6/10

Westerner (The) - Test

Après le succès publique de Runaway, l'éditeur Focus tente à nouveau de redonner ses lettres de noblesse à un genre considéré comme désuet à l'époque des millions de polygones par seconde. Cible presque atteinte avec The Westerner, aventure drolatique au Far-West.

Chevauchant tranquillement sa fidèle monture dans la nuit du Far-West, Fénimore Fillmore surprend une altercation entre un brave fermier du coin et trois hommes à l'amabilité douteuse. En trois tirs savamment ajustés, le cow-boy met les bandits en fuite. Mais leur chef, le richissime Starek, compte bien s'approprier toutes les terres voisines de la ville qui porte son nom. Déjà héros du jeu Le Trésor des Toltèques, Fillmore décide tout naturellement de se ranger du côté de la veuve et de l'orphelin en prenant la tête de la résistance paysanne. Comme quoi José Bové n'a rien inventé.

The Westerner, comme son nom l'indique un peu, se déroule au bon vieux temps des saloons, des visages en gros plan sur fond d'harmonica et des duels au pistolet dans la rue principale balayée par le vent et les grosses boules de poussière. Mais aucun risque ici de ramener sur la table l'éternel faux problème de la violence dans les jeux vidéo. D'abord parce que Revistronic, l'équipe espagnole à l'origine du titre, traite son exercice de style sur le ton de l'humour et de la parodie. Ensuite parce que The Westerner appartient à la catégorie old school du point n'click.

« Pointer et cliquer » ne sonnant pas très bien dans la langue de « Djaybi » Poquelin, on préférera la traduction « aventure graphique ». Soit un curseur à déplacer à l'écran à l'aide de la souris, pour observer ou utiliser les éléments du décor, parler avec les personnages etc. La progression du protagoniste se base donc sur la réflexion et les énigmes à résoudre, à l'inverse des jeux d'action pure. Malheureusement, de grosses fautes de goûts apparaissent rapidement dans le système ludique de ce représentant précis d'une catégorie habituellement excitante. Le cheval à nourrir sans arrêt avec des carottes à cultiver soi-même, la plupart des objets disponibles pour quelques dollars au general store de la ville...

L'aventure graphique a donné de grandes réussites au jeu vidéo, particulièrement au début des années 90 avec les titres du studio Lucas Arts. L'un d'eux, Monkey Island (inspiré de l'attraction Pirates des Caraïbes des parcs Disneyland) atteignait des sommets d'humour non-sensique. The Westerner propose aujourd'hui la même démarche, l'imagerie du western remplaçant celle de la flibuste, en (beaucoup) plus sage toutefois. Techniquement, graphismes et animations évoquent (toutes proportions gardées) les derniers films en images de synthèse de Pixar ou Dreamworks, sentiment renforcé par le casting avec (entre autres) les voix françaises de Morgan Freeman, Julia Roberts et Tom Hanks (qui doublait déjà un cow-boy dans Toy Story).

The Westerner offre une aventure rafraîchissante, pas très difficile et relativement hilarante, entre gags anachroniques (le gouverneur de Californie s'appelle Al Beback), clins d'oeil cinématographiques et répliques qui tuent, mais souffre de musiques répétitives et d'un scénario bien trop télégraphié. Enfin, mourir de rire reste plus agréable que mourir d'une balle dans la tête, y compris en jeu vidéo. Une prochaine fois peut-être.

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