7/10

Those Who Remain - Test PC

Ayant toujours eu un faible pour les jeux indépendants, et un penchant occasionnel pour les jeux d'horreur pas trop méchant, Those Who Remain et sa brassée de nominations ont donc forcément attiré mon attention.

Incarnant à la première personne un papa un peu torturé par le décès tragique de sa fille, on débarque à la tombée de la nuit dans les alentours d'une petite ville nomméé Dormont. Ignorant tout de ce qui a bien pu se passer, on découvre petit à petit les tenants et aboutissants de plusieurs histoires glauques, entremêlées les unes aux autres, où l'on s'aperçoit que l'indifférence et le silence des gens s'avèrent souvent plus meurtriers que la barbarie elle-même. C'est ainsi le premier point assez prenant du jeu : une narration bien menée, un peu éclatée pour mieux nous perdre, progressive pour mieux nous tenir, terrible pour nous faire méditer. Les thématiques sont classiques et connues mais Those Who Remain a une approche originale, qui lui a probablement valu ses nominations et quelques prix.


Soyez dans la lumière ou ils vont tueront.

On apprécie aussi les quelques choix alternatifs qui sont proposés et qui amèneront bien sûr à des fins différentes, un peu façon Death Mark et Siprit Hunter NG. On est cependant moins convaincu par les modalité des choix en questions. Il s'agit tout simplement d'effectuer un jugement moral sur une personne et de dire si on la condamne ou si on la pardonne. Sur le principe, pourquoi pas, cela donnerait la mesure du poids terrible de tels choix. Là où je trouve que c'est trop simple, c'est que les éléments donnés pour se décider sont extrêmement limités en quantité, et la seule impression qu'on a quand on doit prendre la décision c'est : "Hein, quoi, déjà ? Mais je n'en sais pas assez". Et puis comment juger sans même avoir parlé à celui qu'on juge ? Bref, s'embarquer dans une mécanique de condamnation morale, ça demande plus de travail et de subitilité. Donc, j'ai fini par ne plus trop me pencher sur cet aspect, ai motivé mes choix par d'autres considérations liées au scénario général et me suis concentrée sur ce qui était plus attrayant.


De la course-poursuite.

En l'occurrence, ce qui était plus attrayant dans Those Who Remain, c'est son ambience rudement bien prenante et son principe assez simple pour un jeu d'horreur : la ville est vide, seules sont présentes des hordes de spectres noirs de forme humaine où n'apparaîssent que des yeux brillants ; si vous n'êtes pas dans une zone éclairée par la lumière, vous mourrez, tué à la hache par l'une de ces ombres. Il faut alors tout faire pour rester dans une zone de lumière, que ce soit en extérieur ou en intérieur. Pour autant, tout le jeu n'est pas axé là-dessus. Il y a aussi de la recherche à faire dans les différents lieux ou réfléchir de temps en temps pour se sortir d'une situation bloquée. Sur ce point, on apprécie l'existence de deux dimensions parallèles dans Those Who Remain. Naviguer de l'une à l'autre aura son utilité pour accéder à certains endroits. Et puis, il y a quand même de l'adrénaline, c'est pour ça que c'est sympa de temps en temps un petit jeu d'épouvante. Pas de combat, juste de la fuite et de l'infiltration, c'est encore mieux, sans compter bien sûr quelques courses-poursuites, et les effets paranormaux qui nous prennent par surprise et propres à tous jeux du genre, comme les portes qui claquent seules, qui disparaissent, les chaises qui dansent, les grincements, les couloirs qui se déplacent etc.,le tout agrémenté des quelques zones sanglantes. La bande-son n'est cependant pas très marquante en terme de musique, ce sont plus les jeux de sons qui ont été travaillés.


De l'exploration en intérieur comme en extérieur.

Les graphismes sont quant à eux propres et nets, sans non plus nous extasier, les teintes restent très grisonnantes et le détail des visages un peu bâclé et cubiques. Mais bon, vu qu'on doit rencontrer trois personnes à tout casser au cours de l'histoire, ça ne gêne pas plus que ça.

Enfin, côté durée de vie, on n'est pas très loin des 10H, sans pour autant les atteindre. Pas mal pour un jeu indépendant, même pas mal du tout, mais ça reste très juste dans l'absolu, surtout pour un jeu qui coûte 20 €.

Bref, Those Who Remain s'apprécie par son apparoche exploration et furtivité, sa grande variété de lieux et d'action de jeux et sa narration bien menée, donc il contentera les fans du genre épouvante. Il ne faut pas non plus s'attendre à un bijou d'autant plus que la partie alternative est un peu ratée, mais c'est un titre à garder de côté pour le jour où vous serez en mal d'une épouvante sortant des sentiers battus.


Des zones et actions de jeux variées. Cette partie vertigineuse était très sympa.

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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