8/10

Q.U.B.E. 2 - Test PC

Q.U.B.E., le jeu à petit budget mais de très grande qualité, qui fit rêver plusieurs générations de joueurs-euses depuis 2009, revient enfin avec son 2ème opus. N'hésitez pas une seconde !

Q.U.B.E., jeu de réflexion comme on en fait peu, me fait tellement rêver que je ne peux pas m'empêcher de vous conter à nouveau sa belle histoire. 

Sachez d'abord que son nom étrange résulte d'un acronyme très bien pensé à double lecture : un jeu de cubes qui signifie Quick Understanding of Block Extrusion, du verbe "extruder" (si si, ça existe). Développé en 2009 pour un projet par trois copains étudiants, Daniel Da Rocha, Jonathan Savery and Dave Hall, le petit jeu de réflexion ingénieux et original est nominé (ou finaliste) dans les deux ans qui suivent pour tout un tas de prix, que vous pouvez consulter sur le site officiel. Son défaut ? Il est bien trop court (5H maximum) mais ses mécaniques variées, ses idées ingénieuses, ses potentialités nombreuses, son atmosphère étouffante ravissent les joueurs et propulsent le titre sur le devant de la scène.

De fait, il est réédité sur steam et Wii U en 2014, avec une version Director's Cut, disposant de quelques énigmes supplémentaires, d'un ajout scénaristique bien pensé et d'un mode contre-la-montre. Notez au passage que cet 1er épisode est toujours disponible à un prix très modéré. La même année, est annoncé le développement du deuxième épisode. La communauté des fans redécouvre le 1er opus et s'agite à l'annonce de cette bonne nouvelle.

Depuis deux jours, le jeu est enfin disponible pour 20 € jusqu'au 20 mars, au lieu de 25 €, et propose une version Deluxe intéressante car elle donnera accès aux DLC. Plus de détails à la fin.

Passons à l'essentiel. Nos attentes sont-elle comblées ? Oui, pour l'essentiel.


Extraire des cubes des murs, déplacer les plaques, briser les trappes ou portes... et tant d'autres choses.

Un concept sublimé 

Je vous rappelle le concept du jeu si vous ne le connaissez pas. Il s'agit jeu de réflexion de haut vol - avec une petite dose de plates-formes - consistant à passer d'une pièce à l'autre, dans un immense souterrain constitué de cubes, en manipulant des cubes de couleurs. Les cubes de couleurs (puis un peu plus tard des boules aussi) son extraits des murs, d'où le mot "extruder", grâce à nos gants magnétiques pour créer des escaliers, piliers, tremplins, et autres nombreux mécanismes très variés, fruits de l'inépuisable imagination humaine. Le jeu est à la première personne, si bien que l'on se met largement dans la peau du personnage principal. QUBE dispose dans le même temps d'une atmosphère un peu étouffante et inquiétante, dans le même esprit que le film CUBE (vous savez, ce film lui aussi à tout petit en budget mais grand par sa qualité et son succès).

Ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que si la mécanique de base est reprise, elle est largement dépassée et peaufinée. En effet, alors que les cubes de couleurs, et donc leur effet, étaient pré-installés dans le 1er jeu, c'est aujourd'hui à nous de choisir la couleur et donc l'effet : bleu pour propulser, vert pour faire tomber un cube déplaçable, rouge pour extraire un parallélépipède qui reste accroché au mur. Grâce à cette nouveauté de libre affectation, les possibilités sont décuplées et notre réflexion bien plus mise à l'épreuve, ce qui est évidemment tout le plaisir dans ce jeu. Il est même tout à fait possible que cela permette de résoudre certains passages de plusieurs manières. Excellent ! On aime.


À la place du rouge, mettre le propulseur bleu, faire tomber un cube vert sur lui, il ira alors sur l'aimant vertical, passer l'aimant horizontal en répulseur puis le vertical aussi et le tour est joué pour briser la porte cible. Simple non ?

Evidemment, les développeurs ont pris le soin de reprendre la plupart des mécanismes que l'on connaissait - possibilité de déplacer les murs, plaques magnétiques qui attirent ou repoussent à loisir - tout en ajoutant aussi de nouveaux mécanismes, ce qu'on espérait bien sûr. Ainsi, on découvre des projecteurs d'huile qui permettent d'enduire le cube vert ou les boules. Intérêt ? On le comprend assez vite, le cube peut alors glisser loin, très loin, ce qui ouvre de nouvelles perspectives. Il peut aussi être enflammé par des lances-flammes astucieusement placés à des endroits stratégiques. À quoi bon me direz-vous ? C'est que certains passages ne peuvent s'ouvrir que sous l'action du feu. Tout se complique alors encore plus, d'autant que le feu ne brûle pas éternellement, physique oblige.

Par ailleurs, on découvre aussi des gros ventilateurs qui créent de puissants courants d'air, qui permettent de faire voler les cubes et nous avec, ou nous empêchent de passer. Il faut alors penser au cube rouge pour se protéger. Je vous laisse donc imaginer : entre ces courants d'air + des séries d'aimants, que l'on peut en plus bouger, les trajectoires deviennent d'un coup très nombreuses. Autre nouveauté : il faut régulièrement briser des portes pour avancer et donc utiliser toutes ces trajectoires pour balancer un cube dans lesdites portes. Et il y a les plaques, ces foutues plaques sur lesquelles ont doit se placer pour bouger les murs, les aimants, les lances-flammes etc... Elles se désactivent si l'on s'en va. Donc, il faut trouver un moyen de mettre un cube.

Petit regret quand même : la disparition des lasers qu'on ne revoit absolument pas. Ils ajoutaient quelque chose de magique, un peu science-fiction pourtant... 


Plein de nouveautés, dont les ventilateurs qui nous font voltiger à plus de 30 m !

Mais il y a encore d'autres louanges. On salue la grande progressivité dont l'équipe de Daniel Da Rocha sait faire preuve à chaque fois. On commence tranquillement avec le cube bleu propulseur, puis viennent les fonctions vertes et rouges, puis on s'approprie peu à peu tous les nouveaux mécanismes, pour arriver à la fin à des combinaisons de folie. La difficulté monte crescendo jusqu'au niveau final plutôt ardu, car sur les derniers niveaux, on peut activer autant de cubes d'une couleur qu'on le souhaite, ce qu'on ne pouvait pas faire au début et cela ouvre encore de nouvelles perspectives. Somme toute, la difficulté reste accessible pour les plus aguerris que nous sommes. On bloque de-ci de-à mais jamais à s'arracher les cheveux. Comme dans tous les bons jeux de réflexion, c'est dans la difficulté que se trouve la source du plaisir : observer, retourner sur nos pas, faire des essais, chercher le détail qui nous échappe et enfin, eurêka, le trouver ! Mais sans que cela ne bloque complètement le jeu, tout en réussissant à faire progresser les joueurs-euses. Et QUBE 2 réussit ce pari.

Quant à la plate-forme, elle est comme avant toujours un peu au rendez-vous, sans en faire trop non plus, donc c'est très bien. De temps à autres, il faudra ainsi faire preuve de coordination et de synchronisation avec les déplacements de cubes, de murs, d'aimants ou de boules, et savoir aussi doser la propulsion des aimants ou du cube bleu, en déplaçant les murs en même temps par exemple, ce qui affecte la trajectoire (ce sera très utile dans un des niveaux du chapitre 7 où on n'arrive pas à placer un cube sur une plaque car la puissance est trop forte). Il faudra aussi savoir faire quelques beaux sauts alambiqués vers la fin. Cela ajoute un plus sans que ce ne soit trop exigeant. Toxic Games a su garder ses atouts. Très pertinent.

Au-delà du mécanisme lui-même, Q.U.B.E. 2 se sublime aussi par l'atmosphère qu'il génère. Si le premier jeu nous menait dans les mêmes ressentis que le film CUBE (que fait-on ici ? Comment sortir ? Sensation d'enfermement), cette nouvelle édition va plus loin. Au départ, c'est un peu pareil. Puis, l'histoire et les décors se transformant, d'autres émotions nous prennent, évoluant entre sensation de vertige devant des structures gigantesques, de perte dans une immensité labyrinthique, ou de langueur face à un chemin dont on ne voit pas le bout. De ce point de vue, les ressentis évoluent alors plus vers ce que l'on avait expérimenté dans l'excellent Lemma et ses structures vertigineuses.


Une atmosphère très prenante, entre le film CUBE et le jeu Lemma.

Evidemment, l'aspect le plus marquant, c'est le coup de neuf graphique. Que dis-je ? Ce n'est pas un coup de neuf, c'est une refonte complète, tant la différence est abyssale ! Du coup, l'immersion est plus que jamais accentuée par ces magnifiques effets de lumières, ces reflets, cette finesse des traits, ce soin apporté aux détails. Même si nous sommes la moitié du temps enfermés, on s'arrête pour admirer. Et lorsque on est enfin dehors, notamment à l'espace final, sous un clair de Lune, au son d'une douce musique particulièrement mélodieuse et envoûtante, on voudrait que cela ne s'arrête plus. 

Dernier coup de chapeau pour le scénario, qui reprend les mêmes mécanismes que le 1er opus lui aussi, mais en les développant. Une interlocutrice lointaine et invisible, communication régulièrement interrompue, perte de mémoire, des doutes, un dilemme final, le tout avec un super doublage des actrices. En prime, l'histoire s'avère être une suite pleine et entière de Q.U.B.E. (raison de plus pour vraiment y jouer) et on nous offre deux fins alternatives.

Côté commandes, tout va bien, la prise en main est simple et fluide. On s'emmêle un peu les pinceaux au départ entre bouton gauche et droit de la souris, le premier activant un cube, le second actionnant son pouvoir, mais ça vient vite. En prime, on a deux commandes pour changer de "couleur", soit appuyer sur une touche du clavier soit faire rouler le bouton du milieu de la souris ; donc selon les actions en cours, on pourra utiliser l'un ou l'autre. Encore une fois, bien vu. 

Enfin, terminons sur la durée de vie, gros écueil du premier jeu. Un effort important a été fait, car on dépasse les 10H pour les plus aguerris. Donc, pour les non-dévoreurs de jeux de réflexion, on pourra pousser jusqu'à 12-13H. Néanmoins, cela reste un peu juste. Un jeu comme ça qui nous fait tant rêver, on en voulait 15 ou 20H ! Pourquoi ne pas avoir ajouté un petit mode éditeur comme bien des jeux de réflexion savent le faire (y compris Lemma, pourtant petit jeu indépendant) ? Pourquoi ne pas avoir aussi permis de rejouer certains niveaux une fois le jeu terminé ? On ne peut même pas essayer l'autre fin sans recommencer le jeu. Ça, c'est très dommage.

Bon, heureusement, des extensions sont prévues dans le pack Deluxe. On sait ce qui nous reste à faire...

Conclusion

Q.U.B.E. 2, on n'y joue pas, on le dévore. Reprenant tous les atouts de son grand frère en terme d'ingéniosité, de progressivité, d'immersion, de bon dosage de la difficulté et d'atmosphère, il le dépasse et le sublime, malgré une durée de vie encore un peu courte (10H) et l'impossibilité de rejouer les niveaux séparément une fois le jeu terminé. 

Crédits : contenu du pack Deluxe

- le jeu Q.U.B.E. 2
- la bande originale du jeu
- les gants classiques du premier opus (sortie pévue en mars)
- DLC puzzle pack 1 - 10 + nouveaux puzzles (sortie prévue au 3ème trimestre)
- DLC puzzle pack 2 (à venir).

Prix : 30,58 €.

Si ce sont surtout les extensions qui vous intéressent, elles sont aussi vendues séparément pour 14,99 €.


Un bon scénario avec un dilemme final.

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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