7.5/10

Yakuza 4 - Test

Pile-poil un an après sa sortie japonaise Yakuza 4 arrive enfin chez nous. Certes toujours un peu raide, cet épisode n'est pas moins prenant, punchy et classe que les précédents opus et a en plus le mérite d'apporter quelques innovations bienvenues.
Et cette fois-ci les hôtesses sont enfin au rendez-vous !

Si lors de votre visite du Japon l'envie vous prenait d'aller flâner à Tokyo soyez sûr de ne pas manquer Kamurocho, le quartier de tout les plaisirs de la capitale nippone.


A night in Kamurocho...
Là-bas vous pourrez trouver toutes les distractions pour occuper vos journées : allez vous restaurer dans l'un des établissements les plus cotés de la ville, comme le Café Alps ou le Kanraï. Ou peut-être préférerez-vous aller dans un restaurant plus traditionnel afin d'être au plus proche de la vie d'un habitant typique? Dans ce cas le Kyushu #1 Star se ferra un plaisir de vous accueillir et de vous servir l'une de ses nombreuses spécialités. Et pour relâcher la pression de votre vie trépidante, rien de mieux que de frapper quelques balles au Batting Center ou faire une petite partie de Mahjong à l'Orchid Palace.
Les accrocs de technologie trouveront eux leur bonheur au Club Sega, tandis que les amateurs de calme pourront aller flâner dans l'un des parcs publics. N'hésitez-pas à aller faire vos courses dans l'un des M Store de quartier ou au centre commercial souterrain ultramoderne.
La vie nocturne n'est pas en reste avec les nombreux bars où vous pourrez vous désaltérer et le Karaokekan pour pousser la chansonnette jusqu'au bout de la nuit.
Quelles que soient vos envies et vos passions soyez sûr que Kamurocho aura un endroit pour vous satisfaire.

(Avertissement : En raison de la récente hausse du niveau de criminalité due aux nombreuses familles Yakuza se disputant le contrôle du quartier, l'auteur de ce guide décline toute responsabilité en cas d'agression au détour d'une ruelle malfamée bien que pittoresque.)

Mieux vaux tard que jamais


Même au ping-pong, Kazuma a la classe !
Un an jour pour jour, c'est le temps qu'a mis à débarquer Yakuza 4 dans nos contrées et le moins que l'on puisse dire c'est que les fans l'attendaient au tournant. Nous voici donc une fois de plus projetés à Kamurocho - le quartier de tous les plaisirs et de tous les vices inspiré de Kabukicho, le réel quartier rouge de Tokyo - pour la suite des aventures de Kazuma Kiryu, le Yakuza au grand cœur.

A première vue rien n'a changé. Le quartier est toujours le même avec les mêmes rues, les mêmes boutiques, la même ambiance ; le moindre passant vous demande de l'aider pour retrouver son chat et on se fait toujours agresser par des malotrus qui n'aiment pas la couleur de votre chemise.
La vrai différence avec les épisodes précédent vient du fait que dans Yakuza 4 on ne contrôle plus seulement un personnage mais quatre bien différents les uns des autres.


Shun Akiyama
En plus de ce bon vieux Kazuma Kiryu - qui se débat toujours avec les fantômes de son passé - le joueur découvrira (dans l'ordre) Shun Akiyama, ancien SDF reconverti en prêteur sur gage aux conditions pour le moins étranges. Suivra Taiga Saejima, brute épaisse qui, après s'être évadé de la prison où il aurait dû être exécuté après sa condamnation à mort pour le meurtre de 18 yakuzas, cherche maintenant des réponses. Enfin Masayoshi Tanimura, flic plus ou moins ripou de la police de Tokyo cherchant à faire la lumière sur la mort de son père. Tous ces petits nouveaux débordent de classe et de charisme comme peu de personnages dans l'histoire du jeu vidéo, et avec leurs styles et leurs caractères bien trempés chacun trouvera son petit préféré. Quatre chapitres pour quatre personnages dont les destins se croiseront jusqu'au dénouement final. A propos de dénouement j'espère que vous êtes friands de coups de théâtre et autres twists scénaristiques, car l'histoire de ce
Taiga Saejima
Yakuza 4
en est remplie à la limite de l'overdose, et ce en plus de l'habituelle embrouillamini des luttes de pouvoir intestines des différentes familles mafieuses. Ceci est sûrement dû au découpage en 4 parties de l'intrigue et afin que chaque personnage ait son lot de rebondissements, les scénaristes n'ont reculé devant aucune ficelle, aussi grossière soit elle.

Précision importante, n'espérez même pas profiter pleinement de l'aventure sans un niveau décent en anglais. Si les gens de Sega ont eu le bon goût de laisser tout les dialogues en version originale ils n'ont pas localisé les nombreux textes dans la langue des pays de sortie du jeu. Une décision qui s'explique par le fait que la démarche soit longue et coûteuse pour un titre qui s'adresse à un public plus "confidentiel" que celui d'un Call of en Europe, bien qu'elle risque de laisser Yakuza 4 dans un semi «anonymat» car difficilement capable de rallier plus de nouveaux joueurs à sa cause si ceux-ci ne maîtrisent que la langue de Molière.

Plus on est de fou...


Masayoshi Tanimura
Outre ces différents points de vues sur l'histoire le fait d'avoir ajouté trois personnages apporte son lot de nouveautés au gameplay. Enfin "nouveauté" est peu être un bien grand mot, mais il y a au moins un vent de fraicheur et de diversité qui souffle sur un gameplay qui sans cela aurait été le copié/collé de Yakuza 3 (et par extension des autres épisodes de la série).

Tout d'abord chaque protagoniste possède sont propre style de combat, ce qui change agréablement des combos vus et revus de Kiryu ; Akiyama mise sur la rapidité de ses enchainements de coups de pieds tandis qu'à l'inverse Saejima est lent mais jouit d'une force herculéenne. Il peut ainsi charger ses coups pour faire plus de dégâts et soulever les adversaires les plus massifs. Tanimura quand à lui contre et immobilise ses ennemis avec diverses clefs de membres. Toute ces nouvelles façons de combattre sont assez rafraichissantes et amènent de la variété aux affrontements, toujours aussi nombreux lors des missions, mais aussi lors de vos promenades en ville.


Ouch !
En plus d'avoir sa propre façon de casser des mâchoires, chaque héros pourra effectuer des activités annexes qui lui seront propres. Saejima le bourrin pourra entrainer le meilleur combattant afin de remporter le grand tournoi d'art martiaux clandestin ; Akiyama, étant l'heureux propriétaire d'un bar à hôtesse sur le déclin, devra former les plus sexys des compagnes à l'aide de ses conseils avisés et d'une garde robe appropriée, et enfin Tanimura le flic pourra répondre à ses appels radio et mener l'enquête sur une mystérieuse affaire de tueur en série. Autant d'activités, originales certes mais qui ne sont pas mises en valeur par le jeu, l'histoire principale vous poussant sans cesse à vous dépêcher et à faire de multiples allers-retours aux quatre coins de Kamurocho. Vous aurez donc peut-être l'impression qu'on ne vous laisse pas prendre le temps de profiter des toutes les petites choses qui font la richesse du titre. Cela peut donner lieu à des incohérences assez bizarres, car aussi pressant que soit l'objectif en cours aucune limite de temps ne vous est imposée. Si vous devez par exemple aller secourir une personne en détresse rien ne vous empêche d'aller faire un tour au karaoke, puis de taper un petit bowling avant d'aller draguer les hôtesses dans les bars pour enfin finir par voler au secours votre pote qui était en train de se faire enlever il y a deux heures et demi. Pour certains Il faudra donc attendre d'avoir fini le jeu afin de profiter de tout ces à-côtés en toute quiétude.


Super Ouch !
Autre nouveauté de cet opus la possibilité de prendre des raccourcis : le joueur aura assez rapidement la possibilité d'utiliser toits, égouts et ruelles pour se déplacer. Cette possibilité, originale et agréable au début, se montre malheureusement d'un intérêt assez limité et souvent non justifié (exception faite de Saejima l'évadé qui a une vrai raison de se cacher en sous sol). On perd au final plus de temps à essayer de retrouver son chemin dans ces nouvelles maps pour la plupart assez tortueuses. On essaye bien de nous motiver à l'exploration en ajoutant des PNJ et des sous quêtes, mais la sauce ne prend pas vraiment et on préfèrera retourner arpenter les trottoirs de Kamurocho plutôt que d'aller se perdre dans les égouts.

Quoi ma gueule ?

S'il y a bien un endroit où le bât blesse dans ce nouveau Yakuza c'est bien au niveau de la réalisation ; pour faire simple elle est identique à celle de l'épisode précèdent. A l'époque de sa sortie Yakuza 3 était beau mais pas franchement folichon au niveau des graphismes in-game. Eh bien on retrouve ici les mêmes tares qu'à l'époque : modélisation des personnages secondaires très moyenne voire bâclée, animation (hors combat) très raide, textures pas toujours très détaillées, modèles de personnages qui se répètent (phénomène connu sous le nom de "syndrome de l'attaque des clones"). Le quartier de Kamurocho en
Toujours un festival de trognes !
lui-même n'a pas bougé et fait bien pâle figure au vu de ses dimensions face à d'autres jeux open world, GTA IV (bien évidemment) en tête. Restons dans les remontrances avec la quête principale qui vous fera courir dans tout le quartier, vous forçant à multiplier les allers-retours parfois fastidieux ; là encore on se trouve devant une copie du gameplay de Yakuza 3.

Tout ces problèmes commencent à faire vraiment tache pour un jeu exclusif à la PS3 et sorti au Japon en 2010, qui reste techniquement assez faible du fait qu'il se contente de reprendre des éléments de son prédécesseur et de nous les resservir à peine modifiés. On pourrait crier au scandale et jurer de plus jamais jouer à un jeu Sega tout en sacrifiant des hérissons sur un autel à la gloire des plombiers italiens. Oui, on pourrait. Mais ce serait vraiment dommage.

Ce serait vraiment dommage de se priver d'une plongée au cœur de la nuit japonaise, d'une histoire pleine de rebondissements et d'émotions, de personnages hauts en couleurs et de tout un tas de petites choses qui, mises bout-à-bout rendent l'expérience inoubliable.

Car malgré tout ses défauts Yakuza 4 arrive à faire partie de ces jeux qu'on lance en se disant : "bon j'en fais une petite demi-heure et j'arrête" et qui nous font finalement éteindre la console à trois heures du mat' alors qu'on aurait bien continué encore un peu.


Une mise en scène toujours aussi aboutie
Cela est dû à plusieurs choses et notamment à l'histoire et à sa mise en scène : les cinématiques sont toujours aussi magnifiques et les personnages toujours aussi expressifs ; leur réalisation globale est tout bonnement grandiose et on sent une maitrise de l'image et un amour du cinéma de genre à chaque seconde (l'intro du chapitre de Saejima par exemple, est à couper le souffle). L'histoire, malgré quelques rebondissements grossiers, reste intéressante et arrive à nous tenir en haleine jusqu'au bout.
La deuxième chose qui accroche est la multitude de choses à faire. En plus des dizaines de quêtes secondaires une myriade d'activités vous sont proposées : allez jouer au casino ou au mahjong, faites la tournée des bars ou faites vous faire un massage à l'huile. Partez à la recherche de toutes les clefs de casiers perdues à travers la ville, allez pêcher sur les docks... il y en a pour tous les goûts et la durée de vie d'une quinzaine d'heures s'en voit décuplée. A ce propos Sega mérite un chaleureux et sonore MERCI pour avoir écouté les demandes des joueurs occidentaux et avoir intégré à Yakuza 4 les bars à hôtesses, grands absents de l'opus précédent.


Enfin les hôtesses. Daisuki !
Je pourrais continuer à m'étendre sur les diverses qualités qui font à mes yeux le charme du titre, mais il me suffira de dire que Yakuza 4 est une expérience qui sera vécue différemment par chacun. Les fans des volets précédents apprécieront les nouveautés, qu'elles comptent au niveau du gameplay ou pas ; les gens n'ayant jamais joué à un Yakuza risquent de trouver le tout un peu limite, mais pour peu que vous soyez fan de films de gangsters et/ou du Japon, Yakuza 4 risque bien de vous happer complètement, vous relâchant complètement béa avec une seule idée en tête : vous faire tatouer une loutre sur tout le dos et partir sur l'archipel fonder votre propre clan Yakuza !

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