5.5/10

Turok - Test

On croyait que le régime des intermittents était voué à disparaître. Nous avons la preuve qu'il n'en est rien avec ce Turok jouant la carte de l'ambiance survival en intermittence avec le maladroit et le lourdaud.

On avait récupéré Turok quelques jours avant sa sortie. Pourtant j'ai préféré attendre jusqu'à maintenant pour vous en parler sous forme d'une critique. En effet, le ressenti face au jeu est assez variable, et on passe du très bon au médiocre en quelques minutes, et inversement.

Maintenant que j'ai pris le temps de ratisser un jardin zen dans tous les sens, ça va mieux et je commence à y voir plus clair. Je suis prêt à assumer !

Meat Raille !
Meat Raille !
Turok
, développé par Propaganda Games à partir de rien (from scratch comme on dit dans notre univers impitoyable multipolaire et multilangage), ou plus exactement à partir d'une licence moribonde que le studio a souhaité reprendre à zéro, emmène JosephTurok, ancien membre du commando Wolf Pack, qui appartient désormais à une escouade des forces spéciales, la Compagnie Whiskey, vers une mission où le seul mot d'ordre est de retrouver et éliminer Roland Kane, à la fois criminel de guerre et son ancien mentor.
Mais il y a quelque chose de pourri au royaume de l'espace futuriste, et c'est tout naturellement que le vaisseau de l'escouade est abattu avant d'avoir atterri sur la planète où Kane a trouvé refuge, laissant la bande de petites mauviettes en découdre avec, bien évidemment, les membres du Wolf Pack, mais encore plus improbable, une cohorte de dinosaures en tous genres.

La chute du Faucon Noir Millenium (ah, mille pardons, on m'indique que le vaisseau n'a pas de nom), est relatée dans la vidéo d'introduction du jeu, et entrecoupée d'une mini-séquence jouable, histoire de se mettre directement dans le bain.

Tout est bon dans le dino !
Tout est bon dans le dino !
C'est d'ailleurs là tout le point fort du jeu. Turok n'a qu'un seul choix, survivre envers et contre tout,  et ce malgré la pelletée d'ennuis qui lui tomberont sur le coin de la figure. Que ce soit les ennemis partis à sa recherche, les raptors qui protègent leurs oeufs ou le T-Rex qui ne tolère personne sur son territoire, on a bien du mal à s'imaginer vivre vieux. Pourtant on continue à y croire, même si on est de plus en plus démoralisé face aux imprévus et aux rencontres « surprises » avec la faune du coin.

Turok, comme tout bon jeu de tir à la première personne qui se respecte dispose de son arsenal d'armes d'élimination. Du ponctuel, comme l'arc, au raffiné : le couteau, en passant par le dégueulis des mitrailleuses, ou la chaleur du lance-flammes, Turok est dans la majorité des cas capables de tenir deux armes simultanément, ce qui n'est pas pour faire plaisir à vos adversaires...

A cet arsenal bourrin s'ajoutent des fonctions spécifiques à chaque arme, dont le très bien trouvé projectile lumineux, qui fait fondre les ennemis vers le point éclairé.
Plus qu'à faire exploser et on fait place nette.

On n'y voit rien ? C'est pour la bonne cause !
On n'y voit rien ? C'est pour la bonne cause !
On notera avec un certain plaisir que l'arc a ceci de réaliste qu'il ne peut être bandé trop longtemps. Le héros, bien que faisant le volume de deux armoires normandes, est humain, et il se verra obligé de lâcher la corde...

Quant au couteau, s'il est bien sûr inutile pour atteindre des ennemis éloignés, il a la particularité de pouvoir générer des sortes de « coups spéciaux » lorsque l'on s'approche suffisamment d'un adversaire. Une cinématique en vue à la troisième personne nous montre une utilisation mortel de l'arme : égorgement, coups répétitifs sur les dinosaures, etc.

D'ailleurs, pour la petite histoire, sachez que seuls les dinosaures les plus modestes en taille peuvent être tués d'une seule pression de couteau. Et heureusement... Malgré tout, vu que l'on rencontre généralement des créatures carnivores de taille modeste, on jouera souvent du couteau pour se tailler un chemin... entraînant par là-même une certaine monotonie : à la dixième cut-scene montrant Turok faire des exploits avec son arme blanche, on trépigne...

Un scorpion géant préhistorique
Un scorpion géant préhistorique
Malgré ce trop plein répétitif qui intervient lors de certains niveaux, on reste à d'autres moments complètement scotchés face à l'ambiance créee par la jungle, ses herbes hautes, et les dinosaures se faufilant à la vitesse de l'éclair.
Un coup d'oeil du mauvais côté, et c'est un raptor qui en profite pour vous mettre à terre (vous obligeant à appuyer frénétiquement sur une touche afin de l'éloigner, voire le tuer - ce qui est très vite ré-pé-ti-tif)... On avance alors prudemment, pas mort de trouille, mais surveillant tout de même que tout se passe bien et que l'univers ne se referme pas sur nous !

C'est là tout le point fort de Turok : savoir créer et gérer des ambiances dignes d'un bon film d'action ! En plus, quelques trouvailles visuelles renforcent l'immersion comme par exemple le dérangement visuel résultant d'un passage de l'ombre à la lumière (certes un peu exagéré, peut-être même pas voulu par les développeur, mais en tout cas réellement présent).

Osons le dire : sans les dinosaures, l'ambiance serait quasi inexistante. Grâce leur soit rendue. Grâce ils ont d'ailleurs, se déplaçant agréablement, prestement, dans une peau bien modélisée.

Quoi de meilleur qu'un bon rôti ?
Quoi de meilleur qu'un bon rôti ?
Malheureusement, Turok ne sait pas s'arrêter à ses points forts... et les impressions de déplacements un peu hasardeux, le graphisme sympa mais pas incroyable, et surtout les répétitions évoquées plus haut en font un jeu un peu lourdaud.

Manier un flingue dans un fps avec une manette de Xbox 360, on savait que ce n'était pas évident. Mais face à la vélocité des dinosaures cela devient carrément un challenge. Viser, rater encore et encore, c'est vraiment énervant, quand on sait que c'est seulement le stick de visée qui est en cause. Ralentissons les dinosaures et on se marrera drôlement plus à les tuer à coup de mitraillettes (si vous jouez à Turok, vous respectez certainement le PEGI, donc à vous d'assumer votre amour de la violence).

De même, la maniabilité est prise à défaut lorsque l'on entre dans l'une des mini-scène où Turok use de son couteau : on reprend le jeu à la première personne en étant quelque peu désorienté. Pourquoi compliquer une prise en main façon FPS qui devrait par essence être innée ?

Finalement, Turok, c'est du petit bonheur pour son côté cinéma. Et pour son côté ludique, c'est du très moyen, de l'à peu près, du « revenez plus tard quand on aura vraiment fini de régler le gameplay ». Malheureusement, c'est déjà en magasin.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

2 commentaires

  • Aenem'

    02/02/2008 à 09h57

    Répondre

    Sympa.

    La démo sur le playstation network (sur Playstation 3) de Sony en tout cas avait confirmé cette impression mitigée...

    A voir si le jeu en vaut la chandelle en version finale. Ce serait pas mal surtout que Turok est une licence qui le mérite tout de même!

  • Anonyme

    07/02/2008 à 18h06

    Répondre

    Le jeu est vraiment bien à mon gout!


    la difficulté est même un peu élevé je galèr pour tuer la bête.


    Si quelqu'un à une astuce je suis preneur

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