8.5/10

Xenoblade Chronicles - Test

Les textes longs, généralement, ça gave tout le monde, surtout sur Internet. C'est pour cette raison que le journaliste averti tentera de découper son propos en petits paragraphes et synthétisera  son article en quelques lignes de conclusion et éventuellement un tableau récapitulatif. C'est ce que nous faisons. Le problème, lorsque que l'on tombe sur un jeu de la richesse et de la qualité de Xenoblade, est d'arriver à trouver le juste équilibre entre exhaustivité et résumé - car à la base un RPG japonais est rarement simple à expliquer, mais en plus ce dernier né de la saga Xeno est un illustre représentant du genre et un fleuron de la logithèque Wii. Rappelons néanmoins que malgré son titre et son créateur (Tetsuya Takahashi), Xenoblade n'a aucune parenté avec Xenogears et la franchise Xenosaga.


DR.
Sorti mi-août, le jeu peut être trouvé en deux versions, si vous avez de la chance. La première, la version boîte classique, comprend le jeu et le manuel bien évidemment, et pourra s'acheter pour 45€. La seconde, appelée "version collector", coûte 15€ de plus, n'a été éditée qu'en 8.000 exemplaires, et comprend une manette classique toute rouge. Celle-ci se connecte à la wiimote, de la manière qu'un nunchuk, et ressemblera donc à la combinaison habituelle wiimote + nunchuk nécessaire pour profiter du RPG. Nous verrons plus tard que la manette classique se révèlera un peu moins confortable, mais elle pourra de toute façon vous servir sur de nombreux autres jeux. Et si vous êtes parmi les mille premiers à enregistrer sur le site de Nintendo votre version collector, vous serez heureux d'apprendre que Nintendo vous offre un artbook - évidemment super collector - de 200 pages. Reste à savoir si le quota d'enregistrement a déjà été rempli ou non...

Passons au plus important, si vous le voulez bien. J'ai des choses à dire.

Blade Robber


DR.
Au commencement, il n'y avait rien d'autre que de l'eau sur la planète. Deux immenses titans, Bionis et Mékonis, s'y affrontaient inlassablement, et ils le firent pendant des siècles entiers. Jusqu'au jour où leurs armes s'entrechoquèrent pour la dernière fois, et que les titans s'éteignirent à jamais. Ici commença la vie, au sein même des grands titans. Les Homz colonisèrent la surface de Bionis, tandis que les Mékons, des sortes de robots assez belliqueux, s'emparèrent de Mékonis. Un an avant votre début dans le jeu, les Homz repoussèrent une invasion des Mékons grâce au grand guerrier Dunban et son arme mystique, Monado. Physiquement altéré par la puissance de l'épée, Dunban la confia au jeune Shulk pour qu'il l'étudie. Commence alors une période de paix...


DR.
... qui ne va évidemment pas durer bien longtemps, et l'on éprouve un plaisir coupable à assister au basculement du monde de Shulk et ses amis. Il faut avouer que l'on bouffe de la cut-scene à toutes les sauces, pour tout et n'importe quoi, mais qu'elles font partie d'un ensemble scénaristique particulièrement séduisant. La mise en scène a été méticuleusement soignée, et certaines scènes dramatiques ne sont pas sans nous rappeler les "meilleurs" moments des Final Fantasy (Aeris, Aeris...). On s'attache d'emblée à l'univers, assez original (nous vivons sur des titans, bordel !) tout en restant conforme à notre interprétation de la fantasy japonaise. Nous incarnons un jeune héros blondinet, courageux et loyal, qui sera évidemment au centre de la problématique du jeu. Après tout, puisque n'importe qui ne peut pas manier Monado, autant que ça soit nous.


DR.
On éprouve d'emblée de la peine pour cette petite Wii qui a été mise à rude épreuve avec les ambitions de Tetsuya Takahashi. D'ailleurs, ce dernier a probablement dû faire un certain nombre de concessions artistiques, limité par la résolution maximale de la console et ses possibilités graphiques, et l'on imagine sans peine le résultat flamboyant que l'on aurait eu entre les mains avec un matériel plus puissant. Alors oui, certaines textures sont particulièrement moches, notamment celles qui servent à animer le visage des personnages ; et oui, on se tape de l'aliasing à s'en dégoûter. Mais la contrepartie est là : les environnements extérieurs sont absolument magnifiques, et véritablement gigantesques ! Le jeu vous encourage d'ailleurs à explorer chaque recoin en vous conférant des récompenses pour chaque point repère trouvé, et pour chaque partie complétée de l'encyclopédie d'objets. Et en plus, les temps de chargements sont très rares et sanctionnent uniquement les changements de zones ! On peut blâmer certains travers techniques, mais l'exploit est bien réel !

Blade mood


DR.
Xenoblade
est un RPG semi-temps réel, dans la même veine qu'un Final Fantasy XII. Dans les faits, il n'y a pas d'interruption entre la phase d'exploration et le champ de bataille, et donc pas de combats aléatoires. Les ennemis rencontrés apparaissent sur la mini-carte de l'interface et peuvent souvent être esquivés. A vrai dire, un certain nombre d'entre eux ne sont pas belliqueux par nature et vous laisseront tranquillement passer du moment que vous ne les agressez pas, ni eux ni leurs congénères. Par contre, certains attaqueront à vue et en meute, et il faudra donc empoigner l'épée pour libérer le passage, en admettant que le combat soit à votre avantage.


DR.
Le système de combat, ainsi que le combat en général, semble au premier abord très brouillon. Lorsqu'un ennemi est ciblé en engagé, votre personnage va le frapper à intervalle régulier si tant est qu'il soit à portée. En d'autres termes, vous conservez le contrôle de votre avatar tout en le laissant s'occuper de l'attaque en elle-même. Il ne s'agit cependant pas de faire de la figuration, puisque vous aurez à votre disposition un certain nombre d'"arts" qu'il faudra utiliser à bon escient (pas de points de magie, ils se rechargent au bout d'un certain temps). La plupart du temps, ceux-ci réclament un certain placement (de côté, par derrière) ou une position particulière de l'ennemi (en déséquilibre, à terre) pour arriver à plein potentiel. Il faudra passer une bonne heure à enchaîner les combats dans la cambrousse pour assimiler le système qui devient vite très ergonomique, du moment que vous arrivez à gérer le déplacement du personnage et votre navigation dans les menus d'attaque en simultané - car l'ennemi ne vous attendra pas pour frapper. Sur ce point, il faut avouer que le combo wiimote + nunchuk se révèle plus simple à utiliser que la manette classique, puisque sur cette dernière les commandes pour les menus et le mouvement sont assignés à la même main. Quant aux autres personnages de votre équipe, ils devront se débrouiller seuls puisqu'ils seront entièrement gérés par l'IA, qui nous fera quelques frayeurs sans pour autant être trop débile.


DR.
Nous n'avons fait qu'effleurer le système de combat car il y a encore tant à dire ! En vrac, nous pourrions parler du système simpliste de QTE qui vous permet d'encourager ou de féliciter un compagnon, voire de le relever si celui-ci a été mis KO. Ou encore, disserter sur l'utilité manifeste des combinaisons d'attaque, où chaque personnage va utiliser un de ses arts dans un enchaînement de toute l'équipe. On peut également définir de manière très générale la tactique à adopter : tous sur un, chacun pour soi, ou fuyez bande de crétins ! Mais je préfère utiliser la place qui m'est alloué pour parler de la fameuse Monado, qui est un concept à elle toute seule. Hormis ses pouvoirs non négligeables, l'épée confère au porteur (en l'occurrence, Shulk) l'opportunité de voir des flashs appartenant à l'avenir immédiat. Shulk peut donc parfois prédire l'attaque dévastatrice d'un monstre un peu avant qu'elle ne se produise, ce qui lui permet de réagir en amont, en se soignant / protégeant ou en prévenant ses coéquipiers (via le fameux QTE).

Blade trip


DR.
Pour finir de se démarquer de ses congénères, Xenoblade opte pour la mort sans conséquence, un peu à la manière d'un MMORPG. C'est à dire que si votre équipe mord complètement la poussière, elle redémarre au début de la zone en conservant les objets et l'expérience accumulée. Les ennemis reviennent, donc ce n'est pas comme si on vous facilitait la tâche, mais on évite le sempiternel game over avec le chargement de sauvegarde à Perpette les oies sur Tripouillie. Bon, de toute façon, le jeu vous permet de sauvegarder à peu près n'importe où, donc avec un peu de rigueur ce genre de situations ne seraient pas arrivées. Il n'y a pas non plus d'objets de soins, vos personnages récupèreront son énergie au terme de quelques instants d'inactivité, et les ramener à la vie sur le champ de bataille se fera via un QTE : il faudra s'approcher du "cadavre" (= évanoui) et appuyer sur le bouton B pour relever le compagnon et lui faire reprendre le combat, en admettant que votre jauge de formation vous le permette. Celle-ci se remplit sous diverses conditions de combat, selon trois segments : un segment donne la possibilité de ressusciter un équipier ou de le prévenir d'un danger imminent, trois segments vous débloquent l'enchaînement d'arts évoqués plus haut.


DR.
Dixième paragraphe, déjà ?! Mais j'ai encore tant de choses à dire ! Puisque les arts seront votre principale source de victoire dans les combats, il faudra penser à les gérer correctement. L'expérience accumulée en combat vous permettra donc d'augmenter d'une part les caractéristiques de vos héros, mais aussi de récolter des points à dépenser selon votre bon vouloir dans vos arts pour les améliorer. Une autre jauge se remplit également au fil des combats, celle-ci vous permet d'apprendre des compétences améliorant d'une façon ou d'une autre votre personnage, selon un arbre spécifiquement choisi par le joueur. Et pour couronner le tout, Xenoblade propose également un système de crafting assez proche des materias de Final Fantasy VII, où les armes avec votre emplacement pourront être source de bonus divers et variés. Je finis ce paragraphe sur les objets à récolter en jeu, plutôt nombreux, qui peuvent aller du simple bout d'ennemi à la pièce d'armure. Les ennemis en lâchent évidemment, mais il suffira parfois de sa baisser pour ramasser du "machin" inutile à revendre. Le tout est ajouté à un menu d'objet particulièrement immense et assez imbitable malheureusement. Et pourtant, il ne faudra pas négliger cet aspect puisque récupérer toute la collection d'objets d'une zone vous attribuera des récompenses plutôt bienvenues.


DR.
Autre point à ne pas sous-estimer, et je m'arrêterai là sous peine d'écrire un roman sur les qualités du jeu, Les différents QTE et les quêtes soumises par les PNJ serviront également à alimenter un sociogramme, où vous pourrez apprécier les relations que vous entretenez entre une grande partie des personnes rencontrés et vos compagnons. Entretenir cette relation privilégiée sera l'occasion de débloquer des "têtes-à-têtes" optionnels, des améliorations passives ou des répliques de combat. Il est possible d'aller encore plus loin en reconstruisant l'une des colonies du jeu, via la réussite des quêtes qui vous seront proposées là-bas. Ce qui fait que l'on peut estimer l'expérience de jeu à plus de cinquante heures sans que l'on fonce dans le tas, et on doit approcher de la centaine d'heures en fouinant un peu partout.

Conclusion

Impossible d'être exhaustif en si peu de place, mais l'essentiel est là : Xenoblade Chronicles est actuellement le plus digne représentant du RPG japonais, immensément méritant dans tous ses aspects. La relative pauvreté technique est compensée par des choix artistiques amplement pertinents et de gigantesques environnements d'une grande beauté. Même les pièces d'armures attribuées ont une incidence sur le skin des personnages ! Quant à la musique, elle vous surprendra par la variété de ses styles et sa qualité générale, sans jamais s'effacer devant le doublage audio (japonais ou anglais) très réussi - et il fallait mieux compte tenu du caractère très bavard de cet univers. Original, scénaristiquement prenant, Xenoblade vous emportera dans un tourbillon de plaisir qui dépassera sans doute la cinquantaine d'heures.

Mais que diable peut-on demander de plus ?

Les Plus Les moins

+ système de jeu réussi
+ scénario prenant
+ durée de vie immense
+ grande qualité de mise en scène
+ l'environnement sonore
+ les zones gigantesques
+ Monado a la classe

- des lacunes graphiques
- le menu objet
- pauvre Fiora...


DR.

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