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Wario Ware : Do It Yourself - Test

Un mode solo un peu fade, comme d'habitude, et pas de mode multi-joueurs. Mais à côté, ce Wario Ware propose un utilitaire de création de mini-jeux respectable et bien pensé.

Les visuels sont en anglais, mais le jeu a été complètement localisé en français.

Peut-on parler de licence forte ? Probablement pas, si l'on essaye de la comparer à l'aura des autres puissantes franchises de Nintendo (Mario, Zelda, Pokemon, etc), mais nous n'en sommes pas loin. Wario Ware a fait son petit bout de chemin, s'imposant comme un concept novateur, tourné vers l'avenir tout en étant rétro dans l'âme, et indubitablement sympathique - surtout en multi-joueurs. Qui aurait pu prédire une aussi jolie destinée au clone maléfique de Mario ?  Voir la série débouler aujourd'hui sur Nintendo DS n'est pas étonnant, pour la simple et très bonne raison qu'elle a déjà investi les locaux. Wario Ware Touched !, sorti en 2005, n'a pas vraiment fait de grosses vagues, mais les fonctionnalités de la DS ont pu lui apporter un peu de carburant pour rénover et améliorer les mini-jeux, à défaut de proposer un mode multi décent. Ô désespoir, le petit délire que représente Wario Ware ne peut pas être partagé sur Nintendo DS ? C'est dingue, et pourtant, c'est vrai. Et il est assez décevant de constater qu'un défaut phénoménal ne puisse pas être corrigé cinq ans après - surtout lorsque l'on constate que ce Do It Yourself en a sous l'écran tactile.


Rappelons le concept : Wario Ware vous propose d'enchaîner des jeux microscopiques, généralement très simples et très courts. En moins de 5 secondes, vous devrez comprendre le but du mini-jeu, imaginer comment l'atteindre, et le réaliser. La console indique l'idée générale (« Introduis ! »), puis vous laisse improviser avec votre stylet . Un nez ? Un doigt qui se balade de droite à gauche ? Il faut donc appuyer au bon moment pour introduire le doigt dans le nez ! Puis on passe au mini-jeu suivant, jusqu'à l'épuisement de vos « vies » (au nombre de quatre). La cartouche affiche un nombre important de ces mini-jeux (environ 90), rangés selon des personnages. On retrouve alors les têtes d'affiche des précédentes aventures, qui vous proposeront chacunes une vingtaine de mini-jeux à enchaîner dans leur « scénario ». Inutile de s'acharner sur ces mix, à moins de vouloir taper du high score, ils ne serviront pas à débloquer du contenu : Do It Yourself vous proposera de lui-même d'autres mini-jeux et personnages dans les cinq jours suivant votre achat. L'intérêt se révèle donc être assez faible en solo, puisque le coefficient de re-jouabilité dépendra de votre motivation à réaliser du score faramineux. Et quand on sait qu'il n'y a pas de mode multi-joueurs, le calcul est vite fait. Techniquement, cela reste très basique, et Wario Ware l'assume. Les épreuves vidéoludiques sont généralement très moches, au niveau graphique d'une vieille 8 bits, 16 bits au mieux. Pas important, il n'est de toute façon pas utile d'apprécier la qualité graphique d'un mini-jeu pour cinq secondes d'effectivité, et on ne lui demande pas d'être beau ; juste d'être divertissant.


Do It Yourself
fait néanmoins grimper sa note de qualité grâce à son argument de vente principal, qui lui donne son nom : le « fais-le toi-même ». Ca a l'air bête comme chou, dit comme ça, mais Wario Ware vous offre bien la possibilité de créer non seulement vos propres mini-jeux, mais également la musique qui va avec et d'autres machins - bidules plus négligeables (comme des petits strips dessinés). A travers un tutoriel plutôt long, mais très didactique, Wario et son employée Penny vous apprendront à dessiner des objets, les animer, à créer des scripts d'intelligence artificielle, et à composer des morceaux de musique. Votre liberté d'action est absolument énorme. Les dérivations les plus basiques, donc les plus essentielles, deviennent possibles : dessiner une paire de fesses et y apposer ses mains pour gagner ? Possible. Proposer un problème de vie et de mort sur du jeu de Go ? Possible. Taper des chats, arroser des plantes, casser des téléphones ? Possible, possible, possible. Le programme a beau avoir ses limites techniques, les possibilités sont tellement infinies que l'on repense sans cesse aux concepts les plus stupides que l'on pourrait créer. Il est même possible d'importer dans l'éditeur des mini-jeux « officiels » pour les disséquer et les modifier. Et si l'on ajoute que les créations des joueurs du monde entier peuvent être récupérées via le CWF de Nintendo, la durée de vie fait un gros bond en avant.

Dommage pour le mode multi-joueurs, mais ce Wario Ware a tout de même de quoi occuper. Son module de création est à la fois puissant et assez simple d'utilisation, avec un peu de jugeote, et laissera libre cours à votre créativité débordante. La possibilité de récupérer les fabrications des joueurs sur internet booste la durée de vie proportionnellement à leur imagination et à leur soif d'invention.

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