5.5/10

L'Aventure Layton : Katrielle et la conspiration des millionnaires - Test 3DS

10 ans après la sortie du premier jeu "Professeur Layton" au Japon (9 ans pour l'Europe) et six jeux de plus ou moins haut vol, voici qu'arrive encore un nouvel opus. Mais cette fois, on incarne la fille du Professeur (ce qui est pour le moins étonnant et attise la curiosité) : Katrielle. Est-on pris comme on le fut par les premiers jeux ? Malheureusement non, et à bien des aspects.

La première chose qui frappe, c'est que contrairement à tous les jeux Layton qui disposent toujours d'une entrée en matière fracassante (mention spéciale pour le Destin Perdu), L'Aventure Layton démarre sans envergure aucune. D'une, la vidéo d'introduction de Katrielle enfant est trop courte. Or, on en attendait forcément plus sur le mystère de cette petite fille, vu que la seule femme qu'ait jamais aimée le professeur Layton est morte. De deux, on commence tout de suite avec une affaire assez ennuyeuse et une avalanche de textes soporifiques, hors sujet et plein de frivolités. Pourtant, je suis habituée aux jeux à textes. C'est dire qu'il en faut beaucoup pour m'ennuyer...

Ensuite, ce qui déçoit profondément, c'est de constater à quel point Katrielle est fade, voire ridicule. À côté de l'énergique et impétueuse Emmy Altava de la 2ème trilogie entamée par L'Appel du Spectre, Katrielle fait pâle figure. Elle devient même agaçante avec le stéréotype du shopping qui lui est accolé et sa fausse indifférence face à son assistant Oliver, amoureux transi perpétuellement éconduit.


Katrielle est fade à côté d'Emmy Altava.

Après, vient une petite surprise, pas forcément déplaisante, dans nos habitudes : on découvre que le jeu fonctionne par affaires et qu'il va y en avoir un certain nombre (12 au total en l'occurrence). Mais pour le reste, on est en terrain très connu car le schéma et la structure de jeu sont toujours les mêmes qu'auparavant, que ce soit sur le menu ou les mécanismes de jeu : picarats pour mesurer le niveau de difficultés des énigmes, pièces SOS pour les indices, balayage de l'écran pour discuter, observer ou trouver énigmes/pièces/objets cachés, déplacements via les points oranges sur la carte, trois mini-jeux en plus des énigmes, menu "extras" avec 365 énigmes du jour (une à télécharger par jour), les dossiers top secrets, etc... Cette reprise à l'identique n'est pas forcément un défaut : les jeux Layton avaient atteint un niveau de qualité telle, qu'il aurait été dommage de les amputer de ce qu'ils avaient mis tant d'années à mettre au point. À noter que deux des mini-jeux sont bons et sollicitent réellement de la logique et de la réflexion, mais ce n'est pas le cas de "Menu parfait" qui rappelle l'infâme jeu du thé de La Boîte de Pandore ou le sans intérêt "Prêt à porter" de L'Héritage des Aslantes...

Il était donc bien difficile d'innover sauf à passer à un autre type de jeu. L'Aventure Layton s'y essaie quand même, mais avec rien de bien intéressant, que ce soit l'ennuyeuse garde-robe ou la passive section "en coulisses". Exception notable : j'ai largement apprécié le Musée Layton dans les énigmes téléchargeables, musée qu'on ne peut débloquer, au fur et à mesure, qu'en résolvant les énigmes du jour. Du coup, j'y ai passé bizarrement pas mal de temps, au lieu de continuer les affaires.

Ce qui m'amène plus gros point faible de cet opus : le scénario des différentes affaires ne suscite pas le moindre intérêt dans le premier tiers du jeu. C'est à peine si le qualificatif d'enquête est mérité, tant les problématiques à résoudre sont ridicules, sans suspense et fades par rapport à ce qu'on a connu. Après 9H de jeu et quatre affaires, on s'ennuie toujours, et être encore submergés de dialogues frivoles parfaitement soporifiques enfonce le clou. Les affaires suivantes montent un peu en puissance (enfin, au bout de 9H !), mais c'est un peu tard.


Le plaisir de résoudre des énigmes reste présent (celle-là est bien corsée).

Heureusement, restent les énigmes, l'essence du jeu après tout. La concurrence n'est pas très développée dans le monde vidéo-ludique. Car, si les jeux de réflexion ne manquent pas, aucun ne propose des énigmes aussi variées, nombreuses et de genres aussi différents à résoudre. Néanmoins, j'ai noté avec crainte qu'il y avait beaucoup plus d'énigmes mal formulées ou discutables que d'habitude. S'il y en a toujours eu (y compris dans le majestueux Destin Perdu que j'avais mentionnées en fin de test), cela se répète bien trop souvent dans L'Aventure Layton (exemples in fine). Nouvelle société de traduction ? Délais plus courts pour traduire ? Plus d'une fois, on sent que l'équipe qui a rédigé en Français ne semble pas avoir tout saisi. C'est quand même extrêmement dommage pour un jeu d'énigmes !

Conclusion

Qui a connu la série Layton ne retrouvera pas la magie d'antan et n'ira au bout de cette nouvelle aventure que pour le plaisir des énigmes et découvrir d'où vient Katrielle. Qui ne l'a pas connu y trouvera forcément un peu de plaisir. Mais alors, tant qu'à faire, autant jouer à mieux et aux premières aventures. Evidemment, si vous n'avez pas de 3DS ou de DS (les quatre premiers jeux sont sortis sur DS), c'est sûr que la sortie cet été de L'Aventure Layton sur iOS et Androïd sera alors un atout. Il y sera unique en son genre, mais c'est tout.

Exemples d'énigmes mal formulées/incomplètes/discutables

N° 7 : énoncé peu clair et alambiqué ; on pense au départ, que d'une manière générale, le poids est toujours un gramme plus élevé à gauche, un gramme moins élevé à droite ; 
N° 9 : réponse discutable (on voit le blanc aussi la nuit avec les étoiles et pas toujours le noir la nuit quand il y a un clair de Lune ou beaucoup de nuages) ;
N° 19 : type d'énigme avec énoncé volontairement incomplet pour brouiller les pistes, mais avec une apparence de calcul à faire ; ce ne sont pas les énigmes les plus intéressantes ; de plus, de ce point de vue, la 52 est mieux faite ;
N° 20 : énoncé/consigne incomplet (devait-on éclairer toutes les colonnes ? On finit par comprendre que oui, mais ce n'était pas évident et aborder l'énigme devient plus difficile);
N° 31 : énoncé mal formulé (il aurait fallu préciser, non pas de conserver la même "disposition", mais qu'il fallait chevaucher chaque coin de carte ; cela aurait été bien plus clair) ;
N° 42 : sur le dessin on ne lit pas les mêmes heures que dans la réponse, ce qui brouille les pistes (il aurait mieux valu, pour les deux exemples du haut, choisir des horaires ne prêtant pas à discussion) ;
N° 48 : avoir mis 5 cases pour la réponse complique tout ; on essaie "roues", "pneus", et on renonce à écrire "air", car il n'y a que 3 lettres... Il aurait mieux valu mettre un écran global pour écrire, plutôt que des cases.
N° 51 : énoncé incomplet : il n'est pas indiqué qu'il ne faut pas laisser de cases vides ; on ne nous le dit qu'après avoir raté une première fois...


Toujours la même structure dont les trois mini-jeux.

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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