9/10

Valkyria Chronicles II - Test

C'est beau, c'est long à souhait, ça se rejoue sans fin comme un rêve dont on n'a pas envie de se réveiller. Un peu moins mature que son aîné dans le traitement mais diablement efficace. Du tactical RPG comme s'il en pleuvait... Merci Sega.

Ceux qui ont touché de leurs doigts émus à Valkyria Chronicles sauront de quoi je parle mais on a rarement autant apprécié un titre au battage médiatique si discret dans nos régions reculées. Ce premier  opus, nous y jouons encore avec délectation refaisant sans cesse les missions fabuleuses de ce Tactical RPG au design attachant et magique. L'alliance impériale et la fédération Atlantique encerclaient alors la petite province de Gallia de ses machines de guerre et de ses troupes en nombre démesuré et vous incarniez un certain Welkin, jeune combattant de milice au fort  potentiel de commandement et lancé dans une guerre contre les géants par les évènements de la vie. Et bien ça y est vous pouvez ranger ce magnifique jeu dans sa boîte avec le cérémonial qui se doit d'être accompli quand on cache un trésor à la vue de tous car le deuxième opus vient d'arriver, sur PSP certes, mais il est temps de s'en occuper pendant les 50 heures à venir, et ainsi découvrir l'adaptation portable du cadeau de notre dieu Sega.

D'ailleurs ce n'est pas une adaptation du tout mais bel et bien un nouveau jeu, une suite non linéaire de la première histoire mais une suite bel et bien définie comme telle. La guerre est finie entre Gallia et ses deux tortionnaires mais un autre fléau s'abat
sur le petit pays entouré d'empires. En effet, c'est l'heure de la guerre civile dans cette république non bananière. Au milieu du chaos un peu confus des premières heures de flou politique on vous met aux commandes de votre nouveau Héros dont vous êtes le livre, le mot et le commandant. Un certain Avan. Ce dernier est encore une fois un jeune berger insouciant qui se retrouve à suivre les traces d'un frère militaire dont on vient lui apprendre la mort mystérieuse. Tel un prophète, ce dernier serait mort dans le plus grand "secret défense" et c'est à vous de recoller les morceaux d'un destin brisé dans la fleur de l'âge en accomplissant un parcours initiatique qui vous mènera au centre des intrigues civiles et militaires d'une Europe  d'après guerre alternative. Certains seraient capables de nous ôter toute la magie du fictif environnement en nous disant que vu le nombre de moulins que l'on peut trouver à Gallia et la position du royaume sur la carte on serait bien avisé de comprendre qu'il s'agit de la Hollande et de sa drôle d'histoire durant la guerre. A ces gens de peu de foi, je leur demanderai de nous laisser rêver nos rêves, virtuels ou non...

Car une des premières composantes qui fait le charme de Valkyria Chronicles c'est avant tout cette touche de crayonnage que l'on retrouve partout dans le graphisme
éclairé du jeu, une touche qui nous propulse au pays des songes pendant que la guerre fait ses ravages. L'intensité sibylline qui se dégage alors de l'action présente sur votre écran, cette action dont vous êtes le maître incontesté au niveau tactique, est un doux moment de bien être dans un monde où le jeu vidéo est souvent synonyme de brutalité et de surcharge d'écran. En somme c'est comme jouer à la guerre de manière très précise dans un cahier de coloriage. Et ce design enchanteur bien que légèrement modifié pour accéder à la taille de la PSP et à ses capacités graphiques reste intacte dans ce deuxième volet des chroniques de la chevauchée Wagnerienne. On aime tellement que ça finit par hypnotiser nos rétines des nuits entières à la recherche de la note parfaite dans la mission parfaite.

Pour nous bercer de plus belle dans cet univers, les compositions musicales sont également au rendez-vous et accompagnent notre voyage dans l'académie militaire avec autant de panache pour les moments héroïques que de raisonnables mélodies pour nos instants intimistes. Car si le gameplay de la guerre est resté sensiblement
identique à celui de son prédécesseur c'est au niveau des personnages secondaires que la fidélisation à la cause se joue. Foncièrement, on nous met dans la peau d'un orphelin au potentiel qu'on présage être énorme et dans lequel on a  pas de mal à se retrouver et on nous met à la tête d'une classe entière de bras cassés. Les interactions avec les autres personnages forment un espèce de réseau social de laissés pour compte qui nous prend ainsi assez facilement aux tripes. Cette toile d'intrigues devient alors notre quotidien et va permettre d'aller un peu plus loin dans la dimension RPG que ne le ferait n'importe quel jeu de ce genre relativement peu répandu. Sorte de papa pour un peu tout le monde, ce sera à vous de comprendre quelles alliances développer en combat à travers toutes ces mini-quêtes personnelles à fouiller. Si le principe était déjà bien développé dans le précédent opus, on en arrive ici à un degré de détail particulièrement fabuleux et on passera un temps égal à arpenter les couloirs de l'académie pour avoir toutes informations en main que sur le champ de bataille. Les cut scenes qui  représentent toutes ces rencontres sont toutefois un peu énervantes malgré elles car malheureusement la PSP ne peut se permettre beaucoup de cinématiques ni de doublages et on se retrouve avec des bruitages intempestifs Hein! Oh! Really! qui collent a de longs sous-titres et à des bulles BD très manga (déjà présentes dans le premier épisode). Un mélange équilibré qui nous arrange car on aura un peu moins l'impression de regarder un film mais en revanche plus l'impression de lire une BD ce qui ne plaira pas non plus à tout le monde. De plus cela rend l'univers un peu plus enfantin. Et on se retrouve plus à jouer à la guerre qu'à la vivre. Mais après tout on est aux commandes d'un ado aux cheveux en épis donc cela reste sensé dans une certaine mesure. On regrette toutefois la maturité de Valkyria Chronicles premier du nom. Cela n'enlève rien à l'excellente réalisation de ces scènes ni à la monumentale quantité de celles ci, ni même à la maturité générale du scénario. Du très beau travail.

Au niveau gameplay, c'est sensiblement identique à nos premières armes dans le domaine. C'est donc particulièrement génial, envoutant et passionnant.
On ne s'en décroche malheureusement que parce qu'il faut bien aller dormir de temps à autres. Les missions sont nombreuses mais petit bémol concernant les environnements qui pour le coup ne le sont pas. Ceci étant on évoluera de jour, de nuit et au fil des saisons. La difficulté tactique reste également là pour nous faire découvrir d'autres façons d'être inventifs avec des terrains très similaires. Ce n'est donc pas perdu. De plus, on nous sortira de l'académie pour participer à de vrais combats de manière régulière de la même façon que nous prendrons part au conflit politique après quelques premiers mois de cocooning au sein de la classe des loosers nés, la classe G dont vous vous occupez. Mais Valkyria Chronicles II c'est aussi de nouvelles classes de combattants, un arbre de spécialisation étoffé avec des spécialisations d'unités très judicieusement équilibrées et qui décuplent les affrontements tactiques. C'est aussi un secteur recherche et développement pour vos unités en tout genre (chars compris) et de vrais enjeux militaires qui en découlent. De la même manière qu'une discussion en bout de couloir vous emmènera vers une quête secondaire dans une mission, vous pourrez identifier des enjeux matériels dans les multiples écrans à votre disposition dans votre garage de guerre. Il suffira alors de tout mettre en œuvre pour développer vos propres objectifs de guerre scientifique ou morale en parallèle de vos objectifs guerriers.

Sinon toujours ce système d'AP (Action Point) qui vous donne un nombre limité de déplacements et qui se couple avec un semi-temps réel très efficace. C'est toujours
un plaisir de découvrir de nouvelles façons d'encercler un char, de construire des tranchées de sacs de sable, d'utiliser une tourelle ou une grenade à la perfection avec ce petit élément de visée qui ne laisse pas grande part à la chance et pondère la précision du tacticien à sa juste valeur. De plus ce deuxième épisode des chroniques est plus pédagogique et évolutif vers une difficulté qui se fera présente après un temps d'adaptation bien plus efficace pour engranger les principes de base de la guerre. Entre autre, il n'est plus possible de mourir sur le champ de bataille ou alors pour se retrouver à l'hôpital et non dans une tombe. Ça se comprend quand on voit tout le travail réalisé par les développeurs pour rendre les compagnons de tranchées si importants dans notre quotidien. Ce serait dommage de les voir décéder pour le coup. Bien que l'on puisse encore trouver ici un indice de l'orientation vers un public plus large, l'expérience de jeu en est équilibrée tout autant que par l'absence de cinématiques, lesquelles dans un premier volet étaient trop nombreuses de toute façon même si magiques à regarder. Le mode académie façon Hogwarts est une bonne alternative au mode livre pour suivre l'histoire et on ne s'en plaindra pas non plus. A noter également au titre des nouveautées un multiplayer et un mode co-op pour augmenter la durée de vie déjà bien balèze du jeu.

Que dire de plus si ce n'est qu'encore une fois nous sommes en face d'un coup de maître de la part de Sega, que deux ans d'attente pour un résultat aussi abouti avec une histoire mieux ficelée, plus longue, des graphismes toujours enchanteurs, ... ce n'est rien et que le troisième opus annoncé pour 2011 (au Japon) peut prendre son temps pour investir notre PSP Française car pour le moment avec le potentiel de rejouabilité des deux premiers on n'a pas fini d'en parler ni d'y jouer. Une nécessité pour votre PSP, franchement, sans déconner, au même titre qu'un Patapon 2. Cette charge héroïque n'est pas prête d'abandonner notre imaginaire. 

 

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