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Tropico 5 : Kim, Fidel et Augusto sont sur une île…

La célèbre licence Tropico est de retour dans un cinquième opus plus tyrannique que jamais. Reprenez les rênes d’un petit paradis tropical et instaurez-y une dictature fondée sur votre pouvoir personnel et sur la culture de la banane.

Incarner un dictateur caribéen n'est pas en soi l'expérience la plus fun au monde. Néanmoins, les petits gars d'Haenimont Games ont bourré les urnes et le jeu de pointes d'humour. C'est donc avec joie qu'on retrouve dans ce nouvel opus ce lèche-botte de Penultimo, conseiller avisé de El Presidente, toujours prompt aux jeux de mots absurdes. L'humour est toujours là et on ne regrette pas d'être venu.

Mais ce nouvel épisode ressemble autant au 4 que ce dernier ressemblait lui-même à Tropico 3. Côté nouveautés, le gameplay n'a pas beaucoup changé. On notera cependant que l'aventure se déroule sur le long terme, contrairement à ses prédécesseurs. Il se divise en quatre époques : Coloniale, Guerres Mondiales, Guerre Froide, Temps Modernes. La première présente une véritable innovation, puisqu'il s'agit de s'émanciper de la Couronne. En effet, El Presidente n'était alors que El Governor d'une petite colonie et devait obéir aux ordres ridicules de Sa Majesté. Une révolution suffit pour prendre le contrôle totale de son petit paradis tropical. Ensuite, on entre dans une phase très classique de gestion tropiquienne, avec ce que cela implique d'élections truquées et de crimes politiques.


Contrairement à ses prédécesseurs, Tropico 5 n'offre pas une grande diversité architecturale

Du haut de cette potence, trois siècles d'histoire vous contemplent

A chaque époque correspond un arbre technologique, limitant les bâtiments et les décisions disponibles qui ne se débloquent qu'en avançant à travers les siècles. Il en va de même pour les décrets, qui sont accessibles progressivement tout comme les grands principes inscrits dans la Constitution de Tropico. C'est un autre ajout de ce cinquième opus. La constitution est rédigée alors que El Presidente proclame l'indépendance, des technologies permettent d'y ajouter des paragraphes : libertés de la presse, institution militaire, religion d'Etat… Et, comme le dirait mon arrière-grand père Robert-Pierre, « une Constitution, c'est très utile tant que personne ne sait ce qui y est écrit ». Ce nouveau système n'a en effet que très peu d'impact sur le gameplay.

Tout comme la dynastie de votre dictateur. Celui-ci peut désormais avoir des enfants, qui sont susceptibles de lui succéder. Chacun des illégitimes rejetons a droit à un trait de caractère, comme Papa, ce qui en fait de précieux directeurs pour vos usines de boîtes de conserves. Mais si votre dictateur prend sa retraite dorée, un de ses héritiers pourra prendre sa place. Cela n'a rien d'obligatoire, l'air pur et le meurtre d'opposant politique conservent bien. Ainsi, celui qui fut gouverneur en 1880 reste dictateur jusqu'en 2000 sans prendre une ride. El Presidente est immortel !

Time to bring some democracy !  

Ils sentaient bon le bac à sable chaud !

La campagne est assez répétitive, mais reste agréable tant par son scénario que par son rythme. Les missions secondaires sont nombreuses et manquent peut-être de variétés, mais permettent de s'amuser et justifient des tentatives d'urbanisme folles. Pour une fois, c'est du côté du bac à sable que Tropico pèche. Sans enjeu, ce mode de jeu tourne court : il suffira d'une bonne agriculture en début de jeu pour voir des montagnes de pognons affluer dans les caisses et sur le compte en Suisse de El Presidente. Toutefois, rien ne vous oblige à jouer de façon optimisée. Pourquoi ne pas commencer par développer les prémices d'une industrie lourde. Votre but n'est pas de remplir le ventre de vos citoyens, mais vos poches.


Objectif ultime, envoyer vos opposants sur la Lune

Ah, on a failli l'oublier : Haenimont a également intégré un mode multijoueur à Tropico 5. En coop ou en versus, revivez entre amis toute l'intensité d'un débarquement dans la Baie des Cochons. Le multijoueur est cependant très anecdotique et nous n'avons malheureusement pas pu le tester, sans que cela ne diminue en rien l'expérience de jeu.

En somme, Tropico 5 continue de capitaliser sur le gameplay efficace de Tropico 3… Et ça marche ! Les nouveautés ne sont pas légions, elles n'apportent pas nécessairement une grande valeur ajoutée au gameplay mais font du jeu un DLC sympathique au pénultième jeu. On peut donc le conseiller aux néophytes qui souhaitent découvrir Tropico avec une jolie 3D et de jolis graphismes. Par contre, les vétérans, ces vieux dictateurs qui, de La Havane à St Domingue, ont fait régner la terreur et les stations d'épuration, ceux-là peuvent le  bouder et retourner sur Tropico 3.  

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