-titré et musiques) chiadées rajoute une vénérable couche : celle d'une liberté d'action à vous filer de gros vertiges. Attention, ne vous méprenez pas. Le soft de CD Projekt n'a rien à voir avec un open world à la Skyrim et ses 200 heures minimum de sa vie grillée.

The Witcher 2 et ses maps semi-ouvertes (quelques fois couloirs) ne monopoliseront « que » quarante heures. A tout rompre, et en prenant le temps de ne rien louper lors d'une première tribulation. En revanche, si vous voulez percer toutes les facettes d'une trame ô combien labyrinthique, en relançant une partie pour y tâter d'autres alternatives scénaristiques, vous allez tomber nez à nez avec des pans entiers de trucs inédits (décors, protagonistes, quêtes, focalisations, objets). A coups certains, et à proprement parler, se servir des termes « pans entiers » n'est pas une fanfaronnade. Car la grande richesse de cet épisode est sa non-linéarité. De toute évidence, la destination reste relativement inchangée d'un joueur à l'autre. Mais le cheminement, lui, peut migrer de bord radicalement si bien que Choix et Conséquences – disons-le avec certitude, n'ont jamais été aussi bien exploités dans une entreprise vidéo-ludique. Voilà exposé en un seul paragraphe toute la richesse d'un titre d'envergure qui ne lésine pas sur les moyens pour que chacun vive son aventure.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Geralt de Riv chassant les pigeons mutants !

Geralt, le Quatre Fantastiques

De visu, The Witcher 2 : Assassins of Kings est un jeu de rôle pour solitaire somme toute classique et complet. Sous ses faux airs renfermés, Geralt « Langue Perçante » adore tailler le bout de gras. Les échanges dialogués sont l'occasion d'en apprendre plus sur une région, de dénicher des indices ou des quêtes, de contourner une affrontement ou, tout simplement, de commercer. La bourse est bien pleine, le Geralt pratiquera sans vergogne le pot-de-vin pour plier à sa convenance une âme récalcitrante. A défaut, trois façons d'influencer les esprits faibles seront parfois suggérées : l'intimidation, la persuasion, l'envoûtement. Ceci dit, la réussite dépendra du niveau de ces caractéristiques, lesquelles gagnent automatiquement un niveau avec la pratique et lorsque l'influence passe avec succès.

Entre deux répliques et une partie de jambes en l'air, Geralt « Bout-en-Train » n'oublie pas d'inviter certains interlocuteurs autour d'une des trois activités de détente : le poker aux dés (toujours illisible), les rixes à mains nues (esthétiquement nerveuses), le bras de fer (délicat en mode difficile). Ces mini-jeux - à l'intérêt ludique peu enthousiasmant mais non dénués d'un soupçon de challenge, ont néanmoins le mérite de permettre de se remplir les poches (vites vides) et d'enrichir de manière transversale le background folklorique de The Witcher.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Rixe à mains nues, en QTE

Comme la plupart de ses comparses vidéo-ludiques, Geralt « C'est dans la Poche Coco » embarque une flopée d'outils pour s'organiser et ne pas crouler sous un emploi du temps surchargé. Un coffre personnel (sans fond, évidemment) et un sac de voyage (limité en capacité, il va sans dire) vous feront de l'œil toutes les deux secondes pour y trier les trouvailles, s'équiper de la dernière paire de bottes à la mode, ou batailler ferme avec le principe honteux du menu déroulant de 3 km de long. Son journal, d'autre part, sera une mine d'informations pour qui aiment se déchirer la rétine sur un écran de télévision : quêtes principales et secondaires, lieux visités, personnages rencontrés ou évoqués dans une conversation, conseils stratégiques (piqués dans un des nombreux bouquins du jeu) pour aborder le bestiaire, schémas et formules destinés à l'artisanat et à l'alchimie, tout est à porter du moyenâgeux des temps modernes. Enfin, carte et repères GPS dans The Witcher seront d'autres alliés pour repérer une boutique, un artisan, une quête active ou des ennemis. N'en déplaise aux vrais de vrais qui ne jugent que par le positionnement des étoiles pour se prendre un arbre en pleine figure.

Geralt « aux Mains d'Argent » est champion des travaux manuels... parfois par procuration. S'il possède dans son bagage un quelconque schéma et le matériel adéquat (dispatché à la pelle dans les décors), les artisans pourront lui forger armes et armures. Et vu le nombre important de sets différents disponibles, il y a de quoi faire. A l'aide de son Médaillon qui repère les zones interactives, le Geralt s'adonne à la cueillette d'ingrédients en pleine nature (fleurs, plantes, minéraux) ou sur la carcasse encore fumante de ses victimes. Sur certaines dépouilles – les plus puissantes, des récompenses attendent sagement d'être récoltées. Une fois équipés (trophée) ou associés (mutagènes) à un talent, ces dernières octroient des bonus de caractéristiques non négligeables. Pour peu que le Loup Blanc ait en sa possession la bonne formule, il sait confectionner divers items (potions, bombes à lancer, huiles pour armes, leurres pour la chasse). Et ce, uniquement hors combat dans un mode dit de « Méditation ». Ce mode ouvre quatre entrées : l'atelier d'alchimie où confectionner ses mixtures à partir de formules, le tableau des potions à ingurgiter en prenant garde au niveau d'intoxication, un espace de repos pour permettre au temps de défiler (certains rendez-vous le nécessitent), un accès aux caractéristiques du personnage et à l'arbre des compétences.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : une partie de l'arbre des compétences (entraînement)

Deux Valent Mieux qu'Une

RPG oblige, résolution de quêtes et ennemis liquidés génèrent de l'expérience qui permettra, à chaque gain de niveau, de distribuer des points dans l'arbre imposant des compétences. Quatre branches praticables : la voie initiale, dans laquelle il faut dépenser six talents pour débloquer les voies majeures de l'Art de l'épée (force et combat direct), d'Alchimie (spécialiste des mixtures en tout genre) et de Magie (mix parfait distance / corps à corps). Tous les profils sont concevables. Mais si le jeu autorise une grande latitude de customisation suivant vos affinités avec telle ou telle approche, votre Geralt ne pourra pas domestiquer l'ensemble des écoles. Toutefois, en cas de spécialisation, chacune de ces disciplines aboutit sur de puissants bonus gérés par une jauge d'Adrénaline, comme le coup ultime sur groupes, la Rage et ses dégâts phénoménaux ou le signe d'Heliotrope (sorte de bullet time sur les ennemis).

En tant que chasseur de monstres et pourfendeurs de mécréants, Geralt embarque une lame en argent destinée à occire les créatures surnaturelles, et une épée en acier pour tailler la chair des humains, non-humains et bêtes sauvages. Cette particularité propre à la profession de Sorceleur a cependant un revers : un glaive d'acier causera moins de dégâts sur un monstre. Et vice versa. Pour couronner le tout, des sites de Pouvoir sont dissimulés un peu partout dans le jeu. Révélés à l'aide du médaillon de Sorceleur, ces lieux où se concentrent les énergies arcaniques augmentent temporairement les caractéristiques de Geralt. Peu utile en mode facile, les faveurs de ces sites sont cependant un soutien indispensable pour dominer les adversaires les plus coriaces. Leur découverte respective ne sera pas un luxe.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Combat romantique au crépuscule

Stratégie Temps Réel (avec Bullet Time intégré)

Les combats, fer de lance de l'aventure, se révèlent en fin de compte dynamiques et agréables. A condition de ne pas aller au casse-pipe tête baissée en début de partie. Geralt de Riv a beau afficher des prédispositions surnaturelles, il ne fera pas long feu en jouant uniquement les gros bras. A plusieurs reprises, des phases rares mais appréciables d'infiltration viendront ponctuer le périple, avec les éventualités contextuelles de se mettre à couvert, d'escalader des obstacles, de regarder à travers une fenêtre, d'éteindre les éclairages pour profiter de l'obscurité et exécuter en silence l'adversaire. The Witcher 2, sans doute plus que le premier épisode, n'est pas un vulgaire hack'n slash sans cervelle. Ce titre exigeant demande d'être stratège, parfois malin et discret, faute à une difficulté pas toujours bien dosée.

Affronter une horde d'adversaires ou un mini-boss, c'est surtout synonyme de roulades à répétition, de parades et ripostes placées à la seconde près, d'alternance de coups tantôt légers tantôt puissants – par petites touches éparses, d'attaques à distance (dagues, bombes). En parallèle, le Sorceleur doit maîtriser les rudiments d'une magie constituée de cinq Signes : Aard et ses effets de télékinésie pour repousser (idéal pour placer une mort subite) ; Yrden et ses pièges magiques pour clouer au sol ; Igni et son jet de flammes ; Quen et son bouclier protecteur à effets temporaires ; Axii et ses envoûtements pour faire d'un adversaire un allié. L'utilisation de cette magie particulière n'est pas infinie mais tributaire des points (extensibles à chaque niveau) de vigueur du Sorceleur. N'allons pas plus loin, vous l'aurez compris : Assassins of Kings nécessite donc une connaissance correcte de l'ensemble des aptitudes de Geralt, de l'intérêt de boire des potions (en gérant sa tolérance à l'intoxication) à la pose de pièges, en passant par l'emploi d'huiles pour lames. Tout cela, évidemment, à prévoir avant de fouler un champ de bataille, ces items particuliers n'étant pas accessibles en plein combat.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Le feu, ça brûle !

Des Ampoules et des Larmes

Les jeux de rôle imaginés par CD Projekt RED sont réputés pour n'être ni faciles, ni tout public. En règle générale, lorsqu'un novice débarque dans l'univers du Witcher, un temps d'adaptation et de la persévérance sont nécessaires pour maîtriser la monstrueuse bête. Et si le second opus a amplement simplifié certains aspects de son gameplay (R.I.P. synchronisation des coups et maîtrise du combat contre plusieurs adversaires en même temps), la prise en main n'est toujours pas chose aisée. Même pour un vieux singe expert en grimaces. Car entre le mode de Méditation, la gestion des Signes, les différentes jauges (vigueur et adrénaline), le système de craft (potions, items) dur à déchiffrer, l'utilisation des pièges / bombes, les techniques d'affrontement (parade, roulade, contre-attaque, ciblage), le niveau de toxicité, l'utilité du médaillon, l'arbre vertigineux des compétences, l'inventaire bordélique, les entrées du journal et les informations complémentaires paumées dans l'interface, les différents mécanismes sont lourds à encaisser d'une seule bouchée. Surtout lorsqu'il n'y a pas de sas de décompression.

Pour remédier à ce soucis de clarté – et depuis la mise à jour 2.0, un didacticiel sous forme de courte aventure anecdotique introduit étape par étape les principaux instruments mis à notre disposition pour survivre dans le monde redoutable du Sorceleur. Rapide à parcourir, et terminant sa course dans une arène – la même que l'on retrouve dans le mode éponyme (indépendant de l'aventure solo et où s'affrontent tout un tas d'adversaires), cette étape pose calmement les règles d'un univers à la maniabilité complexe, sans oublier d'indiquer le niveau de difficulté le plus adapté pour le Sorceleur en herbe. Vous êtes prévenus : le voyage sera fun, mais pour atteindre le Saint Graal, il va falloir faire preuve de patience pour dompter le bestiau. Passées les premières heures difficiles, à force d'ampoules et de crises de larmes, la puissance redoutable du Sorceleur sera entre vos doigts.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Fenêtre de l'inventaire à menu déroulant de 3 km (un peu comme cette chronique...)

Beau comme le Fiacre d'un Roi

Chance du débutant (cracheront les bouches putrides) ou vrai performance par rapport à certains concurrents (soutiendront les esprits perspicaces), pour son premier essai sur un portage, CD Projekt RED met effectivement la barre haut. The Witcher 2 étant visuellement le plus impressionnant des RPG développés sur PC – du moins à sa sortie en avril 2011, le jeu ne fera bien entendu pas d'ombre à une version sur une machine de guerre. Mais les développeurs polonais ont respecté l'ambiance originale et n'ont pas (trop) dénaturé les différents environnements où chacun vague à ses occupations. Le jour, les uns réparent leur toiture, d'autres s'adonnent à la pêche ou partent récolter du bois, pendant que des gamins vous tournent autour, intrigués par votre nature surhumaine. La nuit, les brigands mal intentionnés et poivrots sortent de leur sommeil et zonent dans les ruelles obscures, alors que les bonnes gens pioncent au chaud dans les chaumières, et qu'un veilleur s'occupe d'allumer les torches de la ville plongée dans le noir. Du comptoir de Flotsam et ses forêts majestueuses, à la cité naine Vergen et ses collines trouées de galeries minières, c'est le souffle coupé que l'on découvre ces décors vivants emplis de détails, de jolis jeux de lumière, et d'une belle distance d'affichage sur les arrières plans.

En ce sens, les développeurs sont parvenus à exploiter les atouts de la console de Microsoft en limitant la casse... au profit du crénelage, de retards d'affichage des textures (parfois baveuses), d'épurations de détails. Rien d'inhabituel, en somme. Et passage obligé pour transcrire une telle démonstration technique sur du hardware datant de fin 2005. Malgré tout, pour un jeu se déroulant dans un monde semi-ouvert graphiquement exigeant, la mouture X360 reste parmi les plus beaux jeux sur cette génération. D'autant que les temps de chargement entre les différentes zones sont minimes, pour peu que le soft ait été installé sur le disque dur.

Au pad, le jeu se révèle d'ailleurs plus pratique que le combo souris / clavier – lequel était légèrement catastrophique (même pour quelqu'un ayant six ou sept doigts à chaque main). Hormis des problèmes persistants de conteneurs / dépouilles impossibles à ouvrir, qu'il s'agisse de navigation dans l'inventaire, de l'accès au menu radiant et à la sélection des raccourcis de sorts et d'items de jet, du verrouillage automatique d'une cible et du mode de parage, de l'art de dégainer l'une de ses deux lames, des boutons à utiliser pendant les phases QTE des rixes à mains nues, ou du réglage de la jauge de force pendant les séances de bras de fer, tout est réellement plus intuitif. Preuve qu'en amont, The Witcher 2 avait déjà été pensé pour une adaptation sur console de salon.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Visuel d'un des contenus exclusifs

Hé, les Mecs, c'est Cadeau !

Tout comme la précédente sur The Witcher, cette édition Enhanced ne fait pas dans la fine bouche et gave littéralement l'aventure originale d'apports enrichissants. Ceux qui n'ont pas encore testé The Witcher 2 dans sa version originale ne s'en rendront pas compte. Et pourtant...

En terme de contenu, et vis-à-vis des précédentes et conséquentes sections de The Witcher 2 – prologue (interminable) y compris, le dernier chapitre n'avait pas séduit la majorité des Sorceleurs. Prenant place dans un environnement rébarbatif, au level design étriqué et pauvre en quêtes secondaires construites avec panache, le rideau de fin censé en mettre plein les mirettes tirait effectivement le soft vers le bas. Sans pour autant être le ratage de l'année 2011 (loin de là), cette partie expédiée et pourtant décisive de l'aventure avait effectivement un goût âpre. Comme si inachevée. Conscients des lacunes, les développeurs de CD Projekt ont profité de la Enhanced pour revoir leur copie. Rien de transcendantal en l'occurrence. Mais tout de même : largement de quoi rétablir l'équilibre, et gonfler l'espérance de vie d'une grosse poignée d'heures.

Pour ce faire, deux nouvelles quêtes (Lis et Vipères ; Les Secrets de Loc Muinne) s'intègrent désormais à la dernière ligne droite du périple. En relation avec la trame principale, ces missions de longue haleine sont l'occasion de proposer de nouveaux personnages et décors, principalement pour ces derniers des souterrains situés sous Loc Muinne et une espace forestier plus ouvert. Dans l'optique de peaufiner leur jeu et mettre en valeur l'implication du joueur, les dernières minutes de The Witcher 2 sont agrémentées d'une douzaine de séquences vidéos générées à partir de nos différents actions. Fidèle à la tradition des grands jeux de rôle qui n'oublient pas de laisser une place à l'épilogue, ces conclusions – lesquelles faisaient défaut - apportent un panorama grisant sur les conséquences de nos choix, et ce à plus ou moins grande échelle. Cerise sur la gâteau – et histoire de rassurer ceux qui n'ont toujours pas digéré la queue de poisson de la dernière image de The Witcher 2, une séquence animée ultime fait enfin le lien avec le prochain (et dernier) opus à venir. Sans toutefois répondre à l'ensemble des questions posées (la Chasse Sauvage, par exemple) dans cet Assassins of Kings, l'ouverture proposée devrait en faire saliver plus d'un. L'attente n'en restera pas moins longue...


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Cinématique d'introduction fulguropoint !

Au niveau des autres cutscenes additionnelles, les joueurs seront pourris-gâtés. Tout d'abord, ce n'est plus un secret pour les suiveurs de news made in CD Projekt, une cinématique en images de synthèse pré-calculées par l'équipe polonaise (Platige Image) du talentueux réalisateur Tomasz Baginski fait désormais office d'introduction à la trame de Assassins of Kings. Mettant en scène le régicide du Roi Demavend – fait historique antérieur à la présente aventure, ces quatre minutes impressionnantes donnent le ton et en disent long sur la masse de boulot mis en chantier pour la Enhanced Edition.

Par la suite, des cinématiques in-game - parfois composées d'images fixes préparées à partir du moteur du jeu, feront leur apparition entre chaque chapitre. Amortissant les ellipses du récit et mettant en valeur le contexte, ces rapides segments illustrent concrètement la progression de Géralt sur la carte des Royaumes du Nord (théâtre du voyage). Le tout, suivant les codes du récit raconté par un tiers, à savoir : le Barde de service, Jaskier. Enfin, une dizaine de vidéos exclusives (et doublées pour l'occasion) viendront ponctuer tout au long de la partie les différents moments clés en marge de l'aventure du Sorceleur. De quoi enrichir considérablement le background d'un Assassins of Kings dont certains événements parallèles étaient jusqu'alors simplement survolés.


The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition (X360) : Geralt et Triss

La Somme de Sommes

Que rajouter de plus sur cette Enhanced Edition ? Pas grand chose, je te rassure, toi le téméraire qui a bravé avec force ma démonstration fleuve pour échouer sur cette pseudo conclusion. Je te rassure, toi aussi, le lecteur pressé qui a eu la malice de survoler ce pogo de lettres, pensant trouver dans le présent paragraphe le condensé de mes quelques réflexions. Il va falloir te contenter de ma note, ou pire, horreur, malheur : te taper ma chronique pour connaître dans ses grandes lignes le fond de ma pensée. Et à toi, CD Projekt, studio polonais qui ne s'est jamais foutu de ma poire, laisse-moi te dire mes quatre vérités.

Tu n'abandonnes pas ta créature dans la fosse aux multiples bugs. Tu peaufines les angles, patches sans demi-mesure, bazardes aux oubliettes cette stupide politique de DRM. Tu restes à l'écoute de la communauté qui fait ta fortune. Et par dessus tout : pour les possesseurs d'une version de The Witcher 2 (PC), tu te permets de rajouter des tonnes – DES TONNES, HEIN !, de contenus sans rien demander en retour ? Pas une piécette, ni même un sourire ? Dans un monde où la masse pactise avec les démoniaques DLC payants, tu oses aller à contre-courant ?

Fou que tu es...

Je t'aime.

---

Bonus

Previously on The Witcher :

 

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7 commentaires

  • Canette Ultra

    01/02/2012 à 08h19

    Répondre

    Le médaillon est parfait pour briller dans les cocktails http://jeux-video.krinein.com/best-of-c ... 18090.html

  • Guillaume

    18/04/2012 à 20h54

    Répondre

    9 ! Wow, ça doit déboiter http://jeux-video.krinein.com/-24509/th ... 18758.html

  • gyzmo

    18/04/2012 à 21h01

    Répondre

    C'est surtout un excellent portage - pour une première qui plus est. Vu le monstre de puissance que ce jeu est sur PC, c'était pas gagné de réussir à le transposer d'une si belle façon sur du hardware en fin de vie. Sublime.

    Et là, j'ai une (toute petite) pensée pour tous ces développeurs qui se sont foirés sur le même type de boulot. Les Risen, les Ego Draconis et compagnie. Prenez-en de la graine, les mecs. The impossible is possible !

    Et l'espoir fait vivre, aussi.

  • Canette Ultra

    19/04/2012 à 10h00

    Répondre

    mais ont-ils atteint le Posimpible ?

    Je le prendrai à l'occaz'
    (ça me fera de l'occupation entre Deus Ex et ça)

  • Lanfeust_deTroy1

    19/04/2012 à 10h21

    Répondre

    Gyzmo, ta chronique est excellente! (Bien qu'un peu courte, je trouve)

    Pas encore le jeu, mais clair qu'il sera à moi un jour (sur PC, parce que bon...). Ayant lu le bouquin dans ma prime jeunesse, je suis vraiment ravi de voir que pour une fois, un portage bouquin-jeu vidéo fait quelque chose de bien, et 2 x de suite qui plus est.

    ça change

  • gyzmo

    19/04/2012 à 13h19

    Répondre

    Merci Lanfeust !

    Je veux pas dire de bêtises - n'ayant pas lu (encore) la saga du Sorceleur, mais je crois que la franchise jeu vidéo reprend là où le dernier bouquin s'arrête. Et faut savoir que concernant le développement des jeux, l'auteur original travaille en collaboration. D'où la réussite de la transposition, je suppose.


    ta chronique est excellente! (Bien qu'un peu courte, je trouve)

    Effectivement, j'ai été un peu pris par le temps
    (mais heureusement, vous avez un beau condensé des points positifs/négatifs dans la conclusion ! Ahahah)

  • el viking

    19/04/2012 à 14h34

    Répondre

    J'ai adoré la fin, avec le

    "Je t'aime"


    Très touchant!

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